Oeuvres de nos lauréats pour les concours de création artistique

Écritures

Québec

Ton territoire riche
De chevreuils et d’orignaux
Tes forêts et tes plans d’eau
Où les oiseaux nichent

Tes diverses Premières nations
Leurs coutumes et traditions
Ont brodé notre héritage
D’un superbe métissage

Nos recherches avant-gardistes
Nos barrages électriques
Qui ont bâti notre éthique
Nourris nos visions modernistes

Ta tatillonne littérature
Ta délectable nourriture
De notre humour au rigodon
Nous dirigeons nos créations

Qui es-tu, rouge ou bleu?
Ton histoire remplie de lutte
L’indépendance qui se discute
Sommes-nous heureux avec eux?

Tes cent-une lois qui la protègent
Le français près du cortège
Donnons-lui plus d’attention
Elle nous apporte cohésion

Une si grande diversité
Une bonne dose d’acceptation
Pour les issus de l’immigration
Dans ta cosmopolite cité

Ta fleurissante population
Tous unis pour la nation
Respectons-les, nos valeurs
Et nos différences de cœur

Ta culture et ton dialecte
Ton histoire, que l’on respecte
Et c’est pourquoi l’on te fête
Québec

Émile Côté, Alexia Roy-Giroux, Sandra Pitre-Labelle


C’est l’âme

            Tous les pays je les nomme en français, tous les ailleurs et les ici,
tout le vivant tout le vibrant, c’est en français que je les comprends.

Tous les poèmes et  les écrits voyagent à tire-d’aile
dans cette langue universelle, ce français qui peut tout capter ou
traduire,  car on y  trouve   les mots pour le  dire!

Plus qu’une langue, plus qu’un monde, c’est  l’univers et ses vagues
profondes, une façon de sentir et de voir,
de dessiner des lendemains qui seraient plus humains.
Quand les hommes vivront d’amour
c’est en français, ces mots de velours!

            Toutes mes fièvres, tous mes délires, toutes mes raisons d’exister,
c’est en français que je peux les nommer.
L’espérance de jours meilleurs, les rêveries, les utopies qui tremblent
de nous voir bâtir de plus beaux jours ensemble;
d’écrire que naguère avec un r il y eut hélas des guerres, et même hier…
De rappeler en lettres d’or que L’amour existe encore!

Tant de souffrances, d’appréhensions, au coeur de multiples nations,
de joies aussi, d’émois sincères
nous  sont traduits ou livrés  dans la langue de Molière, de Miron et
de Tremblay, d’Éluard, Verlaine et d’Aragon,
de Ducharme, de Blais, d’Hébert et Guèvremont, d’Hubert Aquin,
d’Hélène Dorion,
ces passerelles et ces ponts sur les rivières que nous sommes,
femmes ou  hommes,
tels plus grands, tels petits, telles géantes ou moins nanties,
c’est en français qu’on le vit  ou le lit, qu’on le  saisit. Partout dans la francophonie!

            De la Manic à la Manikoutai, Dor et Vigneault s’ennuyaient d’une fille…
moi je dis que tout autant on s’ennuie d’un pays.
En français, dans le monde,  avec eux nos  grands yeux s’écarquillent
de portage et  courant
en rapides et bouillons  c’est bien plus que chanson;
c’est tout comme  peinture
que sur des cailloux  ronds
on murmure ou l’on crie
en un mot comme en cent, et avec mille   accents
Que c’est beau, c’est beau la vie!

            Tous les ailleurs, tous les ici, tout le solide et le mouvant,
qui nous ravit ô tellement,
tout le  fragile comme le fort, qui nous amène à si bon port
et nous relie  nous remplit d’aise
c’est  en français pour moi, ne vous déplaise,
en prose ou en vers,
que rebondit tout l’univers!

Dans  ce foyer si chaud pour l’âme
je sais vraiment que je m’enflamme:
Mon pays, c’est plus qu’ un pays,
car le français  est ma patrie!

