CONCOURS DE POÉSIE, ÉDITION 2010

Concours de poésie 2010

Catégorie Gaston-Lallement

Noémie Roy

Il était une fois la rivière des Outaouais

 Il était une fois… une belle goutte d’eau
Qui tomba sur notre sol d’été sec et chaud
Contrairement à ses sœurs, elle était courageuse
Contrairement à ses sœurs, elle était vigoureuse

Celles-ci qui étant faibles, apeurées
Une fois tombées, furent aussitôt asséchées
Elles n’eurent nul autre destin que de s’évaporer
À peine tombées, elles durent remonter, vexées

Mais cette goutte qui n’avait séché
En tombant avait creusé un fossé
Et ce petit trou qui ne valait pourtant guère
Pour une si petite goutte était une preuve de caractère

Le reste de ses amis toujours réunis là-haut
Furent impressionnés par cet exploit en ces temps chauds
Alors, des milliards de gouttes tombèrent
Et réunies solidement ne s’asséchèrent

Elles réussirent à remplir le petit trou
Et créèrent un ravin encore connu de nous
Ce ravin où l’eau coule, coule à jamais
Il était une fois… la rivière des Outaouais

Noémie Roy
Gatineau

Charles Sirois

Il était une fois la rivière des Outaouais

 Rivière, belle rivière
Tes eaux cristallines nous buvons
De tes remous impétueux tu es fière
Dans tes vagues bondissantes nous nous rafraîchissons
Tu es tout…

Des oiseaux qui chantent sur les roseaux
Aux canots qui fendent tes flots
Des draveurs qui poussaient des billots
Aux bateaux qui naviguent sur tes eaux
Tu vois tout…

Nos pieds glissent sur tes pierres
Tes courants nous font sombrer
Tes rapides capricieux peuvent nous noyer
Tu demeures toujours aussi extraordinaire
Malgré tout…

Charles Sirois
Gatineau (secteur Hull)

Félix Charron Leclerc

Le français en évolution

Le français, une langue en mouvement
Pour le Canada et les pays environnants
Plus de 2000 ans de constance
Plus de 2000 ans de résistance

De plus en plus, elle s’enrichit
De plus en plus, elle nous unit
C’est la langue que nous apprenons pour devenir
Et la langue que nous conjuguons pour réussir

À notre tour, combattons pour elle
En 2010, remportons le duel
Vivons en français
Pour un Canada complet

Félix Charron Leclerc
Val-des-Monts

Jérémy Audet

Le français, une langue tout en mouvement…

le français bouge,
il se déplace,
d’oreille en oreille,
jusqu’aux pays de glace.

chaque être la parlant,
l’apprend et l’écoute,
l’enseigne et l’améliore,
l’utilise et la transforme.

on l’habille joliment,
en lui mettant de l’accent,
c’est une langue remplie d’ardeur,
écrite noire sur blanc.

Jérémy Audet
Gatineau

Andrée Laporte

La langue française en mouvement.

La langue française est en mouvement
De toutes les bouches on l’entend
Dure à oublier
Elle est si aimée
Qu’on parle arabe ou anglais
on la connait
on sait tous au moins un mot
un mot, même si ce n’est pas le plus beau
Cette langue, toujours en mouvement
Un peu comme le vent
Nous accompagne chaque jour
Au cours
de notre vie
Et C’est loin d’être fini.

Andrée Laporte
Gatineau (Aylmer)

François-Xavier Lagacé-Bureau

Sang lexical

Parfaitement droits, en formation, tous bien placés,
Vêtus de leur uniforme de lettres couleur de la mer,
Jamais ils ne jetteront les armes, ces guerriers,
Oh non, pas avant d’avoir conquis la Terre entière!

La Grammaire comme unique commandant,
Le Français comme unique Dieu, roi du Paradis,
Oh, et lorsqu’ils passeront l’arme à gauche, oui,
Espèreront avoir atteint le titre d’Éloquent!

Parfaitement droits, en formation, tous bien placés,
Sur l’éternel champ lexical, face à l’envahisseur,
Silence, silence, et le coup de fusil, annonciateur,
Un premier mouvement, soldats, un pas démesuré!

Que les bombes des canons volent dans les cieux!
Que les mots explosent devant vos contraires!
Que l’encre des lettres se répande sur le sol rocheux!
Soldats, avancez, avancez, mes compères!

Parfaitement droits, en formation, tous bien placés,
Oh, et qu’en vaut la peine, au Diable tout cela!
Allez, retournez au Dictionnaire, redoutables soldats!
Parfaitement droits, en formation, tous bien placés!

