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Poèmes des lauréats: Du talent et encore du talent!

Catégorie Gaston-Lallement
Il était une fois la rivière des Outaouais
Il était une fois... une belle goutte d'eau Qui tomba sur notre sol d'été sec et chaud Contrairement à ses sœurs, elle était courageuse Contrairement à ses sœurs, elle était vigoureuse
Celles-ci qui étant faibles, apeurées Une fois tombées, furent aussitôt asséchées Elles n'eurent nul autre destin que de s'évaporer À peine tombées, elles durent remonter, vexées
Mais cette goutte qui n'avait séché En tombant avait creusé un fossé Et ce petit trou qui ne valait pourtant guère Pour une si petite goutte était une preuve de caractère
Le reste de ses amis toujours réunis là-haut Furent impressionnés par cet exploit en ces temps chauds Alors, des milliards de gouttes tombèrent Et réunies solidement ne s'asséchèrent
Elles réussirent à remplir le petit trou Et créèrent un ravin encore connu de nous Ce ravin où l'eau coule, coule à jamais Il était une fois... la rivière des Outaouais
Noémie Roy Gatineau
Il était une fois la rivière des Outaouais
Rivière, belle rivière Tes eaux cristallines nous buvons De tes remous impétueux tu es fière Dans tes vagues bondissantes nous nous rafraîchissons Tu es tout...
Des oiseaux qui chantent sur les roseaux Aux canots qui fendent tes flots Des draveurs qui poussaient des billots Aux bateaux qui naviguent sur tes eaux Tu vois tout...
Nos pieds glissent sur tes pierres Tes courants nous font sombrer Tes rapides capricieux peuvent nous noyer Tu demeures toujours aussi extraordinaire Malgré tout...
Charles Sirois Gatineau (secteur Hull)
Le français en évolution
Le français, une langue en mouvement Pour le Canada et les pays environnants Plus de 2000 ans de constance Plus de 2000 ans de résistance
De plus en plus, elle s'enrichit De plus en plus, elle nous unit C'est la langue que nous apprenons pour devenir Et la langue que nous conjuguons pour réussir
À notre tour, combattons pour elle En 2010, remportons le duel Vivons en français Pour un Canada complet
Félix Charron Leclerc Val-des-Monts
Le français, une langue tout en mouvement...
le français bouge, il se déplace, d'oreille en oreille, jusqu'aux pays de glace.
chaque être la parlant, l'apprend et l'écoute, l'enseigne et l'améliore, l'utilise et la transforme.
on l'habille joliment, en lui mettant de l'accent, c'est une langue remplie d'ardeur, écrite noire sur blanc.
Jérémy Audet Gatineau
La langue française en mouvement.
La langue française est en mouvement De toutes les bouches on l'entend Dure à oublier Elle est si aimée Qu'on parle arabe ou anglais on la connait on sait tous au moins un mot un mot, même si ce n'est pas le plus beau Cette langue, toujours en mouvement Un peu comme le vent Nous accompagne chaque jour Au cours de notre vie Et C'est loin d'être fini.
Andrée Laporte Gatineau (Aylmer)
Sang lexical
Parfaitement droits, en formation, tous bien placés, Vêtus de leur uniforme de lettres couleur de la mer, Jamais ils ne jetteront les armes, ces guerriers, Oh non, pas avant d'avoir conquis la Terre entière!
La Grammaire comme unique commandant, Le Français comme unique Dieu, roi du Paradis, Oh, et lorsqu'ils passeront l'arme à gauche, oui, Espèreront avoir atteint le titre d'Éloquent!
Parfaitement droits, en formation, tous bien placés, Sur l'éternel champ lexical, face à l'envahisseur, Silence, silence, et le coup de fusil, annonciateur, Un premier mouvement, soldats, un pas démesuré!
Que les bombes des canons volent dans les cieux! Que les mots explosent devant vos contraires! Que l'encre des lettres se répande sur le sol rocheux! Soldats, avancez, avancez, mes compères!
Parfaitement droits, en formation, tous bien placés, Oh, et qu'en vaut la peine, au Diable tout cela! Allez, retournez au Dictionnaire, redoutables soldats! Parfaitement droits, en formation, tous bien placés!
