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RÉSISTANCE À CETTE DOMINATION Version imprimable Suggérer par courriel
20-06-2001

L'OUTAOUAIS EN FêTE / LA FêTE NATIONALE DU QUéBEC, édition 2001

ALLOCUTION DE MONSIEUR ROGER BLANCHETTE

RéSISTANCE à CETTE DOMINATION

La Fête nationale du Québec, comme toutes les fêtes, est bien sûr un moment de réjouissance, de plaisir et de convivialité. Mais c'est aussi, et peut-être plus particulièrement cette année, l'occasion de réfléchir à notre avenir collectif et au monde dans lequel nous voulons vivre, au monde que nous voulons léguer à nos enfants.

Il y a des mots que certains politiciens ridiculisent et présentent comme démodés : ces mots que la pensée unique contemporaine voudraient nous faire rayer de notre vocabulaire, ce sont la culture, la tradition, l'histoire, bref, tout ce qui constitue l'identité d'un peuple.

On nous propose, pour les remplacer, des mots qui font moderne, qu'on veut nous faire croire porteurs d'un avenir qui, de toute façon, serait incontournable. Ces mots magiques, ce sont la mondialisation, la globalisation, la compétitivité; bref, l'uniformisation du monde, sa réduction à un vaste marché de consommateurs portant tous les mêmes vêtements, écoutant la même musique, lisant les mêmes livres, achetant les mêmes produits, et ultimement, parlant la même langue.

Ce discours, c'est celui que les chefs d'état des Amériques, mandatés par les multinationales et présidés par le premier ministre du Canada nous ont présenté à Québec en avril dernier, sous la protection d'une clôture digne des pires dictatures de la planète.

Pourtant, à Québec, comme à Seattle, comme partout dans le monde, des milliers de personnes sont venues dire qu'elles refusaient ce monde-là. Un monde fondé sur l'injustice, l'inégalité, le matérialisme et l'uniformité; un monde qui ne serait plus qu'un vaste camp de travail dirigé par un * big brother + armé jusqu'aux dents.

Chaque jour, des langues disparaissent, des cultures sont réduites à néant dans l'indifférence générale, sous les applaudissements des P.D.G. grassement payés.

Messieurs les politiciens, le nationalisme, la culture et l'histoire ne sont pas des mots démodés. Ce sont au contraire, pour nous et pour tous les peuples qui refusent d'être écrasés par le capitalisme sauvage, les principales armes pour lutter en faveur de la liberté.

Chaque fois que vous parlez français, que vous lisez un livre québécois, que vous écoutez de la musique québécoise, que vous achetez un produit québécois, vous posez un geste en faveur de la justice et de la liberté. L'anglais joue aujourd'hui le rôle du latin dans l'antiquité : c'est la langue de l'oppression, de la violence et de l'exploitation. Parler français et vivre en français, c'est faire oeuvre de résistance à cette domination.

Alors, en ce 24 juin, amusons-nous certes, mais que ce soit aussi l'occasion de prendre conscience de notre identité, d'en être fiers et de prendre la résolution ferme de l'affirmer et de la promouvoir dans notre vie de tous les jours et dans toutes nos activités.

M. Roger Blanchette
Co-président ambassadeur
L'Outaouais en fête / La Fête nationale du Québec
Impératif français

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