Réaction au pacte AFO-SANB-QCGN

Embrasser ensemble le combat pour le françaisnon le piège linguistique canadien.

La vraie solidarité francophone exige un dépassement de la doctrine linguistique fédérale

En réaction au pacte intervenu entre l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) et le Quebec Community Groups Network (QCGN) dans le contexte du débat entourant la cession de deux écoles de la Commission scolaire English-Montreal (CSEM) à la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Ile (CSPI), le Président général de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) de Montréal, Maxime Laporte, a fait valoir ce qui suit.

Délégation franco-ontarienne au Défilé

« Le Comité de la Fête nationale (CFN) de la Saint-Jean Inc. est très fier d’avoir accueilli, à la demande de la SSJB, la belle délégation franco-ontarienne qui a défilé dans les rues de Montréal le 24 juin dernier. Ce fut là un beau moment de fraternité et de solidarité en réponse aux assauts dirigés contre le fait français en Ontario et ailleurs au Canada.

Comprendre la diversité stratégique de notre francophonie… et ses limites

Même si ça peut paraître évident, précisons que cette volonté mutuelle de rapprochement ne signifie pas pour autant que, politiquement, la SSJB endosse toutes les orientations actuelles de l’AFO ou encore de la FCFA, et vice-versa. À plusieurs égards, notamment sur la question de l’indépendance du Québec, nos organismes tiennent des positions pour le moins divergentes, même si tous prétendent agir au mieux des intérêts supérieurs de l’ensemble de notre francophonie. Il faut dire aussi que notre mouvement a toujours sévèrement critiqué la conception canadienne du droit linguistique, qu’elle considère trompeuse, dépassée, machiavélique, gravement insuffisante et, de ce fait, nuisible au progrès du français ainsi qu’à la solidarité francophone. La SSJB est convaincue que la seule manière de conférer un véritable rapport de force à notre francophonie et de lui garantir un avenir digne de ce nom en ce continent, réside dans la construction proactive d’un État souverain de langue française ; la fédération canadienne échouant par nature à fournir telle garantie.

Cela étant, plutôt que de s’y arrêter, il y a lieu d’assumer cette diversité de points de vue stratégiques qui compose la lutte pour le français de part et d’autres, ne serait-ce que pour mieux nous comprendre. Résultat de nos situations politiques respectives et, surtout, des paramètres divisifs et délétères qui nous furent imposés au fil du temps par le législateur canadien, – c’est-à-dire par des majorités parlementaires anglophones, ne l’oublions pas –, cette réalité ne devrait en aucun cas constituer un obstacle au dialogue ni à la poursuite de nos intérêts communs.

Condition commune, lutte commune

Parlant de nos intérêts communs, ceux-ci portent, par définition, vers l’avancement ou, minimalement, le maintien du statut et du poids démographique à long terme du français dans l’ensemble de l’espace francophone et, solidairement, dans chacune de nos collectivités ; qu’il s’agisse du Québec, de l’Acadie, du Canada français, sans oublier la Louisiane. Au-delà de la pluralité des approches stratégiques, tel est donc le cadre élémentaire censé guider notre action francophone, et qui délimite en même temps l’étendue de notre aptitude à l’empathie, à l’ouverture, à la complicité et à la compréhension mutuelles. Autrement dit, en tant que peuples en proie à l’érosion linguistique et culturelle, notre condition commune appelle une lutte commune.

Or, voici qu’à rebours de ces considérations fondamentales, l’AFO et la SANB annoncent qu’elles agiront politiquement en faveur de l’essor de l’anglais au Québec. Cela, jusqu’à venir manifester chez nous, songent-elles, aux côtés des pourfendeurs, voire des fossoyeurs les plus notoires de la loi 101. – Je me contente ici d’appeler un chat, un chat. – Force est d’admettre qu’on ne saurait mieux s’y prendre pour ébranler dangereusement nos plus précieux dénominateurs communs.

