| Mardi, 30 décembre 2008 03:52 | HOMMAGE À GASTON LAURION |
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Il est parti sans crier gare
Nous étions liés comme des premiers de cordée dans une entreprise qui a quelquefois lassé mes forces, mais jamais les siennes : la défense et l’illustration de la langue française, dont on a dit qu’elle était « une souveraine assise sur le trône des mots qui ne rend pas justice, mais la justesse ». Bretteur infatigable, sabre au clair, il apostrophait naguère de verte façon la radio canadienne : « C’est la deuxième fois ce matin qu’à Radio-Canada, j’entends l’expression « des élèves de langue francophone». Or, comme cette langue n’existe tout simplement pas, il faut sans doute soupçonner qu’il s’agit bien en réalité de la langue française, qui, elle, existe, ici et dans les quelque soixante pays de la francophonie. Le mot « français» serait-il donc devenu à ce point tabou que l’on ne craigne pas de dire une absurdité pour l’éviter ? Il y a dans cette objurgation à l’emporte-pièce, du Gaston Laurion à son meilleur. Féru de lettres françaises et québécoises, professeur émérite, titulaire d’icelles à l’Université Condordia , je devine l’espoir secret qu’il entretint lorsqu’en 1987, il traduisit le livre de George Grant, Lament for a nation, sous le titre Est-ce la fin du Canada ? Gaston, tu nous manqueras. Il restera une poignée de vieux grognards pour continuer la lutte et éviter que la langue de nos pères s’enfonce dans les marais accommodants de l’interculturalisme ou autres niaiseries de même farine. En nourrissant l’espoir célébré par La Marseillaise, « que des générations nouvelles entreront dans la carrière quand les aînés n’y seront plus ». De sorte que, selon tes vœux, après quatre siècles d’enracinement et d’endurance, la patrie du Québec contribue comme nation souveraine à la jeunesse et la richesse du monde. Yves Michaud Montréal, le 29 décembre 2008 |
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