Francine Minguez


Le français, beaucoup plus qu’une langue…

Plus jeune, je pensais vraiment devoir choisir entre lire et écrire. À la petite école, quand l’institutrice décidait qu’à la prochaine heure, la dictée céderait sa place à la composition, j’ouvrais mon cahier et la page suivante ne restait pas blanche très longtemps.

La déception se faisait entendre, chez plusieurs. De mon côté, je cachais ma joie. Les mots se bousculaient, les idées appelaient tous mes sens. Amoureux de ma langue, je me souviens même qu’aux cours d’anglais, j’hésitais à commettre cet acte d’infidélité. Je résistais, comme si je trahissais ma langue.

L’histoire me fascinait tout autant. La traversée de l’Atlantique qui durait jusqu’à trois mois pour amener les premiers colons et y défricher le nouveau monde! Juste l’idée d’apprendre que certains navires ne terminaient pas le voyage et coulaient dans ces eaux profondes, un vertige m’envahissait tout entier.

Le vieux français voyageait avec eux et ignorait qu’il se transformerait dans autant de couleurs que de langues pour la parler. Nos ancêtres ne cultivaient pas seulement la terre. Au fil des saisons, la langue prenait racine aussi.

À l’arrivée du printemps, jamais je n’oublierai quand mon grand-père maternel, concentré à regarder par la fenêtre les flocons tomber, j’anticipais cette belle métaphore au sortir de sa bouche, « r’garde, y’tombe du sucre! » suivi de son éclat de rire légendaire.

Ma langue m’aide à rire, à pleurer, à survivre. Elle me pousse à écouter aussi. Les accents, les régionalismes m’amusent. Sa grande ouverture m’anime. Ses efforts d’adaptation me surprennent. Elle fait preuve d’inventivité devant cette génération aux genres créatifs.

Ma langue, ma compagne, comme une pensionnaire qui occupe les tablettes de l’armoire d’à côté et qui me guide par ses glossaires tant populaires que classiques. J’évite ainsi bien des erreurs.

Cette langue m’apprend à conjuguer ma vie. À travers les souvenirs, les projets me ramènent ici et maintenant pour qu’ils se réalisent. L’intensité du présent me pousse à respirer, à exister.

Il me faudrait des milliers d’années pour arriver à connaître tous les mots de cette langue si chère à mon cœur. Ma langue, battante, généreuse comme je l’aime. Langue de passion, de rencontres et d’imagination. Langue de fabulation et d’inventions, rien ne l’arrêtera…

Langue que l’on crie ou que l’on chuchote, langue d’espoir et de compassion.

Ma langue me distingue. Ma langue, mon pays, mon identité. Le français, beaucoup plus qu’une langue, mon histoire.

Jacques Charland


Le français, beaucoup plus qu’une langue

Cultivé par l’histoire qui voyage au rythme des accents,
Teinté par tous ceux et celles qui l’ont adopté fièrement.
Porté en étendard tel un fanion pour soutenir la cause,
Être si fier de cette richesse et de la beauté des mots qu’elle impose.

Une langue digne de la royauté;
Grande et fière a n’en pas douter.
Elle souligne l’esprit de par des mots intelligents;
Des mots qui sonnent bien à l’oreille et qui s’harmonisent aisément.

Dans des temps anciens, elle a conquis l’Occident.
Puis traversant les flots pour y vivre librement;
Libérée de sa tutelle, elle s’impose parmi les plus grands.
Soulevant les foules par un tonnerre d’applaudissements.

Parler par les plus grands comme un écho souverain
Et dans un front commun par le pouvoir qu’elle détient.
Elle nous berce et nous consoles par ses mots apaisants;
Mais sachant se faire entendre par les plus partisans.