François-Xavier Lagacé-Bureau Gatineau (secteur Aylmer)
Il était une fois la rivière des Outaouais
Il était une fois la rivière des Outaouais, Coulant à flot, elle se déversait dans la mer, Mais en plus, toute la région en était fière Elle représentait la force de l'Outaouais.
Regardez la puissance de cette rivière qui n'est qu'à peine glacée, En plein hiver, elle n'est qu'un peu gelée, Si ce n'est que basse température, Elle affronte nos hivers durs.
Au printemps, le courant augmente, Les rapides se déchaînent, Emportant les morceaux de glace au loin, Nous ne les reverrons que le printemps prochain La température augmente et la rivière se réchauffe,
Faisant place à l'été, qui maintenant prend le relais, Le soleil chauffe la rivière, de ses milles et un reflets, Pourquoi ne pas en profiter pendant qu'il fait chaud, Pour aller admirer la nature et faire une promenade en bateau.
Puis l'automne vient et les feuilles volent et tourbillonnent, Se posent sur la rivière, et se laissent entraîner, Comme par magie, elles disparaissent au loin, Lentement l'hiver revient, déjà un an de plus pour notre rivière.
Gabriel Touchette-Gonthier Gatineau (secteur Aylmer)
Le français, une langue tout en mouvement
Les mots passent comme les saisons viennent puis sans crier gare s'en vont et sur l'air enivrant de la nation ils volent mon esprit comme des papillons
Adoptons notre langue et toutes ses exceptions tous ses vestiges et ses expressions qui la rendent unique et sans réplique
De génération en génération, le français se métamorphose avec les autres langues il crée une symbiose et il s'enrichit des cultures avoisinantes pour fonder une langue surprenante.
Le soleil se lève aujourd'hui et notre langue sort de l'ombre elle surgit de recoin sombre pour s'épanouir dans nos têtes pour la vie.
Amélie Ethier L'Ange-Gardien
Le français, une langue tout en mouvement!
De virgule en virgule, la phrase s'écoule Sous mes coups de stylo, sous la bille qui roule, Tel un ruisseau sur un territoire inconnu, Ramassis de mots sur une page déchue.
Cette langue est mouvante, son rythme fait danser. Elle ondule à nos oreilles, elle nous fait rêver, Une langue émouvante, la langue de Molière, Qui a fait rire et pleurer à travers les ères.
Cette mer s'exprime en chantant sa mélodie, La langue de l'amour en ces flots enhardis, Enchantant la nature de ses vagues successives, Des mots et des mots qui échouent sur la rive.
Cette eau a coulé de la plume de Lafontaine, Elle coule de notre bouche, elle coule dans nos veines. C'est une langue vivante, mais pas d'une seule vie, De tous ceux qui la parle, d'ailleurs ou d'ici.
Fériel Rahmani Gatineau (secteur Aylmer)
La déesse des mots
Tu cours à travers les recoins du monde À travers monts et mers, noms et envers Tu tournes sur les nuages et envoûtes les étoiles Sur lèvres et langues, tu sautes et scintilles
Tu portes haut les rêves qui abondent Tes phrases qui éclosent, au soleil éphémère Tu danses aux sommets et peu à peu, tu dévoiles Le secret des mots qui s'accordent et varient
Tu flottes et t'étends sur les rives de l'amour Vers au vent, tu valses sans couler Tu plonges au creux d'émotions impénétrables Et caresses la musique qui perle sur tes mots
Ton drapeau effleure l'azur des temps L'encre coule et les mots se fondent Chaque émotion porte ton nom Ton nom qui court, toujours plus loin
Djamila Saad Gatineau (secteur Aylmer)
Le français, une langue tout en mouvement.
Chaude mélodie de lettres, elles se complètent en glissant Lisses comme du miel, douces comme une nouvelle voix Cette cacophonie de symbols à signifiance déterminée Sait entreprendre les oreilles fraîches du temps... C'est une explosion; Une fusion d'émotions et de désir Et ce désir, unique dans sa solitude, Ne représente que l'envie de s'éclater, comme un soleil En laissant un brin d'innocence classique, une prose
Ma langue, tout en mouvement, berce mes paroles, Joue avec celles des autres et me permet d'embarquer chaque âme Dans le voilier que créent mes idées Elle navigue sur mes larmes blanches, bleues et rouges Manifestant gaiement de mes yeux, de mes joues, Lorsque je les vois sous la pluie, pouvant crier d'extase Grâce à ma longue langue tout en mouvement
Chaude mélodie de lettres, elles se complètent en glissant, Lisses comme du miel, douces comme la nouvelle peau De mes lèvres qui bougent Au rythme de ma langue
Cassandre Careau Gatineau (secteur Aylmer)
En voguant sur les flots mouvementés
Tel un albatros, elle a plané Par dessus monts et marées ;
Sur un tapis blanc, elle atterrit Provoquant ainsi, amours et conflits.
