Avez-vous découvert le pot aux roses?

Guy G. Loubier

L’origine de cette expression semble s’être perdue dans la nuit des temps. Certains sont d’avis qu’elle remonterait au Moyen âge et qu’elle signifierait découvrir la clé de l’énigme, le secret. Théodore Joran, dans Les manquements à la langue française, publié en 1929, en donne une explication fort plausible, Selon lui, il s’agirait plutôt du pot au rose que les actrices utilisaient pour rehausser leur charme, et ainsi faire illusion sur la fraîcheur de leur teint. Ce n’est donc pas un pot dans lequel on mettait des roses.

Calques (suite)

à date – Ce calque semble résister à toutes les critiques. On peut le rendre par : jusqu’à présent, jusqu’ici, jusqu’à maintenant.

Batterie – Pile est le mot à employer.

Changement d’huile – A remplacer par vidange d’huile.

Compléter une formule – On ne complète pas une formule, mais on la remplit.

Extension – Il faut dire poste lorsque l’on désire rejoindre une personne ou un service au téléphone.

Filière – En matière de rangement, classeur est le mot à retenir.

Open line – Ligne ouverte, à proscrire et à rendre par tribune téléphonique.

René de Chantal, un passionné de la langue française

Natif de Moose Creek, Ontario, René de Chantal a vécu dans notre région pendant quelques années. Il avait étudié à l’Université McGill, et obtenu un doctorat de la Sorbonne en 1960. Sa thèse intitulée Marcel Proust, critique littéraire, révélait déjà son amour du français, dont Proust est l’une des plus prestigieuses figures. Professeur à l’Université d’Ottawa de 1951 à 1962, il a publié de 1953 à 1963, une chronique hebdomadaire dans Le Droit, Défense et illustration de la langue française, et a aussi fait aussi partie du Comité de linguistique de Radio-Canada. Ses chroniques ont été réunies dans l’ouvrage Les chroniques de français, publié en 1956. Il faut reconnaître le travail minutieux de ce pionnier et sa détermination à consulter de nombreux ouvrages pour livrer à ses lecteurs des chroniques éclairantes sur les multiples difficultés de notre langue. Ses travaux, à une époque qui n’a plus guère à voir avec le monde d’aujourd’hui, repèrent les anglicismes et toutes les impropriétés de notre langue avec des moyens bien modestes au regard de ceux qui nous sont offerts de nos jours. Il convient de lire et de consulter son ouvrage pour mesurer l’évolution du langage depuis les cinquante dernières années.

Expressions du Moyen âge

élever sur le pavois – Mettre sur le trône, et au sens figuré, faire grand cas de quelque chose. Allusion aux Francs, qui après avoir choisi leur rois, les portaient en triomphe sur de larges boucliers appelés pavois. Pavois, vient de Pavie, en Italie, où avaient été fabriqués les premiers de ces boucliers.

être sur la sellette – être exposé au jugement d’autrui ou se trouver en position délicate. La sellette était le petit banc de bois sur lequel s’asseyait l’accusé interrogé par ses juges. Le siège étant très bas, l’accusé se trouvait dans une posture à la fois inconfortable et humiliante.

(Le 18 avril 2006)