Le carcan canadien, unique source de nos discordes

Du reste, pour laisser quelque chance à nos solidarités de s’en remettre, je m’attarderai moins à cette offensive en elle-même, qu’au système d’oppression linguistique et nationale qui donne lieu à pareille aberration. Car, il est un gros éléphant rouge dans la pièce qui, systématiquement, entrave l’atteinte, dans la cohésion et la solidarité, de nos plus nobles objectifs… Ainsi, j’invite à ne jamais, jamais perdre de vue que la seule véritable source des discordes ayant trop souvent opposé Québécois et Franco-Canadiens, n’est autre que le carcan constitutionnel en vigueur et la vision fédérale de l’aménagement linguistique… Ces divisions qui nous rongent, c’est l’État canadien qui, de tout temps, les a fomentées et entretenues. Gardons-nous donc de nourrir cette hydre.

Loin d’établir une égalité effective entre l’anglais et le français, Ottawa aura plutôt choisi, historiquement, de laisser libre cours à l’injustice diglossique qui caractérise la vie au Canada, phénomène qu’on a traduit, dans la novlangue fédérale, par les notions de « bilinguisme » et de « dualité linguistique ». Pour limiter un tant soit peu les effets corrosifs de l’hégémonie de l’anglais sur le parler de Patrice Desbiens, le Parlement canadien aurait très bien pu, au moment de concevoir sa Loi sur les langues officielles, suivre les recommandations structurantes du rapport Laurendeau-Dunton, par exemple en réservant aux communautés de langue française certaines zones unilingues, à l’instar du modèle finlandais… Il aurait pu s’inspirer des solutions suisses, belges, danoises, indiennes… Prendre la peine d’écouter tous ces experts internationaux qui, aujourd’hui plus que jamais[1], martèlent que la stratégie la plus viable de gestion du pluralisme linguistique à travers le monde est celle fondée sur la territorialité, non sur les individus… Mais l’histoire, ou plutôt le trudeauisme, en aura voulu autrement.

C’est le même régime qui, d’une façon parfaitement déconnectée de la réelle dynamique des langues, se fera l’architecte de cette symétrie toxique, injuste et artificielle entre le simple droit du français à la survie dans les provinces anglophones, et les puissantes attributions naturelles et structurelles de l’anglais au Québec… Le même régime qui se signalera par son refus obstiné d’admettre, en droit, que le Québec forme une nation, un peuple… Constat pourtant élémentaire, voire « extraordinairement perceptible », disait René Léveque… Même la « société distincte », concept atténuant s’il en est, se verra empêcher d’atterrir dans la constitution…

Par-dessus le marché, Ottawa ira jusqu’à disqualifier, dans sa vision, les Québécois en tant que minorité francophone au Canada, la logique voulant que les quelques prérogatives dévolues à leur province les dispenseraient d’avoir des droits… On accordera volontiers, en revanche,un statut officiel de « minorité » linguistique aux ressortissants de la majorité canadienne-anglaise vivant au Québec, qualité juridique que même l’ONU refusera pourtant de leur reconnaître…

Toujours est-il que c’est en vertu de ce dispositif inique que l’État canadien et ses alliés en viendront à tailler en pièces des jalons entiers de la politique linguistique québécoise, sans jamais daigner, pour autant, gratifier les minorités franco-canadiennes ne serait-ce que du quart, du dixième, du 1/101e des avantages léonins dont bénéficient les Anglo-Québécois aux plans financier et institutionnel.

Durham serait fier.

Combattre le problème à la racine pour forger une vraie solidarité francophone

Il ne s’agit donc pas d’embrasser ce système perfide dans l’espoir d’en tirer quelque bienfait à la veille d’une élection, par exemple, mais de le combattre, ensemble, à la racine, maintenant. Il est plus que nécessaire de mettre fin à cette fausse symétrie, cette fausse réciprocité, cette fausse égalité, qui n’est autre qu’une forme évoluée de ségrégation linguistique, et dont l’échec objectif se mesure à la lumière du déclin démographique global du français depuis la mise en œuvre, il y a un demi-siècle, de cette politique fédérale hypocrite, en dépit de victoires arrachées de haute lutte.

