Une nation qui se respecte ne peut accepter qu’une autre lui dicte ses volontés!

La Gouverneure-générale, la Lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick, le PDG d’Air Canada, le conseil d’administration du CN, et quoi encore… En avons-nous assez d’être bafoués et notre langue méprisée?

La Gouverneure-générale, la Lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick, le PDG d’Air Canada, le conseil d’administration du CN, et quoi encore…

En avons-nous assez d’être bafoués et notre langue méprisée?

Car bafouer, selon le Robert, c’est traiter avec un mépris outrageant, tourner en dérision, en ridicule.  Pour plusieurs institutions fédérales, assurer une présence du français dans leurs activités au Québec semble peu important! Pour en pourvoir les postes de direction, on dit chercher prioritairement la meilleure compétence!  Les dirigeants choisis n’ont pas à connaître le français, mais seulement s’engager à l’apprendre.  L’urgence n’est donc pas de protéger le français, mais bien de tenter d’en assurer l’usage réel au sein des institutions fédérales physiquement présentes au Québec!

Peut-on imaginer, même pour un bref instant, une citoyenne bilingue, parlant sa langue autochtone maternelle et le français, qui s’engage à apprendre l’anglais après sa nomination au poste de Gouverneure générale du Canada?  Ou encore le siège social d’Air Canada qui serait déménagé à Toronto, avec comme PDG, un unilingue francophone, mais compétent, résidant en banlieue de Toronto depuis 14 ans, et s’adressant aux membres de la Chambre de commerce de Toronto uniquement en français!

Comment les conseils d’administration et les dirigeants d’Air Canada et du CN peuvent-ils être aussi insensibles aux réalités linguistiques du Québec?  Avec un PDG unilingue, les réunions de la direction d’Air Canada ont nécessairement lieu uniquement en anglais.  Il est donc nécessairement impossible pour tout gestionnaire d’y travailler en français. Il n’est pas davantage possible de s’exprimer en français aux réunions du conseil d’administration du CN.  Pourtant ces deux entités ont bel et bien leur siège social au Québec!  Est-ce que l’Île de Montréal constitue une zone franche où un tel milieu de travail est considéré acceptable et toléré?

Dans son édition du 23 mars 2022, le Journal de Québec affirmait que les élus à Québec ont voté à l’unanimité pour soumettre les entreprises de compétence fédérale à la loi 101. La mesure a été adoptée dans le cadre de l’étude du projet 96 sur la réforme de la Charte de la langue française.  Désormais, les transporteurs aériens, entreprises de télécommunication, banques et autres entreprises situées au Québec et relevant du fédéral ne pourraient plus se soustraire au processus de francisation prévu par la loi 101.   Souhaitons que le projet de loi devienne effectivement loi sans trop de modifications et surtout, qu’il ne meurt pas au feuilleton!

Car la « bonne volonté » n’est pas suffisante pour assurer un milieu de travail en français. Il faut réglementer et légiférer.

Karine Gagnon, dans le Journal de Montréal du 1er mai, affirme : «La loi (fédérale) sur les langues officielles révisée ne contient pas de disposition régissant la composition linguistique des conseils d’administration. Dans les circonstances, un amendement apparaît incontournable, mais Ottawa se garde de le proposer.»

L’indignation face à cette situation tarde à se faire vraiment sentir, résultat en partie de notre tolérance légendaire.  Trop gentils pour que notre langue survive, notre assimilation tranquille semble destinée à se poursuivre.  La fierté exige qu’on ait le courage de dénoncer les situations inacceptables.  Ça suffit!

Jean Deschênes
Aylmer

Participez à la discussion en laissant un commentaire...