Alors de son âme naquit Poètes, écrivains et un pays.
Tel un voilier, elle a affronté Tourments, tempêtes et témérité.
Assise sur le ponton, j'ai divagué, Le capitaine m'a murmuré : «Tendez l'oreille, la voilà , elle est arrivée Notre langue, notre liberté !
Camille Pelletier-Vernooy Gatineau (secteur Hull)
Ma chère rivière des Outaouais
C'est sur son doux manteau de voile, Que j'y ai découvert Mon précieux et grand univers Cela, le vent dans les voiles
De mon voilier, je lui confie Tous les secrets de mes rêveries En retour, elle me pousse à croire, Qu'un jour arrivera la victoire
C'est elle qui m'a transportée À travers toutes ces années Un jour, je partirai remporter Les médailles auxquelles nous avons rêver
Pour une passionnée comme moi, C'est triste de la voir gelée Heureusement, seulement quelques mois Mais, elle a bien droit de se reposer
Elle restera dans mes souvenirs Alors que je devrai partir Toujours cette force nous unira Pendant que je suivrai ma voie
Marie-Pier R.-Alary Luskville
L'expédition
Une région reculée, un simple paysan Jeune, puéril, avec toute la vie devant lui Son avenir n'annonçait rien d'avenant pourtant Ainsi, par la rivière tout près, il partit
La traversée fut longue et risquée, mais si bénéfique Défilèrent sous ses yeux des décors majestueux Il vit produire des lots d'énergie pharamineux Du pays, il ouït les chroniques héroïques
Aux affluents du cours, ces lieux de mélanges et d'échanges S'éclairant des rencontres avec de véritables anges Il comprit que l'ambition nous redonne une vie neuve Comme la rivière atteint un jour le fleuve
Ce cours d'eau il s'en souviendra à jamais Il s'agit de la rivière des Outaouais
Gabriela Turmel Chelsea
Il était une fois... la rivière des Outaouais!
Il était une fois...cinq grands lacs aux eaux profondes Partageant leurs rives pour que la terre soit féconde Entre deux grands pays, voisins de frontières Qui sans le vouloir partagent les mêmes terres
Il était une fois...un fleuve majestueux Qui de ses eaux limpides faisait bien des heureux Nourrissant, transportant, alimentant la vie De toutes ces personnes venues pour vivre ici
Il était une fois...un pays fut découvert Regorgeant de richesses et de nature vierge Peu à peu on vint s'installer sur ses berges Aux forêts sombres succédèrent les champs à ciel ouvert
Il était une fois...un liquide inestimable à la vie Que par chance, on trouve en abondance ici Pur, limpide, utile pour qui le boit Mais malgré tout, pas distribué comme il se doit
Il était une fois...une rivière entourée de gens Qui vécurent, et eurent des enfants Aussi vifs que les eaux dans lesquelles ils se baignaient Il était une fois... la rivière des Outaouais!
Émilie Tousignant-Laliberté
Le feu de joie
L'instant se consume au feu, par lequel l'homme exulte sa joie. Le talent des langues n'est plus le goût, là où l'on cultive la voix. Ses colonnes enflammées ont illuminé le rencard, Des plus prompts fidèles de Paris à Dakar.
Elle s'étire vers le ciel, se compromettant, à l'image du monument de Babel Et plus jamais, le monde ne reconnaitra de flambée comme aussi belle. À l'aube elle était braise, sous le chant des coqs gaulois, Puis une torche, chez les peuples d'oc et d'oïl qui lui donnèrent un toit.
Par après les vents violents, elle connaît renaissance, La voilà qui scintille telle une étoile de la Pléiade. Un feu rendant en lumière tout un siècle, l'art est son essence, Les voilà partageant leur pain tel de véritables camarades.
