France – Un silence en appelle un autre

Se couler dans le moule de l’anglo-américanisation sans faire trop de vagues pour ne pas déplaire au grand « maître »

DGLFLF 2021N’avez-vous pas remarqué que la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF) nous laisse désespérément languir depuis des années dans notre combat pour une langue qui s’épuise alors que, ayant l’oreille de leur Ministre de tutelle, ils auraient dû depuis belle lurette rué dans les brancards, remonté des informations explosives à leur Direction et nous rendre compte de toutes leurs démarches parallèlement aux nôtres ?

Que nenni ! C’est tout le contraire qui se produit, on nous laisse, à l’instar du dindon de la farce, mijoter dans nos vaines et misérables espérances. Manifestement, au gré des ministres qui défilent à la Culture, ces mêmes responsables n’ont assurément rien relevé d’anormal dans le basculement du français vers une anglicisation de la société, en témoigne leur mutisme confondant.

Pourtant, rien qu’au sortir de chez eux, en se rendant à leur travail, à la poste ou dans un musée, à l’office de tourisme de leur lieu de vacances ou partout ailleurs sur leur chemin  – que sais-je – ces délégué(e)s censés défendre bec et ongles une langue qui agonise ne se sont-ils pas rien qu’une seule fois frottés à ce bilinguisme illégal qui se déploie grandeur nature et vitesse grand V où que le regard se tourne et qui vous brûle les yeux tellement il est gigantesque et grotesque ?

Comment donc les membres de ladite Délégation  peuvent-ils si allègrement ignorer au minimum une seule disposition de la loi de 1994 qui stipule que la seule traduction en langue anglaise est proscrite par l’article 4 de la loi ?

La réponse est simple et nous ne pouvons plus nous voiler la face à ce sujet tellement ce silence est éloquent. L’administration et surtout ses dirigeants ne trouvent rien à redire à l’anglicisation de la République  parce qu’ils sont convaincus que ce processus est inéluctable et finalement favorable au maintien « à niveau » de la France et que laisser les choses en l’état est de loin plus confortable car il permet au pays des Droits de l’homme de se couler dans le moule de l’anglo-américanisation sans faire trop de vagues pour ne pas déplaire au grand « maître ». Et dire que seul le Général de Gaulle avait vu venir la supercherie.

Quid encore du silence mortel et pesant de l’APF et de son Secrétaire général à qui j’ai demandé deux fois de nous prêter main forte en nous fournissant des juristes et des avocats pour nous aider à défendre nos intérêts devant le Tribunal européen, à qui, avec Albert Salon, nous avons demandé à maintes reprises où ils en étaient dans leurs négociations avec le Parlement européen, à qui nous avons sollicité de nombreuses fois tout autre renfort dont aurions tellement besoin pour faire progresser notre cause commune. Ces quelques dizaines de pays francophones répartis sur la planète n’auraient-ils pas pu et dû peser de tout leur poids sur les dérives linguistiques de la Commission européenne…. ? Résultat de nos agitations : Rien, pire que ça, le désert absolu.

Au sujet de Villers-Cotterêts, il est tout aussi surprenant que les députés et sénateurs de l’Aisne, où se trouve la future Cité de la Francophonie et à qui j’ai écrit, n’aient point réagi à mes révélations sur l’affichage incriminé, qu’il n’aient pas crié au scandale ni fait aucun commentaire à ce sujet. Mais, réflexion faite, plus rien ne devrait plus nous étonner à ce sujet…

Ceci étant dit, croyez bien que ces objectives observations et amères constatations devraient nous démontrer une fois de plus que nous ne pouvons compter que sur nos propres forces vives pour avancer.

Bonne lecture.

Philippe Carron

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