François-Xavier Lagacé-Bureau
Gatineau (secteur Aylmer)

Gabriel Touchette-Gonthier

Il était une fois la rivière des Outaouais

Il était une fois la rivière des Outaouais,
Coulant à flot, elle se déversait dans la mer,
Mais en plus, toute la région en était fière
Elle représentait la force de l’Outaouais.

Regardez la puissance de cette rivière qui n’est qu’à peine glacée,
En plein hiver, elle n’est qu’un peu gelée,
Si ce n’est que basse température,
Elle affronte nos hivers durs.

Au printemps, le courant augmente, Les rapides se déchaînent,
Emportant les morceaux de glace au loin,
Nous ne les reverrons que le printemps prochain
La température augmente et la rivière se réchauffe,

Faisant place à l’été, qui maintenant prend le relais,
Le soleil chauffe la rivière, de ses milles et un reflets,
Pourquoi ne pas en profiter pendant qu’il fait chaud,
Pour aller admirer la nature et faire une promenade en bateau.

Puis l’automne vient et les feuilles volent et tourbillonnent,
Se posent sur la rivière, et se laissent entraîner,
Comme par magie, elles disparaissent au loin,
Lentement l’hiver revient, déjà un an de plus pour notre rivière.

Gabriel Touchette-Gonthier
Gatineau (secteur Aylmer)

Amélie Ethier

Le français, une langue tout en mouvement

Les mots passent comme les saisons
viennent puis sans crier gare s’en vont
et sur l’air enivrant de la nation
ils volent mon esprit comme des papillons

Adoptons notre langue et toutes ses exceptions
tous ses vestiges et ses expressions
qui la rendent unique et sans réplique

De génération en génération, le français se métamorphose
avec les autres langues il crée une symbiose
et il s’enrichit des cultures avoisinantes
pour fonder une langue surprenante.

Le soleil se lève aujourd’hui
et notre langue sort de l’ombre
elle surgit de recoin sombre
pour s’épanouir dans nos têtes pour la vie.

Amélie Ethier
L’Ange-Gardien

Fériel Rahmani

Le français, une langue tout en mouvement!

De virgule en virgule, la phrase s’écoule
Sous mes coups de stylo, sous la bille qui roule,
Tel un ruisseau sur un territoire inconnu,
Ramassis de mots sur une page déchue.

Cette langue est mouvante, son rythme fait danser.
Elle ondule à nos oreilles, elle nous fait rêver,
Une langue émouvante, la langue de Molière,
Qui a fait rire et pleurer à travers les ères.

Cette mer s’exprime en chantant sa mélodie,
La langue de l’amour en ces flots enhardis,
Enchantant la nature de ses vagues successives,
Des mots et des mots qui échouent sur la rive.

Cette eau a coulé de la plume de Lafontaine,
Elle coule de notre bouche, elle coule dans nos veines.
C’est une langue vivante, mais pas d’une seule vie,
De tous ceux qui la parle, d’ailleurs ou d’ici.

Fériel Rahmani
Gatineau (secteur Aylmer)

Djamila Saad

La déesse des mots

Tu cours à travers les recoins du monde
À travers monts et mers, noms et envers
Tu tournes sur les nuages et envoûtes les étoiles
Sur lèvres et langues, tu sautes et scintilles

Tu portes haut les rêves qui abondent
Tes phrases qui éclosent, au soleil éphémère
Tu danses aux sommets et peu à peu, tu dévoiles
Le secret des mots qui s’accordent et varient

Tu flottes et t’étends sur les rives de l’amour
Vers au vent, tu valses sans couler
Tu plonges au creux d’émotions impénétrables
Et caresses la musique qui perle sur tes mots

Ton drapeau effleure l’azur des temps
L’encre coule et les mots se fondent
Chaque émotion porte ton nom
Ton nom qui court, toujours plus loin

Djamila Saad
Gatineau (secteur Aylmer)

Cassandre Careau

Le français, une langue tout en mouvement.