C’est de la musique à nos oreilles, une harmonie vibrante;
Laissez-vous bercer par cette langue époustouflante.
Elle nous fait danser de son rythme distrayant
Ou prendre les armes par ceux qui sont les plus vaillant.

Empreint d’audace et de ténacité;
Sommes-nous tous là pour la préserver?
La protection d’un bien collectif;
Volonté de s’unir, propos combattif.

Pour la protéger sans qu’elle nous échappe,
il faut la restreindre par des règles étroites.
Engoncé et contraint par des règles fastidieuses,
Elle nous rebute, nous détourne de cette quête audacieuse.

Malgré sa force et sa grande beauté,
Nous sommes plus qu’une minorité à la protéger.
Prise en main par ceux qui nous dirige:
Tolérance linguiste ou peuple à la dérive?

À toutes les langues des alentours,
Qui prône la diversité et ses atours.
Marchant au pas avec indolence,
Noyant nos efforts dans le silence.

Tels des Gaulois d’Amérique;
Raflons ce combat historique
Et protégeons notre langue
Avant que le navire ne tangue.

Ambivalence de la culture francophone;
Menaces déguisées, influence anglophone.
Il nous faut nous engager;
Sans quoi nous serons tous condamnés.

Il faudra bien s’en accommoder
C’est maintenant notre réalité
Rien ne causera notre perte
Si nous restons en alerte.

À tous les valeureux combattants;
Nous allons y parvenir en travaillant.
Soutenons nos efforts avec acharnement;
Nous allons nous sortir de ce tourment.

Quelle que soit ta participation;
Il faut nous unir sans hésitation.
Nous la défendrons avec engagement;
Pour voir nos enfants le parler librement.

Mireille Chantigny


Une bouteille à la mer

Une simple bouteille de verre, jetée à l’eau, traversa des milliers de kilomètres, résistant aux tumultes de la mer avant d’être repêchée. Cette bouteille vieillie, porteuse d’un hymne précis, fut aussitôt relancée à l’eau. Parcourant à nouveau un voyage périlleux pour émerveiller le regard du prochain curieux. C’est ainsi que cette bouteille, ternie par son périple, passa de main en main pour accomplir son dessein.

Émilie, Québécoise et entrepreneure épanouie. Léo, Français et étudiant en économie. Shamma, Haïtienne et mère au foyer qui prend soin de ses trois petits. Kanto, Malgache et responsable en hôtellerie. Des milliers de kilomètres séparent ces quatre êtres. Tous les différencient, leurs vêtements, leurs coutumes, leurs habitudes de vie. Sauf une chose. Un élément bien précis les unit, et ce pour toute la vie. Une langue. Cette langue qui leur a permis de lire le mystérieux message que préservait cette bouteille rose.

À toi qui parles la même langue que moi
Je t’invite à le hurler sous tous les toits
Partage la fierté que tu ressens
De vivre cette langue qui est parlée par des millions de gens
Partage la beauté de celle-ci qui sonne comme une douce mélodie
Affiche tes couleurs, celles de la francophonie

Myriam Busque


La langue française est universelle pour qui…

La prend sous son aile,
L’apprend pour usage personnel,
S’amuse avec elle,
Utilise à bon escient chacune de ses voyelles,
Forme avec ses mots une douce ribambelle,
Dit d’elle qu’elle est de la dentelle,
L’aime d’un amour inconditionnel,
L’emploie sur un ton solennel,
Apprécie son aspect visuel,
La déguste par parcelles,
N’a pas peur de la mettre au pluriel,
Parle d’elle sur un ton confidentiel,
La trouve essentielle,
Voudrait qu’elle soit immortelle,
Affirme son apport culturel,
Sent qu’elle l’interpelle,
Veut exprimer un amour passionnel,
La chantonne dans un air traditionnel,
Répond que c’est sa langue maternelle,
La met de l’avant et la révèle.
La langue française nous unit vers elle.

