LE FRANÇAIS, LANGUE DE TRAVAIL ET DE FRATERNITÉ

Semaine de la langue française
du 13 au 21 mars
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LE FRANçAIS, LANGUE DE TRAVAIL ET DE FRATERNITé

La CSN en est fière : « La force des mots » fête son premier anniversaire.

A l’occasion de la Semaine nationale du français et de la francophonie et de la
parution du troisième numéro de"La force des mots", la Confédération des
syndicats nationaux veut souligner le premier anniversaire de son magazine. La CSN se dit
fière d’avoir tenu le pari de publier deux fois par année, en plus de "Nouvelles
CSN" qui paraît toutes les deux semaines, un magazine voué exclusivement à la
promotion du français auprès de ses membres et de ses syndicats affiliés. Selon le
président de la centrale syndicale, Gérald Larose, ce magazine veut rendre compte
également des expériences vécues dans différents milieux de travail et des efforts
déployés pour travailler et vivre en français. "Nous y parlons, dit-il, des
avantages et des promesses d’une langue accessible, vivante et de qualité, nous traitons
de nos pouvoirs et de nos droits; et nous gardons aussi un peu d’espace pour nous
amuser."

Un premier numéro est paru en mars 1998 et le deuxième en octobre. La CSN a pu
constater depuis l’année dernière, l’intérêt de ses membres pour un tel véhicule
d’information. Dans ce magazine, qui tire à 23 500 exemplaires, on retrouve différentes
chroniques telles"Le pouvoir des mots dans les milieux de travail"et"Un mot
vaut mille images", de petites nouvelles, des outils de référence, des petits jeux
linguistiques, etc. Une belle place est toujours réservée également à
"L’invité"– personnalité connue pour son amour de la langue –, qui n’est
jamais le même d’un numéro à l’autre. Bref, tout ce qu’il faut, dit-on à la CSN, pour
travailler et vivre ici en français.

Jusqu’à présent des textes ont fait part de certaines expériences vécues dans
l’organisation de cours de français dans le secteur de l’hôtellerie, d’autres dans des
usines qui utilisent la haute technologie, de l’intégration des nouveaux arrivants ainsi
que d’exemples réussis d’alphabétisation. Le troisième numéro rappelle que, malgré
l’application de la loi 101, le droit de travailler en français au Québec n’est pas
acquis et souligne, entre autres, les difficultés de le faire appliquer dans le secteur
des technologies médicales, secteur où l’anglais est non seulement la langue de tous les
appareils, mais dont la maîtrise est souvent nécessaire à l’obtention d’un poste.
Pourtant, il s’agit là de personnes qui travaillent, pour la grande majorité, dans le
secteur public. Pour la CSN, c’est une situation inacceptable qui pénalise les
travailleuses et les travailleurs de ce secteur et qu’il ne faut plus tolérer.

"C’est à double titre, affirme Gérald Larose, que le français langue de travail
nous est un précieux héritage. Un héritage, d’abord, que des générations de
Québécoises et de Québécois, mus par le désir de garder le français vivant en
Amérique du Nord, nous ont légué au prix de luttes serrées, parfois sanglantes.
Héritage, aussi, que des militants syndicaux longtemps avant nous, ont préparé en
revendiquant le droit de travailler et de négocier en français."

Pour le président de la CSN, les travailleuses et les travailleurs sont responsables
de cet héritage et ils doivent le transmettre aux générations qui suivent. Il incite
donc les syndicats à prendre à coeur la défense de leur langue. Pour lui, c’est une
question de espect. "S’ils ne se soucient pas d’elle, enchaîne-t-il, les
travailleurs envoient à leur employeur le message qu’ils ne tiennent pas au respect.
Exiger de parler sa langue, c’est se poser en égal, en égal fier de ce qu’on est.
S’efforcer de la bien parler, de l’écrire correctement, c’est manifester son attachement
à la qualité."

La CSN croit essentiel également de déployer les efforts requis pour inciter les
nouveaux arrivants, de même que les allophones installés ici depuis plus longtemps, à
parler le français. De même, les nouvelles technologies — dont celles de l’information
— exigent, selon la centrale syndicale, une attention toute particulière.

"De nouveaux défis nous attendent donc, conclut Gérald Larose, notamment celui
de donner aux travailleurs immigrants le goût de parler notre langue. Comment, en effet,
penser une société juste et progressive si les nouveaux venus n’en font pas pleinement
partie? Il nous faut aussi trouver le moyen d’intégrer les nouveautés technologiques
sans renier notre réalité linguistique. Est-il meilleur moment pour parler du français,
langue de travail et de fraternité?"

Rappelons que ce magazine qui parvient aux 2 500 syndicats de la centrale syndicale,
est également disponible sur Internet. (13-3-99)