J’ai mal à ma langue : le franglais des réseaux de télévision qui bafouent, torturent et trafiquent notre langue.

Trainer, coaching staff, goaler, goal, back check, ball, strike, safe, out, infield fly, balk… !

J’ai mal à ma langue française en écoutant les reportages que nous distribuent les réseaux de télévision au cours desquels, celle-ci est bafouée, torturée et trafiquée en empruntant des anglicismes honteux.

Pour vous donner des exemples, notons en grande partie les émissions de sport où les animateurs, analystes se plaisent à utiliser des anglicismes tels que : trainer, coaching staff, goaler, goal, back check, pour ne nommer que ceux-là en parlant de termes de hockey.  Le laisser-aller n’a pas sa place, sinon on risque que ces expressions employées en situation de minorité deviennent au fil des ans, une acquisition absolue.

J’ajoute à cela, l’utilisation déficiente du genre féminin pour des noms à consonance masculine depuis une éternité. On utilise dans le domaine du hockey ou de tout autre sport, les expressions suivantes : toutes les joueurs, toutes les matchs, toutes les voyages et enfin toutes les coachs… J’aimerais dire beau chic, bon genre, mais ce n’est pas le cas.

Moi, qui suis à écrire un livre sportif, ces affronts à la langue française me paralysent tellement qu’à chaque fois, assis dans mon fauteuil, je les reprends et les corrige pour vérifier leur justesse.

J’ai moi-même participé à la francisation d’un terme de baseball dans les années soixante afin de remplacer l’expression « Texas leager » pour « entre champ » et j’en suis très fier, ce que je ne peux pas dire de notre parler français.

Toujours au chapitre des bulletins de nouvelles, des commentaires et des analyses dans des émissions à saveur sociale, économique ou sportive, dans 90% des cas, les liaisons sont escamotées surtout dans le cas d’un « s«  suivi d’un autre mot ou d’un verbe. Pour exemple, dans la phrase, on va les envoyés ailleurs, la liaison avec les et envoyés ne se fait jamais. Autre exemple, dans la phrase, tous les députés vont indiquer leur choix, la liaison entre vont et indiquer ne se fait pas. Il suffit d’écouter ces émissions pour constater que notre français est en péril et ce n’est pas le PDG d’Air Canada qui va nous aider à le sauver. Il est temps que l’on fasse front commun et les prochaines élections seront un tremplin pour le faire.

Je terminerai en vous mentionnant qu’en 2020, je faisais parvenir une lettre au président de la Ligue de baseball du Bas-Saint-Laurent pour lui exiger un peu plus de rigueur de la part de ses arbitres quant à l’utilisation du français dans l’appellation des décisions de jeu.

Entre autres, ball, strike, safe, out, infield fly, balk tous ces termes peuvent et devraient être facilement remplacés respectivement par balle, prise, sauf, retiré, chandelle d’intérieur, feinte illégale, et cela sans aucune difficulté. On peut invoquer la loi du moindre effort, mais il est faux puisque ces termes se prononcent tout aussi facilement que les anglophones, il suffirait d’un peu de volonté que les personnes en autorité ne sont pas prêtes à y donner suite.

En guise de conclusion, je vous dis que j’ai hâte à ma loi 101 restaurée, amandée et appliquée sans réserve. Le fait français doit prendre sa place au Québec avant qu’on nous le vole.

Un francophone averti et à vertu,
Bérard Dupéré

1 commentaire

  1. Merci M, Dupéré de confirmer ce que tous les québécois savent sans avoir le courage de se révolter!

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