Chaude mélodie de lettres, elles se complètent en glissant
Lisses comme du miel, douces comme une nouvelle voix
Cette cacophonie de symbols à signifiance déterminée
Sait entreprendre les oreilles fraîches du temps…
C’est une explosion;
Une fusion d’émotions et de désir
Et ce désir, unique dans sa solitude,
Ne représente que l’envie de s’éclater, comme un soleil
En laissant un brin d’innocence classique, une prose

Ma langue, tout en mouvement, berce mes paroles,
Joue avec celles des autres et me permet d’embarquer chaque âme
Dans le voilier que créent mes idées
Elle navigue sur mes larmes blanches, bleues et rouges
Manifestant gaiement de mes yeux, de mes joues,
Lorsque je les vois sous la pluie, pouvant crier d’extase
Grâce à ma longue langue tout en mouvement

Chaude mélodie de lettres, elles se complètent en glissant,
Lisses comme du miel, douces comme la nouvelle peau
De mes lèvres qui bougent
Au rythme de ma langue

Cassandre Careau
Gatineau (secteur Aylmer)

Camille Pelletier-Vernooy

En voguant sur les flots mouvementés

Tel un albatros, elle a plané
Par dessus monts et marées ;

Sur un tapis blanc, elle atterrit
Provoquant ainsi, amours et conflits.

Alors de son âme naquit
Poètes, écrivains et un pays.

Tel un voilier, elle a affronté
Tourments, tempêtes et témérité.

Assise sur le ponton, j’ai divagué,
Le capitaine m’a murmuré :
«Tendez l’oreille, la voilà , elle est arrivée
Notre langue, notre liberté !

Camille Pelletier-Vernooy
Gatineau (secteur Hull)

Marie-Pier R.-Alary

Ma chère rivière des Outaouais

C’est sur son doux manteau de voile,
Que j’y ai découvert
Mon précieux et grand univers
Cela, le vent dans les voiles

De mon voilier, je lui confie
Tous les secrets de mes rêveries
En retour, elle me pousse à croire,
Qu’un jour arrivera la victoire

C’est elle qui m’a transportée
À travers toutes ces années
Un jour, je partirai remporter
Les médailles auxquelles nous avons rêver

Pour une passionnée comme moi,
C’est triste de la voir gelée
Heureusement, seulement quelques mois
Mais, elle a bien droit de se reposer

Elle restera dans mes souvenirs
Alors que je devrai partir
Toujours cette force nous unira
Pendant que je suivrai ma voie

Marie-Pier R.-Alary
Luskville

Gabriela Turmel

L’expédition

Une région reculée, un simple paysan
Jeune, puéril, avec toute la vie devant lui
Son avenir n’annonçait rien d’avenant pourtant
Ainsi, par la rivière tout près, il partit

La traversée fut longue et risquée, mais si bénéfique
Défilèrent sous ses yeux des décors majestueux
Il vit produire des lots d’énergie pharamineux
Du pays, il ouït les chroniques héroïques

Aux affluents du cours, ces lieux de mélanges et d’échanges
S’éclairant des rencontres avec de véritables anges
Il comprit que l’ambition nous redonne une vie neuve
Comme la rivière atteint un jour le fleuve

Ce cours d’eau il s’en souviendra à jamais
Il s’agit de la rivière des Outaouais

Gabriela Turmel
Chelsea

Émilie Tousignant-Laliberté

Il était une fois… la rivière des Outaouais!

Il était une fois…cinq grands lacs aux eaux profondes
Partageant leurs rives pour que la terre soit féconde
Entre deux grands pays, voisins de frontières
Qui sans le vouloir partagent les mêmes terres

Il était une fois…un fleuve majestueux
Qui de ses eaux limpides faisait bien des heureux
Nourrissant, transportant, alimentant la vie
De toutes ces personnes venues pour vivre ici

Il était une fois…un pays fut découvert
Regorgeant de richesses et de nature vierge
Peu à peu on vint s’installer sur ses berges
Aux forêts sombres succédèrent les champs à ciel ouvert

Il était une fois…un liquide inestimable à la vie
Que par chance, on trouve en abondance ici
Pur, limpide, utile pour qui le boit
Mais malgré tout, pas distribué comme il se doit

Il était une fois…une rivière entourée de gens
Qui vécurent, et eurent des enfants
Aussi vifs que les eaux dans lesquelles ils se baignaient
Il était une fois… la rivière des Outaouais!

Émilie Tousignant-Laliberté

Abou Haydara

Le feu de joie

L’instant se consume au feu, par lequel l’homme exulte sa joie.
Le talent des langues n’est plus le goût, là où l’on cultive la voix.
Ses colonnes enflammées ont illuminé le rencard,
Des plus prompts fidèles de Paris à Dakar.

Elle s’étire vers le ciel, se compromettant, à l’image du monument de Babel
Et plus jamais, le monde ne reconnaitra de flambée comme aussi belle.
À l’aube elle était braise, sous le chant des coqs gaulois,
Puis une torche, chez les peuples d’oc et d’oïl qui lui donnèrent un toit.