Pour sortir de ce chantage institutionnalisé, il nous faut, d’une part, réaliser les changements politiques qui s’imposent afin qu’en territoire québécois, la loi 101 s’applique à toutes les dimensions de la vie publique et institutionnelle, y compris dans les champs actuellement occupés par Ottawa. D’autre part, il faut s’assurer qu’ailleurs sur le continent canadien, les francophones puissent jouir de droits maximalistes, susceptibles de garantir non seulement leur survie démographique, mais leur épanouissement culturel et économique…

Telle est la seule façon de forger, par-delà les structures étatiques qui nous enserrent et qui nous divisent cruellement, une solidarité francophone durable et véritable, ce pour quoi je tends la main à mes homologues franco-canadiens, comme toujours.

Un système qui divise pour mieux régner

Autrement, chaque fois que les Acadiens, les Franco-Ontariens ou encore les Franco-Manitobains parviennent à décrocher quelque gain devant les tribunaux, cela tend à favoriser, par l’effet de la jurisprudence, le progrès de l’anglais au Québec et, partant, le charcutage de notre loi 101. Réciproquement, chaque fois que notre Procureur général réussit, chez nous, à tempérer un tant soit peu les visées de la communauté anglo-québécoise, les Francos du ROC s’en trouvent alors immanquablement pénalisés. « Diviser pour mieux régner », disait Philippe II de Macédoine…

Sachant cela, on peut certes comprendre ceux qui reprochent au gouvernement du Québec de s’être parfois mêlé, sur la base de ses intérêts linguistiques propres, d’affaires judiciaires mettant en cause les droits des minorités franco-canadiennes… Toutefois, l’inverse est aussi vrai. Par exemple, dans l’affaire MacDonald (1986), la Société franco-manitobaine est intervenue en faveur d’un Anglo-Québécois qui contestait, en vertu de l’art. 133 de la Loi constitutionnelle de 1867, un constat d’infraction émis dans la seule langue officielle du Québec… À la fin des années 70, un Franco-Manitobain, Georges Forest, ainsi que le procureur général du Nouveau-Brunswick, ont appuyé les prétentions de Blaikie et du gouvernement canadien dans leur croisade menée avec succès pour invalider les dispositions de notre Charte de la langue françaiseen matière de langue de la législation… Sans compter que le gouvernement canadien finance déjà, à même nos impôts, toute contestation de la loi 101 fondée sur la constitution de 1982, celle-là même qui nous fut imposée de force malgré l’opposition de l’Assemblée nationale, faut-il le rappeler… Alors, voulons-nous vraiment continuer, pour la suite du monde, à jouer dans ce film-là ? Ne vaudrait-il pas mieux que nos regards se tournent enfin vers le système qui nous encarcane et qui nous manipule ?

Le protocole AFO-SANB-QCGN et le transfert de deux écoles de la CSEM à la CSPI

Cela dit, les choses prennent aujourd’hui une nouvelle tournure, passant du domaine purement juridique ou judiciaire, à l’arène politique… Ainsi, l’AFO et la SANB nous informent qu’elles ont signé un protocole par lequel elles appuieront formellement le QCGN, un lobby anglophone lourdement financé par Ottawa et qui s’est spécialisé dans l’art d’affaiblir la Charte de la langue française… Fait aussi inquiétant, l’entente stipule entre autres que les signataires devront « être d’accord de façon unanime sur les enjeux qui seront soulevés en vue de l’élection fédérale ». Est-ce à dire que messieurs Jolin et Melanson devront obtenir la bénédiction de Mister Chambers pour prendre position publiquement d’ici le 21 octobre ?

Ce pacte survient alors que la Commission scolaire English-Montreal (CSEM), actuellement sous enquête à la suite d’« une série d’allégations préoccupantes sur sa gestion », résiste à la volonté du ministère de l’Éducation d’imposer la cession de deux de ses écoles sous-occupées à la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Ile (CSPI), histoire d’y accueillir 3 000 élèves francophones en cruel manque de locaux… Pour tout dire, cette décision administrative, qui constitue en soi une concession puisque le projet initial visait le transfert de trois écoles, accordera 38 nouvelles classes à la CSPI, soit à peine le quart des 150 qu’il lui faudrait pour répondre à la demande de la population francophone et allophone de l’Est de l’Ile.

