La langue française vous appelle à son secours…

Voir ci-dessous le courriel au ton volontairement provocateur que je viens de recevoir d’une parlementaire lausannoise, Anita Messere, censée représenter le peuple et défendre NOTRE langue… Ceci est  très grave et insultant de la part d’une élue; j’avais en fait écrit ce qui suit plus bas à tous les membres du Conseil communal de la ville de Lausanne, complètement américanisée de surcroît.

J’ai un service à vous demander.

Pourriez-vous, chacun de votre côté, lui envoyer un petit mot – je le fais des deux côtés de la frontière, en France comme en Suisse – et je me sens un brin isolé en Suisse romande – pour bien montrer à cette élue que d’autres associations francophones et personnes mènent le même combat.

Philippe Carron
Langue française
Romandie

Anita Messere, parlementaire lausannoise

Anita Messere, parlementaire lausannoise

La réponse au ton provocateur de la parlementaire suivi de la lettre de M. Carron :

Expéditeur: « anita.messere@bluewin.ch » <anita.messere@bluewin.ch>
Date: 11 juin 2020 à 22:57:09 UTC+2
Destinataire: philippe.carron@citycable.ch
Cc: thanhmy.trannhu@gmail.comjose.martinho@bluewin.chjose.martinho@lausanne.cheliane.aubert@lausanne.ch
Objet: Rép :⁨ LA LANGUE FRANCAISE VOUS APPELLE A SON SECOURS…
Répondre à: anita.messere@bluewin.ch

Dear Sir,

Il n’est pas permis aux personnes non élues de prendre part aux débats au Conseil communal, ni au Grand Conseil, ni au Palais fédéral. Je n’arrive pas à me reminder des exceptions. Par contre, une manif’ cool ou un sitting pour faire le buzz sont permis aux portes de l’organe délibérant lausannois. Lausanne sponsorise facilement les borderlines qui tentent un come-back après le Corona.

Il faut vous porter candidat sur un listing, même si ce n’est pas forcément le bon business pour booster votre carrière. Certains partis vous permettront de siéger car ils ont un sacré turnover et ne sont pas très sélects en faisant leur casting pour leur team. Prochaine deadline : mars 2021.  Votre sujet est fédéral d’ailleurs, pas communal. Ayez donc de l’ambition ! Ou contactez un élu fédéral pour partager votre inquiétude, c’est le must have qui parlerait cash de votre listing de reproches. OK, ces temps, c’est un challenge, ils sont overbookés.

En tant que citoyen, vous pouvez déposer une pétition avec minimum 1 signature pour rencontrer la commission dédiée – en live – afin de vous plaindre des anglicismes de la Coop, sujet vintage mais impérieux. Vous pouvez créer le buzz si vous booster bien ce qui n’est plus un scoop.

Best regards
A. Messere

PS: Si vous avez besoin d’un coach pour préparer un pitch et éviter de passer pour un looser, demandez un coup de main à Donald. Il manage pas mal.

Meilleurs messages

Anita Messere
Cité-Devant 10
1005 Lausanne
079 561 60 23

—-Message d’origine—-
De : philippe.carron@citycable.ch
Date : 11/06/2020 – 06:28 (CEST)
À : eliane.aubert@lausanne.chjose.martinho@lausanne.chjose.martinho@bluewin.chthanhmy.trannhu@gmail.com
Objet : LA LANGUE FRANCAISE VOUS APPELLE A SON SECOURS…

A l’attention du Parlement lausannois

Mesdames, Monsieur,

De toute la classe politique romande, rares sont nos élus qui ont réagi au billet cinglant de réalisme de Jean-Paul Perreault, du Québec, lequel dépeint pourtant une langue française vouée aux pires gémonies anglo-saxonnes dans une Suisse romande où règne un chaos linguistique indescriptible.

Confinement oblige et ne pouvant franchir la frontière vers l’Hexagone, j’ai vu de mes propres yeux combien le constat de mon collègue québécois est implacable lorsqu’il fustige une anglomanie débridée qui déferle sur ce coin de pays à la vitesse de métastases à l’assaut d’un gros corps malade.