Méthodique chez Descartes, elle est romantique pour Hugo. Et le Naturaliste et le Parnassien seront en faire ressortir le beau. Ni préjugé, ni ségrégation, sa lueur atteint toutes les nations, Sous la plume de Senghor, elle prendra pour teinte l'or.
Les rimes déferlent au rythme de la valse des flammes, Jeunesse y trouve perle, leur maitrise est le slam. Émerveillé, un vieil homme bienheureux me lançait Vois-tu mon garçon, ce feu, c'est le français.
Abou Haydara Gatineau
Il était une fois... la rivière des Outaouais
Ce printemps, j'ai regardé s'embellir les feuilles près de toi Cet été, je me suis baignée dans tes eaux. Cet hiver, j'ai patiné sur ta surface glacée.
Toujours près de toi. Je regarde tes vagues qui viennent vers moi. Chaque jour de l'été je me suis laissé bercer. Chaque jour de l'hiver, je t'ai utilisée pour m'amuser.
Ma rivière adorée. Qui me laisse patiner. Sans me faire tomber. Toi qui se laisse geler
Juste pour le plaisir de m'amuser. Tu ne me laisses jamais tomber. Printemps comme été. Tu es toujours à mes côtés
Tory Huppie Fort-Coulonge
Le français, une langue tout en mouvement
Les mots ont jailli Tel un souffle du vent Déposés doucement Sur le dos d'un serpent
Dès qu'ils furent posés Le serpent se mit à glisser Des millénaires il a traversé Où les mots se sont transformés
Et des pages ils ont remplies Suffisamment pour mille et une nuits Et nous voilà aujourd'hui Dans les mains, un recueil noirci
Par les mots qui ont voyagé De contrée en contrée Pour finalement s'échouer Sur les rives de notre cité
Clara Vergnhes-Champagne Gatineau (secteur Aylmer)
Catégorie Coup de Coeur
Il était une fois...la rivière des Outaouais
Il était une fois, dans leurs yeux, dans leurs voix Vibrante coulée de larmes bleues, de soupirs cois Où frémissaient rudes pagayeurs obstinés Du repli de ses ondes à leurs chants emmêlés.
Il était une fois, dans leurs têtes, dans leurs cœurs Dolente marée d'espoirs masqués, de franches peurs Où jonglaient les hardis voyageurs du passé En quête de racines, de pays à défricher.
Il était une fois, dans leurs mains, sous leurs pieds Coulante musique en ses berges apprivoisées Où dansaient manœuvres, patrons, colons et laquais Des reels et gigues sur la rivière des Outaouais.
Il était une fois, mais voilà c'est aujourd'hui Accueillante rivière en ce temps de grand bruit Où dorment fermettes, villages et grandes cités Tous frères de sang en ta vibrante coulée.
Linda G. Godin Île-du-Grand-Calumet
Il était une fois... la rivière des Outaouais!
La rivière est née en même temps que la Terre, Elle a vu l'évolution, l'amour et la misère, Elle regarde sans pouvoir intervenir, Sans même rien pouvoir dire. Quand elle est fâchée, La rivière permet à son eau de remuer, Mais quand la tristesse vient la chercher, Elle ne peut rien faire pour le démontrer. On l'utilise depuis le début des temps, Mais lui démontrons-nous notre gratitude? Nous ne lui donnons même pas un chant, Pour la divertir dans sa solitude. Ce cours d'eau veut nous faire découvrir le vrai bonheur, Celui de vivre dans un monde harmonieux, Alors écoutez cette rivière qui est un peu comme notre soeur, Et faites que ce monde s'entraide un peu mieux. Il était une fois la rivière des Outaouais, Qui fait partie de notre patrimoine et de notre histoire, Qu'est-ce que notre petite ville serait, Sans une rivière comme cela pour lui donner espoir?