Pour sa part, la CSEM estime que le décret du gouvernement brimerait ses prérogatives quant à la gestion autonome de ses établissements scolaires au sens notamment de l’arrêt Mahé de la Cour suprême… Or, ces prétentions ne tiennent pas la route, sachant que l’intervention du ministre porte uniquement sur des aspects particuliers liés à l’exploitation du parc immobilier public, sans nullement mettre en cause l’exercice général par le réseau anglophone de son droit de s’administrer lui-même afin de garantir à tous ses bénéficiaires leur droit à une éducation de qualité.

Du reste, faudrait-il injecter des millions en fonds publics pour construire de nouvelles écoles à quelques pas de celles, à moitié vides, de la CSEM ? Voyons ! Plutôt faire preuve de bon sens et d’humanisme en acquiesçant sans attendre au transfert des deux immeubles, afin que cet argent serve, non à enrichir l’industrie de la construction, – ou encore à payer des honoraires d’avocats –, mais à offrir à nos élèves : bibliothèques, services d’accompagnement spécialisé, bref tout ce qui fait défaut actuellement dans le système public…

Enfin, soulignons que lundi dernier, la Cour supérieure a débouté la CSEM dans sa guérilla judiciaire visant à bloquer la mise en œuvre de cette nécessaire transaction, le tribunal n’ayant lui-même pas été convaincu des arguments de l’organisme, du moins au stade de l’injonction provisoire…

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Pour en revenir à l’entente AFO-SANB-QCGN, celle-ci s’articule donc autour d’une défense indifférenciée, dans la plus pure tradition fédérale, des « droits des communautés de langue officielle en situation minoritaire ». Encore une fois, une telle perspective tend à accréditer cette idée tordue voulant que la communauté anglo-québécoise, c’est-à-dire la portion québécoise de la majorité canadienne-anglaise, se trouverait dans une situation analogue à celle des véritables minorités acadiennes et franco-ontariennes.

Ce parallélisme douteux, fondé sur le pari risqué d’une identité théorique des « droits » des uns et des autres, s’avère totalement désincarné de la réalité effective et normative du terrain, sachant la puissance structurelle et anglicisante de cette communauté qui possède pas moins de trois universités (d’ailleurs nettement surfinancées), et combien de cégeps, d’écoles, d’hôpitaux, de centres culturels, de municipalités bilingues, etc. Il va sans dire, tout cela nous place à des années lumières des miettes dont doivent toujours se contenter, hélas, les minorités franco-canadiennes.

La nouvelle est d’autant plus décevante qu’on a l’impression que ce faisant, le bel aura positif ayant émané des récentes mobilisations franco-ontariennes, applaudies et appuyées sincèrement par l’ensemble des Québécois, se trouve soudain mis au service de la « cause » de ceux qui cherchent à bilinguiser et à angliciser notre société. C’est surréel. La solidarité Québec-Acadie-Ontarie serait-elle donc à sens unique ?

L’Acadie et l’Ontarie contre le Québec français ?

Jusqu’où ira donc cette volonté d’alliance contre-nature des « minorités » françaises et anglaise ? Au-delà du béton et du mortier que revendique jalousement la CSEM à l’encontre des besoins criants de notre population francophone et allophone en matière de nouvelles installations scolaires, nos amis franco-canadiens appuient-ils les positions du QCGN en faveur des écoles-passerelles au Québec ? Sont-ils, comme le QCGN, contre la nécessaire extension de la loi 101 aux entreprises de moins de 50 employés ? Contre la loi 104 ? Pour un accès accru des allophones aux écoles et à la formation professionnelle en anglais ? Pour une plus grande bilinguisation du visage de Montréal ? Et que dire de la proposition de la CSEM visant à faire cohabiter les élèves francophones et anglophones au sein de mêmes établissements ? Nos frères et sœurs franco-ontariens, entre autres, ne se sont-ils pas battus férocement pour des écoles séparées ? – Enfin, je pourrais poursuivre comme ça pendant longtemps, mais en guise de rappel, je me contenterai d’inviter les lecteurs à consulter ce bilan des prises de positionsexprimées au fil du temps par les nouveaux alliés anglophones de l’AFO et de la SANB au sujet de la loi 101 et du Québec français…