L’exemple suivant coupe court à tout argument, quel qu’il soit, bien plus, il illustre magistralement un processus de démantèlement langagier qui met le français à terre, ne lui laissant, pour toute parure, qu’une minable peau et des os friables au possible.

La Coop, cette grande chaîne de distribution, s’est faite en un rien de temps la championne toutes catégories d’un rare mépris et d’uncynisme confondant à l’égard de la langue commune de plusieurs centaines de millions de francophone à travers toute la Francophonie. Rayons et articles de son enseigne arborent à tout va un insultant sabir « anglobal » aussi inutile qu’incompréhensible pour la plupart de ses chalands romands, anglaiseries parfaitement incompatibles de surcroît avec une articulation française hors pair.

Ici, le raz-de-marée anglo-américain est à ce point renversant que l’on se croirait chez Harrods,  à Londres, ou dans quelque pays anglo-saxon ou, plus certainement, dans un de ces pays néo-colonisés ayant perdu tout sens de dignité à force de détestation et de honte de soi.
Pour pousser le pilonnage à son comble et pour mieux boucler la boucle, une tonitruante musique de fond avec son invariable cortège de variétés unilatéralement américaines vous cogne les oreilles et vous abrutit l’âme à longueurs de gondoles, de jeunes dirigeants sans scrupule ayant décidé de bouter définitivement à la casse toute chanson d’expression française, pourtant chez elle et dotée d’un répertoire à couper le souffle.

Au sortir de cet antre voué corps et âme au prêt-à-penser totalitaire ultra-marin, l’envie vous vient de hurler de rage ou de « chialer », de vomir ou de rire aux éclats, ou alors d’émigrer séance tenante en Afrique francophone, c’est selon votre humeur du jour.
Las ! Que n’a-t-on prévu de masques et de gestes-barrières pour se prémunir d’un « fléau » bien plus ravageur qu’une simple grippe, virus qui en arrive à dévoyer l’esprit le plus réfractaire à tout endoctrinement !?

Autant dire qu’il en est plus ou moins du même tonneau chez son concurrent jaune des bords de la Limmat, chez Swisscom, dans les banques et autres institutions publiques ou privées ayant pignon sur rue, les stations d’essence, les boîtes à « fringues », les rues de Lausanne et de sa banlieue, où je réside (ici, c’est le SOMMET), des rues de Genève et de son aéroport passé à l’ennemi, de SionAirport, et j’en passe tellement la liste est démesurément démentielle.

Ce qui est digne du vaudeville le plus burlesque, c’est l’attitude de ce cher peuple romand, apparemment pris en otage, mais qui en fait est à la fois complice et acteur d’une pollution langagière sans précédent, voire d’un linguicide, et ceci dans une glaciale indifférence.

Mesdames, Monsieur,je  vous demanderai de relayer ce cri d’indignation à tout l’hémicycle, ainsi que les documents explosifs que je vous soumets en pièces jointes.
Par ce même biais, je vous exhorte à prendre toute la mesure du désastre en cours, de l’urgence de monter au créneau avec nos autres associations francophones et de mettre en place les garde-fous qui s’imposent. Il s’agit d’une entreprise follement louable pour une cause qui nous concerne tous, vous comme moi, jusqu’au plus profond de nos tripes.

A cet égard,  une modification de toute urgence d’un Code des obligations scélérat, d’où découlent des Registres de commerce linguivores, doit absolument être envisagée par les plus hautes instances de ce pays et il vous incombe, en tant que représentant(e)s du peuple, d’interpeller les autorités fédérales dans le sens d’une protection totale de nos langues nationales face à un prédateur de taille et qui n’avance plus masqué.

Je vous remercie d’avance de l’accueil que vous ferez à mon message et espère que vous m’en donnerez une suite favorable. La langue française vous en sera reconnaissante.

Cordialement,

Philippe Carron
Langue française

PS : Une intervention personnelle et exceptionnelle serait-elle possible devant votre assemblée ?

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