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Lundi, 22 Février 2010 11:08
« FRANCE CULTURE » Imprimer
et le refoulement de la langue française

Objet : http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/place_toile/fiche.php?diffusion_id=81087

Il y a quelques jours, j'ai réagi à l'émission « Place de la Toile », animée par M. Xavier Delaporte et diffusée sur « France Culture».

Or suite à la repartie de M. Delaporte, j'ai désiré y ajouter un « complément d'explication ». Qui a été illico refusé de publication par le principal intéressé.

Il faut dire qu'en France (tous médias, chaînes, antennes et sites internet confondus) - pays des droits de l'Homme -, le refus ou l'abstention de publication (et ce pour des motifs platement idéologiques, le plus souvent) constitue une seconde nature.

Aussi est-ce à « Impératif français » que je propose aujourd'hui, le 22 février, cette courte intervention portant sur la langue française dans un pays - le mien - qui se révèle, et ce de plus en plus depuis de nombreuses années, littéralement allergique à sa propre identité.

Sans plus tarder, donc, voici ma finale (si je puis dire) d'un échange qui aura d'abord débuté en http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/place_toile/fiche.php?diffusion_id=81087 le 16 courant. Merci.

 


- Succincte repartie à M. Xavier de la Porte -

La crainte des mots (et des odeurs), monsieur de la Porte, n'a jamais constitué, ce me semble, un « instrument euristique » solide ou pertinent pour penser le monde, moins encore pour contribuer en quelque façon à l'évolution ou à l'embellie de celui-ci.

La « pensée épidermique » (de laquelle participent selon moi - et ne me tenez pas rigueur de ma franchise, M. de la Porte - vos deux interventions) en reste à la surface des choses.

Tantôt par habitude, tantôt par rectitude politique, tantôt par intérêt idéologique (voire professionnel...), tantôt par paresse intellectuelle, tantôt par simple confortement du présent, ou que sais-je encore, cette pensée truffée de tabous, de non-dits, d'idées toutes faites, voire de préjugés à l'occasion, ne nous mène qu'au gouffre.

Et nommément à ce gouffre linguistique franco-français dont je parle. Et que la majorité de mes propres concitoyens ne voit point. Car tout comme vous, monsieur de la Porte, ils estiment, pour la plupart, que : « L'histoire des langues est, me semble-t-il, une histoire des hybridations. L'anglais, etc. [...] ».

Or une telle « volonté d'aveuglement » - constante, puissante et opiniâtre - m'amène à penser, à conclure même, qu'il s'agit là d'une terrible maladie collective : l'amour de l'asservissement volontaire. D'où mes « références » en fin de texte.

Aussi, M. Xavier Delaporte, loin de vous « rassurer » (autre 'instrument euristique' que je préfère réserver aux enfants encore incapables de comprendre l'innocuité de l'obscurité de la nuit...), je vous confirme que mon propos ne dépasse d'aucune manière ma pensée.

C'est sans doute pénible et désagréable à entendre, et à lire. Je vous le concède. Mais depuis quand, dites-moi, à l'instar des odeurs, « le désagréable » est-il devenu (hors de notre France bien-pensante, bien sûr, hormis quelques rares exceptions : « le » Général, M. Michel Rocard et M. Philippe Séguin, par exemple, tous trois grands citoyens d'une France férocement... vacillante) une catégorie épistémologique à éliminer absolument sur le sentier de la vérité...?

Et du courage. Notamment politique. Mais d'abord, d'abord, intellectuel. Car tout commence dans la pensée et les mots qui la tissent, sans cesse, dans le réel humain.

Avec les salutations sincères d'une femme de Gauche (si tant est que pareille dénomination puisse encore revêtir quelque sens à notre époque).

Marianne Chenonceau
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Texte proposé en vain à « France Culture » le 18 février 2010, puis à Impératif français ensuite (au Québec), le 22 suivant.

 

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