DÉJEUNER ET CAUSERIE AVEC GILLES VIGNEAULT

Déjeuner-causerie avec Gilles Vigneault le 29 mars à 11 heures à l’Agora de la Maison du Citoyen
Impératif français décerne ses prix !

Gatineau, le 20 mars 2009 – Il est des gens qu’on ne présente plus, et Gilles Vigneault en fait partie. Fort d’une carrière longue de cinquante ans, à la fois chanteur, compositeur, écrivain, poète et engagé politique, Gilles Vigneault est ce que l’on appelle une légende vivante. Auteur de plus de quarante livres et 400 chansons, son œuvre s’inscrit indéniablement dans le patrimoine culturel québécois.

Et ceci n’est pas près de s’arrêter ! Son album Arriver chez soi sorti l’an passé à l’occasion de ses 80 ans, illustre à quel point Monsieur Vigneault est capable de se faire apprécier de toutes les générations. S’adaptant à son époque, il aborde des sujets d’actualité notamment dans les chansons L’internaute ou encore Une journée sans portable, jouant à la fois dans des registres tour à tour humoristiques ou plus sérieux.

Un déjeuner-causerie sera organisé le dimanche 29 mars à 11 heures, dans le cadre de la Francofête, à l’Agora de la Maison du Citoyen. Cette causerie sera conduite par de brèves questions du public auxquelles Monsieur Vigneault apportera ses réponses. Comme le dit si bien la chanson, Gens du pays, c’est votre tour, de vous laisser parler d’amour

Le déjeuner précédent la causerie sera quant à lui animé par la présence de Diane Bouchard et de ses marionnettes. Madame Bouchard se passionne pour l’art de la marionnette depuis plus de trente ans comme interprète, conceptrice, auteure et pédagogue. Récipiendaire du grand prix d’excellence de la Fondation pour les arts, les lettres et la culture en Outaouais, elle a enseigné sa fameuse technique de la marionnette à nœuds jusqu’au Japon. Sa fantaisie théâtrale Dragon glouton paraît cette année aux Éditions du Vermillon et sera lancé dans le cadre du Salon du livre de l’Outaouais.

En outre, comme chaque année, Impératif français remettra après la causerie les prix suivants : le Prix Impératif français, le Prix d’excellence Lyse-Daniels, le Prix de la relève Gaston-Lallement, le Prix Coup de Cœur et les Prix Citron et Coco.

Pour participer à cet événement, rendez-vous au 819 243-8000 ou sur www.ovation.qc.ca ainsi qu’aux endroits suivants : À l’Échelle du monde (Hull et Ottawa), Librairies du Soleil (Gatineau), Sol Épicerie Santé (Aylmer).

Source :
Magalie Bastier
Agente de liaison
La Francofête 2009
www.imperatif-francais.org
festival@imperatif-francais.org
Tél.: 819 684-8460
Téléc.: 819 684-5902


L’oeuvre de Vigneault est toute teintée de respect universel. Échanges intimes avec l’auteur, compositeur, interprète et poète; les convives pourront échanger avec lui et lui poser des questions.

Le pays de Gilles Vigneault en est un d’infinis. De Natashquan, son village natal, on voit se dessiner d’un côté la mer et de l’autre, la forêt à perte de vue. Ces deux immensités ont leur lot de contraintes et de liberté. On ne peut survivre pris au piège entre ces deux immensités si on ne leur voue pas un grand respect. (www.chansonduquebec.com)

Gens du Pays, c’est votre tour de vous laisser parler d’amour! Ardent défenseur de la langue française et de la culture québécoise, Gilles Vigneault est considéré depuis longtemps comme le porte-étendard du mouvement indépendantiste et sa chanson Gens du Pays est devenue le chant
d’anniversaire national.

Gilles Vigneault, homme de parole (Gilbert Troutet)

La première fois que j’ai vu Gilles Vigneault en spectacle, c’était au Théâtre municipal à Besançon, en 1973. J’étais arrivé quelques minutes en retard et déjà toute la salle chantait :

L’automne est beau, l’été trop court
Le printemps dégèle les plaquebières…

Je me suis mis à chanter moi aussi, sans trop savoir ce que voulait dire plaquebière. Je l’ai appris plus tard, quand je suis venu m’installer dans l’ouest canadien, puis au Québec. Gilles Vigneault utilise souvent ces mots du terroir, dont il émaille ses textes. La plaquebière, appelée aussi chicoutai par les Amérindiens, est une ronce des tourbières qu’on trouve dans les régions nordiques et dont on utilise le fruit, comme on fait en Franche-Comté avec les mûres et les framboises.