Par après les vents violents, elle connaît renaissance,
La voilà qui scintille telle une étoile de la Pléiade.
Un feu rendant en lumière tout un siècle, l’art est son essence,
Les voilà partageant leur pain tel de véritables camarades.

Méthodique chez Descartes, elle est romantique pour Hugo.
Et le Naturaliste et le Parnassien seront en faire ressortir le beau.
Ni préjugé, ni ségrégation, sa lueur atteint toutes les nations,
Sous la plume de Senghor, elle prendra pour teinte l’or.

Les rimes déferlent au rythme de la valse des flammes,
Jeunesse y trouve perle, leur maitrise est le slam.
Émerveillé, un vieil homme bienheureux me lançait
Vois-tu mon garçon, ce feu, c’est le français.

Abou Haydara
Gatineau

Tory Huppie

Il était une fois… la rivière des Outaouais

Ce printemps, j’ai regardé s’embellir les feuilles près de toi
Cet été, je me suis baignée dans tes eaux.
Cet hiver, j’ai patiné sur ta surface glacée.

Toujours près de toi.
Je regarde tes vagues qui viennent vers moi.
Chaque jour de l’été je me suis laissé bercer.
Chaque jour de l’hiver, je t’ai utilisée pour m’amuser.

Ma rivière adorée.
Qui me laisse patiner.
Sans me faire tomber.
Toi qui se laisse geler

Juste pour le plaisir de m’amuser.
Tu ne me laisses jamais tomber.
Printemps comme été.
Tu es toujours à mes côtés

Tory Huppie
Fort-Coulonge

Clara Vergnhes-Champagne

Le français, une langue tout en mouvement

Les mots ont jailli
Tel un souffle du vent
Déposés doucement
Sur le dos d’un serpent

Dès qu’ils furent posés
Le serpent se mit à glisser
Des millénaires il a traversé
Où les mots se sont transformés

Et des pages ils ont remplies
Suffisamment pour mille et une nuits
Et nous voilà aujourd’hui
Dans les mains, un recueil noirci

Par les mots qui ont voyagé
De contrée en contrée
Pour finalement s’échouer
Sur les rives de notre cité

Clara Vergnhes-Champagne
Gatineau (secteur Aylmer)

Catégorie Coup de Coeur

Linda G. Godin

Il était une fois…la rivière des Outaouais

Il était une fois, dans leurs yeux, dans leurs voix
Vibrante coulée de larmes bleues, de soupirs cois
Où frémissaient rudes pagayeurs obstinés
Du repli de ses ondes à leurs chants emmêlés.

Il était une fois, dans leurs têtes, dans leurs cœurs
Dolente marée d’espoirs masqués, de franches peurs
Où jonglaient les hardis voyageurs du passé
En quête de racines, de pays à défricher.

Il était une fois, dans leurs mains, sous leurs pieds
Coulante musique en ses berges apprivoisées
Où dansaient manœuvres, patrons, colons et laquais
Des reels et gigues sur la rivière des Outaouais.

Il était une fois, mais voilà c’est aujourd’hui
Accueillante rivière en ce temps de grand bruit
Où dorment fermettes, villages et grandes cités
Tous frères de sang en ta vibrante coulée.

Linda G. Godin
Île-du-Grand-Calumet

Alexandra Pinsonneault

Il était une fois… la rivière des Outaouais!

La rivière est née en même temps que la Terre,
Elle a vu l’évolution, l’amour et la misère,
Elle regarde sans pouvoir intervenir,
Sans même rien pouvoir dire.
Quand elle est fâchée,
La rivière permet à son eau de remuer,
Mais quand la tristesse vient la chercher,
Elle ne peut rien faire pour le démontrer.
On l’utilise depuis le début des temps,
Mais lui démontrons-nous notre gratitude?
Nous ne lui donnons même pas un chant,
Pour la divertir dans sa solitude.
Ce cours d’eau veut nous faire découvrir le vrai bonheur,
Celui de vivre dans un monde harmonieux,
Alors écoutez cette rivière qui est un peu comme notre soeur,
Et faites que ce monde s’entraide un peu mieux.
Il était une fois la rivière des Outaouais,
Qui fait partie de notre patrimoine et de notre histoire,
Qu’est-ce que notre petite ville serait,
Sans une rivière comme cela pour lui donner espoir?

