MOONBIKE et pourquoi pas en russe ou en chinois?

MOONBIKE ? A trop vouloir la lune, on s’enfonce dans le marigot saxon et on perd en noblesse et en fierté.

MoonbikesVous avez dit Moonbike ? Ebouriffant, sidérant, que dis-je, révoltant de voir nos décideurs et autres innovateurs francophones déguisés en apprentis sorciers en arriver à pareille soumission, à un tel aplaventrisme, à un tel degré de paresse intellectuelle, d’infantilisme langagier et de crasse ignorance en matière culturelle, courir ventre à terre sous la bannière étoilée alors qu’ils pourraient tout naturellement baptiser leurs dernières trouvailles dans une langue française dont l’articulation et un habillage hors pair se prêtent pourtant à merveille pour ce type d’exercice.

Il faut être passé par le laminoir mental de la doxa anglo-américaine, qui attire à elle tout ce que compte la planète en matière de dindons d’une farce bien insipide, pour croire et se faire croire que la production du cru ne peut s’écouler que par le biais d’un enrobage saxon ; c‘est s’imaginer que l’appellation surréaliste de MOONBIKE ou d’un quelconque autre gadget en …BIKE ou en …ING appâterait davantage le client potentiel que dans le vernaculaire.

Assurément, les véléclairs, les véloneiges, les bicyneiges, les bicylunaires, les bicéclairs,  les bicybelles, les vélobelles et autres bicylunes, vélunes ou vélolunes feraient s’effondrer les ventes d’un produit francophone à peine sorti d’usine même si celui-ci ferait dans l’innovation la plus patente et serait doté de ce petit habillage linguistique qui ferait la différence, ce tout petit support verbal dans cette sémillante  et incomparable langue française  qui naguère encore réussissait à ramener à ses auteurs des parts de marché non négligeables.

Il est vrai que le mental de substitution et « l’hyperconnectivité » qui agitent le locuteur francophone – jeune et moins jeune – de ce début de siècle lui fait perdre le sens des réalités et le fait ne plus se sentir d’aise dans un ramage qu’il ne comprend même pas et qui le « déconnecte » de tout ce qui a trait à son patrimoine linguistique et culturel. La honte de soi et de son identité et cette haine chevillée au corps qui en résultent en font une cible et une proie de prédilection pour la clique du NUMERIQUE dont les desseins de prédation à l’échelle planétaire glaceraient les sangs du premier Martien venu et le feraient s’en retourner chez lui illico presto.

La gouvernance mondiale si ardemment souhaitée par Churchill et ses pairs ( voir courriels de Marcel Girardin) poursuit sa course folle et dévastatrice sous les traits de la poulpe géante des GAFA dont les tentacules ô combien voraces et impitoyables enserrent en ce moment les esprits des plus pauvres aux nantis, des illettrés jusqu’aux intellos, au point que même les plus réfractaires se laissent prendre à ce jeu pervers et par ce nouvel évangile qui est en train d’éradiquer tout ce que la planète compte encore de langues et de civilisations.

Qu’à cela ne tienne, il ne tient qu’à notre trentaine d’associations de Défense de la langue français et à d’autres foyers de résistance aux quatre coins de la Francophonie de fustiger et de dénoncer ce que MOONBIKE et tant d’autres de ses comparses francophones font subir à une langue et culture d’expression française que tant de gens de par le monde s’arrachent pourtant, sentant trop bien ce qu’elles referment en filigrane.

Ceci dit, le collectif Langue française est tout disposé à défrayer le premier média mis en copie ici qui serait prêt à faire paraître en toute première page – c’est LA condition – le présent article (avec photo à l’appui) afin de montrer au grand public comment certains achèvent leur propre langue comme l’on noierait son chien sous prétexte qu’il aurait la rage.

Bien cordialement,

Philippe Carron
Collectif Langue française, Suisse romande

Montigny-en-Morvan (58), le 9 juin 2021

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