J’ai eu l’occasion de visiter Natashquan, le village natal de Gilles Vigneault, joliment installé sur la rive nord du golfe du St-Laurent. C’est là que la route s’arrête. L’ancienne école a été conservée, la maison paternelle de Gilles Vigneault est toujours là et, sur une avancée de granit polie par la mer, une douzaine de petits bâtiments serrés les uns contre les autres font figure d’emblème du village, comme la Tour Eiffel pour Paris : c’est Le Galet, un ensemble d’entrepôts utilisé autrefois pour les agrès de pêche, la conservation de l’huile de loup marin, le salage et le séchage de la morue…

Quand on a vu ce coin de pays, marqué par la mer et l’isolement, on prend toute la mesure des chansons de Gilles Vigneault. Nul besoin de présenter cet auteur prolifique qui a non seulement donné ses lettres de noblesse à la chanson québécoise, mais aussi publié de nombreux ouvrages de poésie, contes et littérature pour enfants. En 2008, on a souligné dûment au Québec et à Paris ses cinquante ans de carrière. À quatre-vingts ans, il est toujours aussi entreprenant et curieux du monde qui l’entoure. En octobre dernier, il faisait paraître un nouvel album, Arriver chez soi, en même temps qu’il nous servait une messe écrite avec son pianiste Bruno Fecteau, dont la première a eu lieu à Québec dans le cadre des festivités du 400e anniversaire de la ville. J’ai relevé au passage quelques vers écrits par lui à cette occasion :

Avec nos mots, nos jeux, nos travaux et nos danses
Nos joies et nos chagrins aussi
Quatre-cents ans de foi, d’amour et d’espérance
Avec ceux qui vivaient ici…

Gilles Vigneault a beaucoup contribué à faire connaître le Québec en Europe, où il a multiplié les tournées de spectacles, la plus récente au printemps dernier. L’auteur-compositeur suisse, Michel Bühler, qui compte parmi ses amis, me confiait : « La première fois qu’il est passé par Ste-Croix, puis par les Franches Montagnes, je me rappelle qu’il s’était écrié : c’est les Laurentides ! Je sais qu’il aime passer par ici, puisque les paysages lui rappellent le Québec.»

Pour ma part, j’ai eu la chance de rencontrer Gilles Vigneault à deux reprises. La deuxième fois, c’était peu avant le référendum québécois de 1995 sur l’indépendance. Il venait de rédiger, avec Marie Laberge, le préambule de la Déclaration de souveraineté du Québec. Sur ce plan, son engagement ne s’est jamais démenti. «Je suis très inquiet pour l’avenir, avouait-il dernièrement, parce que je crois encore que la souveraineté, c’est la seule façon de nous sauver en Amérique du Nord et de perpétuer notre culture.» Cela dit, il poursuit : «Je suis terrien d’abord, homme d’abord, et… québécois ensuite, québécois plus tard. Je suis même homme d’écriture, auteur-compositeur de chansons avant d’être québécois. On est qui on est d’abord individuellement, et ensuite on peut se permettre de porter d’autres manteaux, si on est capable de les porter.»1

Homme de convictions, Gilles Vigneault n’hésite pas à monter aux barricades. Grand défenseur de l’écologie, il critiquait ouvertement, en septembre dernier, le manque de souci du gouvernement canadien pour l’environnement. Loin d’être une figure du passé, Gilles Vigneault a l’esprit tourné résolument vers l’avenir, se dit passionné par l’univers des enfants, qui lui inspirent tendresse et confiance : «J’ai une foi immense dans l’espérance des enfants et cela me donne envie d’écrire pour eux et de me projeter dans leur tête (…). C’est donner à mes mots beaucoup d’avenir et c’est un type d’immortalité qui me convient.»2

À écouter Gilles Vigneault, on découvre la source de son humanité et l’on comprend pourquoi son œuvre, toute enracinée qu’elle soit au Québec, revêt une dimension universelle.

Billets en vente au 819 243-8000, au www.ovation.qc.ca ou aux endroits suivants : Librairies du Soleil de Hull et Ottawa, À l’Échelle du Monde de Gatineau et à SOL Épicerie Santé à Aylmer.

Toute la programmation de la Francofête d’Impératif français est accessible à http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/semaine-de-la-francophonie/2009/la-francofete-2009.html


1. Ni monument, ni poète national, entrevue avec Alain De Repentigny, 18 octobre 2008.
2. Leçons d’immortalité, entrevue avec Rim Boukhssimi, 20 octobre 2008