Alexandra Pinsonneault
Luskville

Annie St-Jean

Le français, une langue tout en mouvement

Ma langue est toujours en mouvement.
Cette langue,
Cette langue que je tourne parfois sept fois avant de parler
Et qui m’aidera toujours à rêver.
Cette langue qui me fait cafouiller,
Cette langue qui des fois te fait bégayer et qui me charme tellement,
Cette langue tout en mouvement parce qu’elle passe de moi à toi,
De ma bouche à ton oreille ,
Et au frisson sur ta peau,
Elle se déplace d’un point à l’autre.
Il n’y a pas plus beau mouvement
Que quand je la vois courir sur la peau de ton dos
En un frisson de délice parce que j’ai dit je t’aime à ton oreille.
Une langue tout en mouvement parce qu’elle part du premier souffle,
Alors que je me prépare à déverser tout un flot de mots qui m’inonde parfois.
Et dans un va et vient de l’esprit,
Je laisse les mots couler en fines lignes sur papier,
En textos, en courriels, en soupirs,
En mouvement de ma main, de mes lèvres, de mes bras,
Parce que cette langue m’habite et nous rassemble.

Annie St-Jean
Gatineau (secteur Hull)

Roberto Caron

Ris, vis…Ère tragique

Admirable, ravissante j’ai été
Mais tout change
Souillée, jonchée de vidanges
Par une Outaouais sans pitié

Qui? Eh bien, vous!
Vous, inconscient, insouciant
Infâme habitant insignifiant
Génération du « Je m’en fous »

Vous me marchandez
Vendez mon sang
Mes atouts élèvent vos rangs
Qualités exploitées, droits bafoués
Société de pollution
De crédit, de profit
Consommation sans merci
Irréfléchie! Quelle trahison!

Bouchée sans raison
Dans le plastique
Une aliénation technologique
Bouteille, mon salut est dans ta prison

Deux langues voisines
Rives, contrées unies
Pour déverser vos cochonneries
Polluer jusqu’à ma ruine

Relevez vos manches de chemise!
Le temps ne prend pas de pause
Grand changement s’impose
Défi urgent pour votre matière grise

Gatinois réveillez!
Embellissez mes abords
Mes charmes méritent un meilleur sort
Attrait, splendeur et prospérité

N’oubliez pas mon avenir
Plus majestueuse, plus de paysage
Votre héritage
Ami, complice de vos désirs

Une sœur je suis
Rivière de pureté pour vos enfants
Un abreuvoir comme auparavant
Abri de la vie

À choisir sans penser, sans hésiter
Respecter mon environnement
Avec dignité, jugement et consentement
Harmonie, tu es la clé!

Roberto Caron
Gatineau

Julie Morin

Il était une fois… la rivière des Outaouais, au temps de la Kitchisipi

Il était une fois… la rivière des Outaouais,
Au temps de la Kitchisipi, de la grande rivière.

Alors que sur l’eau se jetaient les feux du soleil,
De très loin, des voyageurs épuisés arrivèrent au pied de chutes radieuses.
Ils virent là des hommes rassemblés en un cercle intrigant.
L’un d’eux s’éleva, majestueux, il prit dans un plat quelques brins de tabac.
Puis, il prononça une harangue qui dura l’éternité.
Les hommes se turent, réfléchis ; ils goûtèrent chaque parole de leur chef prononcée.

À la vue des voyageurs ébahis, ce chef majestueux vint vers eux en ami.
Il prit leur main et y déposa une pincée d’herbe sacrée.
Sage, il leur dit : « vous voilà protégés ».

C’était au temps de la Kitchisipi, de la grande rivière.
Les Français, Champlain et ses compagnons, rencontrèrent
Non loin des chutes en forme de chaudière,
Tessouat, le grand, chef des Algonquins
Qui leur ouvrit les portes de son pays.

La rivière des Outaouais se souvient.
Aujourd’hui encore, dans ses rapides et ses courants,
Elle murmure des mots oubliés
Protégeant tout contre elle, ce lieu sacré des premiers habitants.

Julie Morin
Gatineau

Michèle Noël

LANGUE D’AVENIR

Le présent, le passé, l’imparfait
La langue de mon cœur, c’est le français
L’inconditionnel ou le futur
Peu importe le temps, partons à l’aventure

De petits mots doux en petits mots fous
Je t’apprendrai tout
Et quand tu connaîtras tous ses secrets
Pour ma langue, tu n’auras que du respect

En mêlant nos voyelles et nos consonnes
Nous créerons des mots qui résonnent
Choisis des lettres dans l’alphabète
Partage-les avec toute la planète

Écrivons de beaux discours
Des « je t’aime » et des « toujours »
Invitons tous les gens des alentours
Et laissons-nous parler d’amour

Inventons des mots nouveaux
Bâtissons-nous un immense joyau
Répandons la bonne nouvelle
« Ah, que le français est une langue belle! »

Michèle Noël