LA TÉLÉVISION NUMÉRIQUE

Lettre au CRTC

Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes
Les Terrasses de la Chaudière
1, promenade du Portage, pièce 206
Gatineau (Québec) K1A 0N2

Objet : Avis d’audience publique de radiodiffusion CRTC 2007-1
Appui pour la distribution obligatoire de RDI sur le service numérique de base

  1. Le Réseau de l’information (RDI) offre à travers le Canada la plus grande
    diversité en français de programmation en information dans les formes
    suivantes : une couverture en mode continu de l’actualité, des documentaires
    sur les enjeux nationaux et internationaux ainsi que des émissions d’affaires
    publiques et des émissions pour jeunes publics.
     
  2. Au Canada, en plus de diffuser des chaînes canadiennes de langue anglaise,
    les câblodistributeurs et services de satellite direct retransmettent sans
    hésitation une panoplie de chaînes d’information étasuniennes ou étrangères
    telles CNN, CNN Headline News, Fox News et MSNBC, et ce sur les grilles
    numériques et analogiques. Qui plus est, Rogers Communications vient d’ajouter
    BBC World à sa grille analogique en Ontario. Il en a profité pour repousser
    RDI au-delà de la case 100 sur le service analogique. De son côté, Bell
    ExpressVu, qui refuse depuis des années de diffuser la télé de Radio-Canada de
    Gatineau-Ottawa, vient d’annoncer le retrait d’EuroNews (version audio
    française) de sa grille.
     
  3. L’importance de conserver une offre télévisuelle en français de qualité au
    Québec et ailleurs au Canada vient du fait que l’impact des médias
    électroniques sur la sauvegarde de la langue est tout aussi puissant que
    l’enseignement. Dorénavant, vivre dans sa langue maternelle, ce n’est pas
    seulement recevoir l’éducation formelle dans sa langue, mais c’est aussi
    regarder et entendre des artistes et des journalistes s’exprimer dans cette
    langue. Par conséquent, le rayonnement du français au Québec et au Canada
    dépend d’une bien meilleure distribution de services télévisuels en français
    que celle qui existe maintenant.
     
  4. Pour mieux saisir l’importance de l’enjeu, voici une partie du discours
    prononcé par M. Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’UNESCO le 21 février
    2007 à l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle :

« La langue maternelle est chère à chacun d’entre nous. C’est de la
langue maternelle que viennent les premiers mots que nous prononçons; c’est
elle qui exprime le mieux la pensée individuelle. Elle est la fondation sur
laquelle tout être humain se construit dès son premier souffle, et qui le
soutient tout au long de sa vie. Elle est l’école du respect de soi, de son
histoire et de sa culture mais aussi – et surtout – du respect de l’autre et
de sa différence. Car la différence, toute langue la porte en elle même
comme une « seconde nature ».*

  1. Or, certains francophones vivant à l’extérieur du Québec et même au Québec
    arrivent mal durant leur vie adulte à exprimer leur pensée dans la langue qui
    porte les premiers mots qu’ils ont prononcés. Parmi les facteurs qui
    expliquent ce phénomène, on retrouve le manque d’accès à un choix télévisuel
    varié en français et l’accès facile à une programmation étasunienne abondante.
     
  2. La technologie de distribution télévisuelle numérique répand maintenant
    des centaines de stations de télé dans nos foyers. Dans cette offre
    disproportionnée de services télévisuels, RDI fait figure de proue au Québec
    et ailleurs au pays en matière d’information en langue française ; cette
    chaîne doit donc avoir une place prioritaire sur le volet numérique de base
    des câblodistributeurs d’un bout à l’autre du Canada.
     
  3. Un service de qualité comme celui de RDI est une apport important à
    l’offre télévisuel en français.
     
  4. Oui à un accès plus facile à des services télévisuels en français. Oui à
    RDI.

Jean-Paul Perreault, Président
Mouvement Impératif français

* source :
www.unesco.org/culture/fr/