Noëmie Forget


Un amour « singulier » pluriel

Moi qui ai toujours pensé l’amour au singulier,
Me voilà désormais forcée d’avouer…
Que je ne suis pas la plus fidèle,
Car mon amour est bien pluriel!
Le premier n’est pas anodin,
Mais ce n’est pas de lui qu’il en tient;
Le second est un peu plus farfelu,
Dire qu’il est l’élu serait incongru.
Je ne ferai pas plus longtemps ma mystérieuse :
Mon second amour est une langue capricieuse,
Voire parfois, irrévérencieuse!
Il est le cousin du latin
Et nous fait parfois sentir crétin.
Avec ses milliers de règles et exceptions,
Il met nos méninges en ébullition.
Il a bien des défauts, en effet,
Mais il est fier, beau et vrai.
C’est la langue de Molière,
Infernale et particulière.
Mais, en vérité, je vous le dis :
Le français est un incompris!

Olivia Bouchard-Gagnier


Défricher le discours (suite poétique)

I.

L’angle mort
de la langue morte
qui me sert
m’éviscère
à vous parler
une dernière fois

II.

Je rêve d’un chaos
tissé serré
parler la liberté
de par les langues déliées les idéaux

Je m’émancipe de pouvoir
faute de résultat
et fouillant les amas
charcuter les échappatoires

Si tu penses qu’un poème anarchiste
ne devrait pas rimer
je peux bien te le massacrer
ou mieux
t’envoyer t’envoler
tes idées carrées
revenir à mes intentions
profondes destitutions

Je n’en ai pas grand pas chose à faire
je passe comme le vent
sur les voix sanctuaires
je rêve de changement

Je poursuis l’Ambition
là où les autres l’ont laissée

III.

Comment dans ma rage décrire
les mots
qui nous unissent
de ceux qui nous séparent

Dans ta langue étrangère
étrangle
et gère la mienne
tasse-toi de ma bouche
j’en ai long à dire
sur nos incompatibilités

J’ai des sentiers à préserver
autant bien les baliser
à ma manière

IV.

L’angle droit
de la langue droite
qui prospère
ordurière
se fraie un chemin
se fie à demain

Pier-Olivier Boudreault


Le français, beaucoup plus qu’une langue!
Le français, langue universelle!

MON DICTIONNAIRE : UN TOUR DU MONDE AUTOUR DES MOTS (400 mots)

Je n’aime pas déballer un cadeau. Cela doit dater de mon enfance : nous étions 17 enfants à la maison. Par un curieux stratagème qui n’appartient qu’aux parents de familles nombreuses, mon père et ma mère interchangeaient systématiquement, à la dernière minute, le nom des destinataires pour préserver la surprise d’une étrenne.

Ils avaient compris que nos petites expéditions nocturnes, prétendument secrètes, nous permettaient toujours, année après année, d’identifier les cadeaux qui nous étaient destinés en propre, gâchant ainsi ce qu’ils appelaient « la magie de Noël ». Mais au lieu de faire des heureux, ce curieux procédé ne parvenait qu’à mécontenter tout le monde, le cadeau de l’un revenant à l’autre, et vice versa.

C’est sans doute pour cette raison que je n’ai jamais osé demander le cadeau qui me ferait le plus plaisir : un dictionnaire ! Heureusement, maintenant que je suis adulte, je n’ai plus besoin d’un conseil de famille pour déballer mes cadeaux. Et comme j’ai récemment gagné un dictionnaire par tirage au sort à la radio, l’heure est venue de déballer mon trésor.

Déballer, c’est emballant !

Je me dépêche de feuilleter les pages pour les humer. Sentent-elles encore l’encre fraîche comme au
temps où, gamin, je reniflais fiévreusement mes nouveaux albums de Tintin et mes manuels
scolaires ? Oui. Mon dico géant sent les effluves encore odorants de l’imprimerie. Mais il exhale aussi toutes les autres fragrances qui l’ont accompagné tout au long de son périple nord-côtier, de Sept-Îles à Tête-à-la-Baleine : kérosène d’avion, air salin du large et, en prime, parfum rance des colis détrempés qui nagent parfois sur le plancher du menu bureau de postes local.

