France – Le CERMF demande la révocation du journaliste Yves Thréard, directeur adjoint de la rédaction du Figaro

(et) condamne fermement les contrevérités anti-francophones et anti-françaises assenées par ce journaliste incompétent (…)

PS : Le CERMF a décidé de maintenir la publication de ce communiqué, initialement prévue pour le premier trimestre 2020, et repoussée en raison de la pandémie actuelle.

Communiqué de presse, du 06/10/2020 :

Yves Thréard

Yves Thréard

Le CERMF demande la révocation du journaliste Yves Thréard, directeur adjoint de la rédaction du Figaro.

Le CERMF condamne fermement les contrevérités anti-francophones et anti-françaises assenées par le journaliste incompétent Yves Thréard, au mépris de la sécurité physique de nos compatriotes, lors de l’émission « C’est dans l’air » du mardi 24 décembre 2019. À savoir :

   que « le dynamisme économique de l’Afrique de l’Est est un dynamisme beaucoup plus fort que celui de l’Afrique de l’Ouest (francophone) ».

   que les pays d’Afrique de l’Est s’en sortent mieux que les pays francophones d’Afrique de l’Ouest (« L’Afrique de l’Est, qui, elle, s’en sort plutôt pas mal »).

Ces deux éléments ayant, par ailleurs, été précédés des quelques mots suivants : « il ne faut pas oublier que… ».

En effet, et en réponse à cette désinformation (a), le CERMF rappelle que (b) :

  1. L’Afrique de l’Ouest francophone est bien la partie la plus dynamique du continent, dont elle constitue depuis plusieurs années la plus vaste zone de forte croissance, avec une hausse annuelle globale du PIB de l’espace UEMOA de 6,4 % en moyenne sur la période de huit années allant de 2012 à 2019. Au cours de cette dernière année, cette zone monétaire composée de huit pays (sept francophones + la lusophone et très francophonophile Guinée Bissau) a enregistré un progression globale supérieure à 6 % pour la sixième année consécutive, et la septième fois en huit ans. Toujours en 2019, les sept pays francophones de la zone monétaire ont enregistré une croissance supérieure ou égale à 5 %.
  1. L’Afrique de l’Est est la région la plus pauvre du continent, dont elle abrite notamment les cinq pays les plus pauvres, à savoir le Soudan du Sud, désormais en dernière position, le Soudan, la Somalie, le Malawi et le Burundi (soit quatre pays anglophones et un francophone). À ceux-ci, s’ajoutent trois autres pays faisant également partie des plus pauvres du continent, à savoir l’Ouganda, l’Éthiopie et le Rwanda. Trois pays plus pauvres, par exemple, que le Bénin et le Mali, qui ne comptent pourtant pas parmi les plus riches d’Afrique de l’Ouest. Ainsi, et selon les données de la Banque mondiale au 1er octobre 2020, l’Éthiopie et le Rwanda avaient un PIB par habitant de 857 et de 802 dollars, début 2020 et respectivement, contre 1219 et 891 dollars pour le Bénin et le Mali. Quant à l’Ouganda, il avait un PIB par habitant de seulement 777 dollars.
  1. La Côte d’Ivoire, qui a de nouveau affiché en 2019 la croissance la plus élevée de l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest (6,9 %, comme le Bénin), est devenue le pays le plus riche de toute cette partie du continent, en réussissant l’exploit de dépasser ses deux voisins regorgeant de richesses naturelles, que sont le Ghana et le Nigeria (avec un PIB par habitant de 2 286 dollars pour la Côte d’Ivoire). La pauvreté du sous-sol ivoirien, aux richesses globalement négligeables, contraste en effet avec les gigantesques richesses du Ghana (premier producteur d’or du continent, devant le Soudan et l’Afrique du Sud, et quatrième producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne, devant le Gabon), et du Nigeria (premier producteur de pétrole du continent, avec une production environ 50 fois supérieure, en moyenne, à celle de la Côte d’Ivoire). Ce dernier devrait d’ailleurs être bientôt dépassé par le Sénégal, pour lequel est prévue une progression annuelle bien supérieure pour les quelques prochaines années.

 

Parallèlement, la Côte d’Ivoire a continué à creuser l’écart avec le Kenya, qu’elle avait précédemment devancé (1 816 dollars par habitant, pour ce pays qui est le plus prospère d’Afrique de l’Est continentale, après Djibouti).

  1. La Côte d’Ivoire vient de devenir le premier pays africain au sous-sol pauvre de l’histoire à dépasser en richesse un pays d’Amérique hispanique, à savoir le Nicaragua (1 913 dollars par habitant). Cet évènement historique est le résultat de sa croissance record, qui a été la deuxième plus élevée au monde sur la période de huit années 2012-2019, pays extrêmement pauvres inclus, avec un taux annuel moyen de 8,2 %). Compte tenu de son niveau actuel de richesse et de sa forte croissance, la Côte d’Ivoire est incontestablement l’économie la plus dynamique de l’ensemble du continent.
  1. L’Afrique de l’Est est globalement la partie la plus instable du continent, puisque l’on y trouve notamment les deux pays connaissant les conflits les plus meurtriers, proportionnellement à leur population (le Soudan du Sud et la Somalie). À ces conflits, s’ajoutent un certain nombre de tensions interethniques, comme en Éthiopie où elles ont déjà provoqué la mort de plusieurs centaines de personnes ces quelques dernières années (ce qui en fait l’un des pays africains souffrant des plus fortes tensions sociales, avec, en particulier, l’Afrique du Sud et ses près de 15 000 homicides par an).

 

Occasion de rappeler que les pays francophones sont globalement les moins inégalitaires du continent, la République centrafricaine étant même le seul pays francophone parmi les dix pays africains les plus inégalitaires (arrivant à la cinquième position pour l’indice GINI, selon les données de la Banque mondiale – toutefois basées sur des enquêtes pas toujours récentes en la matière).

  1. Enfin, il convient de souligner que l’Afrique francophone est globalement la partie la moins endettée du continent. À titre d’exemple, et comme un an plus tôt, seuls deux pays appartenant à cet ensemble faisaient partie des dix pays africains les plus endettés au début de l’année 2020 (la Mauritanie, 9e, et le Congo-Brazzaville, 10e, selon le FMI). Une maîtrise de la dette qui fait que l’Afrique francophone est globalement mieux armée pour faire face à la présente crise économique internationale.

Le CERMF rappelle les conséquences potentiellement tragiques de toute désinformation anti-francophone et anti-française. Une désinformation dont sont abreuvés les terroristes ayant frappé, ou projetant de la faire, nos compatriotes de France ou de l’étranger.

Le maintien dans ses fonctions du journaliste incompétent Yves Thréard, au sein de la rédaction du quotidien Le Figaro, est donc de nature à porter atteinte à la crédibilité de ce même journal, ainsi qu’à la sécurité physique de nos concitoyens.

Ilyes Zouari
Président du CERMF (Centre d’étude et de réflexion sur le monde francophone).
Spécialiste du monde francophone, conférencier.
www.cermf.org/communiques
info@cermf.org

  1. Le CERMF tient à remercier tous les lanceurs d’alerte à travers le monde, qui contribuent à le maintenir informé de l’actualité de l’espace francophone.
  2. Des données statistiques supplémentaires et détaillées sont disponibles :

Participez à la discussion en laissant un commentaire...