Une mésalliance

À l’instar de la vaste majorité de mes compatriotes, je n’ai d’autre choix que de constater que fournir des armes au QCGN revient à appuyer la guerre menée par Ottawa et les forces anti-loi 101 contre le Québec français, cœur déjà fragile de la francophonie nord-américaine. Or, attenter au cœur, c’est compromettre, à terme, la santé du corps dans son ensemble.

Pour dire le moins, on aurait pu se passer d’une telle mésalliance… Ce n’est sans doute pas sans raison qu’en vertu de ses propres statuts, – enfin de ce que j’en sais –, la FCFA s’interdit, quant à elle, de se marier ainsi à quelque organisme anglophone… En outre, j’ai pris note des nombreux commentaires émanant de spécialistes et personnalités franco-canadiens qui y voient une grave erreur stratégique. J’ose croire qu’on les entendra…

Une position à revoir / Les francophones dus pour de nouveaux états généraux

Pour l’amour du français, j’invite donc respectueusement les dirigeants de l’AFO et de la SANB à revoir leur position. Plus fondamentalement, j’en appelle au dépassement de la stricte conception canadienne du droit linguistique, qui dans l’état actuel des choses, mène à notre ruine à moyen-long terme. J’estime qu’il faut repenser la lutte au-delà du seul dispositif juridique et constitutionnel établi par ceux-là mêmes qui, à Ottawa, n’ont jamais eu qu’un seul intérêt : celui de mettre la nation québécoise en boîte tout en laissant mourir, dans les faits, la francophonie à petit feu, n’en déplaise à ceux qui trouvent quelque espoir dans les paroles apparemment salvatrices mais surtout préélectorales des ministres Joly ou Rodriguez… À moins de se laisser tenter à pelleter par en avant les graves menaces qui pèsent sur la survie démographique de la francophonie canadienne d’ici la fin de ce siècle, on ne saurait faire l’économie d’une telle réflexion sur le système qui nous régit. Justement, à la lumière de tout ce qui précède, je réitère que nous, francophones, sommes manifestement dus pour de nouveaux états généraux, un aggiornamento ou un congrès de grande envergure. À cet égard, le sommet de l’an prochain se révélera assurément un bon premier pas dans cette direction.

Embrasser le combat pour le français, non le piège linguistique canadien

Qu’on soit à Montréal, à Vancouver ou à Moncton, la vérité, c’est qu’une seule des deux langues dites « officielles » du Canada se trouve en danger ; une seule de ces langues est à protéger, et c’est le français. C’est donc le combat pour le français qu’il y a lieu d’embrasser de part et d’autres, et certainement pas la doctrine linguistique fédérale qui nous piège littéralement en mettant sur un même pied les droits des francophones de plus en plus minoritaires d’un océan à l’autre, et ceux des ressortissants privilégiés de la majorité canadienne-anglaise au Québec.

De grâce, ne tombons pas, ne tombons plus dans ce piège. Mieux, sortons-en ! Car, on sait bien qu’en ce pays structurellement anglais, il est une langue manifestement « plus égale », « plus officielle » que l’autre… Alors, levons-nous et unissons nos forces pour combattre les véritables injustices linguistiques, – celles qui s’abattent, jour après jour, et systématiquement, sur notre francophonie », a conclu Me Laporte.

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SOURCE: Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal

Pour information : Mathieu Carreau, mcarreau@ssjb.com


[1] Voir par exemple les travaux de Guillaume Rousseau, Éric Poirier, José Woehrling, Christiane Loubier, Kenneth McRoberts, Philippe Van Parijs, Jean Laponce, Félix Tacke, Henri Boyer, etc.

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