Wow ! Y a tellement de mots ! De plus, ils sont tout neufs. Tiens, tiens. Je lis même des termes
proprement québécois comme « vlimeux », « téteux », « usé à corde », « avoir déjà vu neiger », « avoir
le bras pris dans l’tordeur », « partir s’a trotte ». Même « poutine », notre mets national, fait son entrée
dans le dictionnaire, voisin de l’autre Poutine, le Russe celui-là, dont je me serais bien passé.

C’est étrange pareil. Quand j’étais petit, les mots me semblaient plus gros et j’en comptais moins.
Maintenant que je suis grand, ils m’apparaissent plus nombreux et… plus petits.

Ça doit être ça, vieillir !

Roger Clavet


Le scoop du jour !

La langue française est ma langue maternelle, c’est une langue riche et belle. Elle est bordée, en son territoire, d’une large majorité canadienne-anglaise et pourtant, elle s’accroche et se vit pleinement. Gilles Vigneault chantait : « Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver !» nous pourrions y ajouter : « Ma langue, ce n’est pas une langue, c’est tout notre univers ! ». Il faut dire que sa beauté est si grande, qu’il m’est impossible de croire qu’on puisse l’éteindre, l’amener à disparaître complètement. Si comme moi, vous êtes tombés en amour avec elle, on ne peut la soustraire de toutes les sphères de notre vie. Elle existe partout où je dépose mes pieds, en ville ou à la campagne, à la maison ou au travail, au restaurant du coin ou dans la librairie de mon quartier.

Ce dialecte vit en moi, à travers moi, dans les sons qui se propulsent de ma bouche, dans les pensées qui naviguent mon esprit, dans les livres où je pose les yeux, dans la musique qui berce ou stimule mes oreilles, dans les histoires qu’on me raconte, dans les émotions qui traversent mon cœur, car qui de mieux, que cette belle langue, pour traduire en millier de mots, ce qui se trame au fond de moi.

Je peux aimer à travers l’amour, l’amitié, la tendresse, un baiser, une caresse. Je peux détester, craindre, redouter et frémir. Je peux apprendre, cultiver, grandir et m’émerveiller. Il existe dans son registre tant de mots qui viennent éclairer ma vie. Lorsque je prends le temps de l’aimer, j’entrevois sa grandeur, sa justesse, sa mémoire, sa présence et ses possibilités. À son contact, je me sens privilégiée de la connaitre, de la parler et de la communiquer.

Certains vous dirons qu’elle est capricieuse, laborieuse et malcommode, avec toutes ses particularités et ses règles. Je répondrai, à ces craintifs, qu’il faut s’en faire une amie, la voir comme un défi, une haute montagne à parcourir, mais une fois tout en haut, elle nous amène à ressentir une grande fierté de l’avoir traversée et de la maitriser. Cette langue ne vous demande pas d’exceller, mais elle vous demande de la respecter, pour tout ce qu’elle vous offre, comme humain, ayant le besoin de communiquer. La langue française est unique, laissez-là vous apprivoiser !

Le français, c’est plus qu’une langue, c’est la meilleure des amies !

Suzanne Lalancette

Peintures

par Claudine Lahaie


par Gabrielle Desjardins


par Gabrielle Desjardins


par Jade Cousireau


par Kexin Huang


par Leanne Patenaude

Dessins

par Charles Tremblay


par Coralie Boyer


par Élodie Boyer

Affiches

par Emma Blanchette


par Guy Julien


par Lolita Snow


par Lucie Benoit


par Marie-Anne Laramée


par Sophie Michel


par Virginie Makota

Vidéo

par Nathalie Gauthier


 

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