Alexandra Pinsonneault Luskville
Le français, une langue tout en mouvement
Ma langue est toujours en mouvement. Cette langue, Cette langue que je tourne parfois sept fois avant de parler Et qui m'aidera toujours à rêver. Cette langue qui me fait cafouiller, Cette langue qui des fois te fait bégayer et qui me charme tellement, Cette langue tout en mouvement parce qu'elle passe de moi à toi, De ma bouche à ton oreille , Et au frisson sur ta peau, Elle se déplace d'un point à l'autre. Il n'y a pas plus beau mouvement Que quand je la vois courir sur la peau de ton dos En un frisson de délice parce que j'ai dit je t'aime à ton oreille. Une langue tout en mouvement parce qu'elle part du premier souffle, Alors que je me prépare à déverser tout un flot de mots qui m'inonde parfois. Et dans un va et vient de l'esprit, Je laisse les mots couler en fines lignes sur papier, En textos, en courriels, en soupirs, En mouvement de ma main, de mes lèvres, de mes bras, Parce que cette langue m'habite et nous rassemble.
Annie St-Jean Gatineau (secteur Hull)
Ris, vis...Ère tragique
Admirable, ravissante j'ai été Mais tout change Souillée, jonchée de vidanges Par une Outaouais sans pitié
Qui? Eh bien, vous! Vous, inconscient, insouciant Infâme habitant insignifiant Génération du « Je m'en fous »
Vous me marchandez Vendez mon sang Mes atouts élèvent vos rangs Qualités exploitées, droits bafoués Société de pollution De crédit, de profit Consommation sans merci Irréfléchie! Quelle trahison!
Bouchée sans raison Dans le plastique Une aliénation technologique Bouteille, mon salut est dans ta prison
Deux langues voisines Rives, contrées unies Pour déverser vos cochonneries Polluer jusqu'à ma ruine
Relevez vos manches de chemise! Le temps ne prend pas de pause Grand changement s'impose Défi urgent pour votre matière grise
Gatinois réveillez! Embellissez mes abords Mes charmes méritent un meilleur sort Attrait, splendeur et prospérité
N'oubliez pas mon avenir Plus majestueuse, plus de paysage Votre héritage Ami, complice de vos désirs
Une sœur je suis Rivière de pureté pour vos enfants Un abreuvoir comme auparavant Abri de la vie
À choisir sans penser, sans hésiter Respecter mon environnement Avec dignité, jugement et consentement Harmonie, tu es la clé!
Roberto Caron Gatineau
Il était une fois... la rivière des Outaouais, au temps de la Kitchisipi
Il était une fois... la rivière des Outaouais, Au temps de la Kitchisipi, de la grande rivière.
Alors que sur l'eau se jetaient les feux du soleil, De très loin, des voyageurs épuisés arrivèrent au pied de chutes radieuses. Ils virent là des hommes rassemblés en un cercle intrigant. L'un d'eux s'éleva, majestueux, il prit dans un plat quelques brins de tabac. Puis, il prononça une harangue qui dura l'éternité. Les hommes se turent, réfléchis ; ils goûtèrent chaque parole de leur chef prononcée.
À la vue des voyageurs ébahis, ce chef majestueux vint vers eux en ami. Il prit leur main et y déposa une pincée d'herbe sacrée. Sage, il leur dit : « vous voilà protégés ».
C'était au temps de la Kitchisipi, de la grande rivière. Les Français, Champlain et ses compagnons, rencontrèrent Non loin des chutes en forme de chaudière, Tessouat, le grand, chef des Algonquins Qui leur ouvrit les portes de son pays.
La rivière des Outaouais se souvient. Aujourd'hui encore, dans ses rapides et ses courants, Elle murmure des mots oubliés Protégeant tout contre elle, ce lieu sacré des premiers habitants.
Julie Morin Gatineau
LANGUE D'AVENIR
Le présent, le passé, l'imparfait La langue de mon cœur, c'est le français L'inconditionnel ou le futur Peu importe le temps, partons à l'aventure
De petits mots doux en petits mots fous Je t'apprendrai tout Et quand tu connaîtras tous ses secrets Pour ma langue, tu n'auras que du respect
En mêlant nos voyelles et nos consonnes Nous créerons des mots qui résonnent Choisis des lettres dans l'alphabète Partage-les avec toute la planète
Écrivons de beaux discours Des « je t'aime » et des « toujours » Invitons tous les gens des alentours Et laissons-nous parler d'amour
Inventons des mots nouveaux Bâtissons-nous un immense joyau Répandons la bonne nouvelle « Ah, que le français est une langue belle! »
Michèle Noël
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