facebookFlux RSS 2.0

Bienvenue dans notre site Web qui encourage la liberté d'opinion et la liberté d'expression en faveur de la diversité culturelle mondiale par la promotion de la langue française. Nous vous invitons à nous faire parvenir vos textes, à diffuser très largement ceux que nous publions et à intervenir en appui à ceux-ci. La démocratie repose sur l'expression des opinions. À vous de l'exercer!

Dimanche, 10 décembre 2006 08:54
SOMMET DE LA FRANCOPHONIE DE BUCAREST Imprimer
- Que peuvent retenir les militants de la Francophonie?

Le Sommet francophone de Bucarest

Que peuvent retenir les militants de la Francophonie du XIème Sommet francophone, tenu à Bucarest les 28 et 29 septembre 2006?

Peu de choses, à vrai dire.

Du reste, les media n’auront guère aidé à la mémorisation, car ils n’ont comme à l’ordinaire relevé de leur côté que l’anecdotique. C’est-à-dire d’abord les agitations politiques sur le Liban d’une part, et la Côte d’Ivoire d’autre part, avec un peu de Darfour pour faire bonne mesure. En évoquant les différends récurrents entre la France et le Canada fédéral, Ottawa soutenant en l’occurrence les Etats-Unis et Israël. Les media ont encore laissé transpirer çà et là le regret de certains qu’Israël ne soit pas admis dans l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie). En omettant de rappeler que l’admission de l’Etat hébreu - qui compte certes plus de francophones que les nouveaux admis à Bucarest : Albanie, Macédoine, Grèce - entraînerait la sortie de l’OIF de pays majoritairement arabes et musulmans aussi francophones et importants que le Maroc, la Tunisie, le Liban, et empêcherait l’Algérie d’entrer, ce que ce pays très francophone pourrait bien faire un jour...

La seule admission réellement justifiée à ce Sommet a été celle de l’Andorre. Pour le reste, cet élargissement à tout va devient ridicule. Nous voici maintenant à 67 Etats et gouvernements participants (membres de plein droit, associés et observateurs). Nous avons parmi eux, outre les trois nouveaux entrants, des pays qui sont fort peu francophones et auxquels on n’ose même pas demander sérieusement de le devenir, par exemple en donnant au français la même place qu’à l’anglais, ou même, pour certains, qu’à l’allemand, dans leur enseignement, leurs media et leur action diplomatique : la Slovénie, la Pologne, la Hongrie, la Tchéquie, la Slovaquie, la Bulgarie, la Lituanie, et quelques autres. La Grande Bretagne aurait plus de titres à faire valoir pour y entrer que n’importe lequel des pays cités. Nos amis britanniques cultivant volontiers une forme d’humour qui leur est propre, aux bords du mépris, ils pourraient très bien présenter la candidature du Royaume Uni de « Dieu et mon droit » et de « Honni soit qui mal y pense ». Chiche ? Voyez d’ici l’embarras...

Elargir sans vraiment approfondir, sans ajouter - car tel est bien le cas - de crédits supplémentaires à ceux, très insuffisants (moins de 300 millions d’euros par an, TV5 incluse), de la coopération multilatérale francophone : cela rappelle la grenouille et le boeuf de la fable.

C’est aussi prêter le flanc à la critique récurrente, reprise encore cette fois dans divers journaux de pays francophones eux-mêmes, adressée d’abord à M. Boutros Boutros-Ghali, puis au Président de la République française, de vouloir faire de la Communauté francophone une sorte d’ONU-bis, voire une machine de guerre anti-américaine autour des options politiques de la France et de plusieurs de ses amis. Bref : une dilution nuisible à la cohésion, au sentiment d’appartenance, à l’enthousiasme, et à l’efficacité dans la solidarité.

La réélection pour quatre ans de M. Abdou Diouf comme Secrétaire Général, dorénavant seul aux commandes de l’OIF, n’a pas été une surprise.

Le thème principal du Sommet : les nouvelles technologies de l’information dans l’éducation, surtout au service du développement des membres les plus pauvres, ne manquait évidemment pas d’intérêt. Il a été assez bien traité. Il reste à voir si les moyens vont suivre.

La déception de nos militants de la Francophonie sur les 5 continents ne vient pas seulement de l’absence de moyens financiers supplémentaires.

Elle est causée par le sentiment que l’extraordinaire potentiel de la Francophonie, chance pour l’Humanité, puissant cadre et laboratoire de dialogue des cultures et de solidarité, n’est pas réellement pris au sérieux par les gouvernements de la France, du Canada fédéral, du Royaume de Belgique, de la Suisse...

Une preuve : 60 associations et 200 hautes personnalités de France, du Québec, de Wallonie-Bruxelles, d’Afrique, de Maurice, d’Asie, y compris MM. Boutros-Ghali, Maurice Allais, Claude Hagège, deux candidats à l’élection présidentielle en France, huit anciens ministres français, cinq anciens ministres étrangers, des parlementaires de divers bords, ont lancé aux dirigeants de nos pays en 2006, décrétée « année Senghor et de la Francophonie » un appel à des actions concrètes. A des actions hautement symboliques qui aux contribuables ne coûteraient rien, et aux dirigeants et à l’OIF ne coûteraient qu’un peu de volonté politique. Entre autres propositions : inscrire la construction de la Francophonie dans leurs constitutions nationales ; montrer le drapeau de la Francophonie, dans toutes les cérémonies officielles et interventions télévisées des dirigeants, à côté du drapeau national lorsque celui-ci est accompagné d’un autre drapeau : ainsi à côté du drapeau français lorsqu’il est flanqué du drapeau européen, ou encore à côté du drapeau québécois lorsqu’il est flanqué du drapeau d’Ottawa...Pour marquer que la politique étrangère continue à marcher sur les deux jambes : la jambe continentale et celle du « grand large ».

Le XIIème Sommet de la Francophonie se tiendra en 2008 à Québec. Cette année-là, la capitale de la Nouvelle France fêtera le 4ème centenaire de sa fondation en 1608, par Champlain, sous Henri IV. Le gouvernement français s’y associe officiellement. M. J-P Raffarin, ancien Premier Ministre, a été chargé de coordonner la participation de la France. Le gouvernement saura-t-il résister aux pressions d’Ottawa qui insiste pour que cette célébration soit aussi l’affaire d’Ottawa - qui ne veut pas faire sienne la théorie du peuple français fondateur du Canada - et soit bilingue français-anglais !...

Et saura-t-il faire une place importante aux sociétés civiles, aux associations qui militent, elles, avec foi et dévouement, pour l’idéal de la Francophonie ?

Le Sommet, lui, ne sera certes pas encore bilingue, bien que M. Kouchner intitule un chapitre du livre qu’il vient de publier : « l’anglais, avenir de la Francophonie »...Mais cette nouvelle occasion forte de nouveau souffle - il ne s’en présentera plus beaucoup ! - sera-t-elle saisie par nos dirigeants fatigués, à moins qu’ils ne soient vraiment renouvelés... ?

Albert Salon, ancien Ambassadeur, Président du FFI- France (Forum francophone international).

***********

(Le 4 décembre 2006)

 

Nous avons besoin de vous !

Faites un don ou devenez membre d'Impératif français


Pour faire un don rapidement

Montant: 

Calendrier

Mai 2012
D L Ma Me J V S
29 30 1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31 1 2

Événements à venir

28.05.2012 à 19h30 -
GUY PERREAULT
Articles Articles - 2006 SOMMET DE LA FRANCOPHONIE DE BUCAREST