| Lundi, 01 décembre 2003 19:10 | FRANSQUILLON : UNE ESPÈCE EN VOIE DE DISPARITION |
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FRANSQUILLON : UNE ESPèCE EN VOIE DE DISPARITION Ayant vu par hasard que vous aviez repris un article à propos
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Fransquillon : une espèce en voie
d'extinction... « Les lys de Flandre Vie et mort des Francophones de Flandre » par Luc Beyer de Ryke Luc Beyer, lancien présentateur du JT de la RTB partage son temps entre Uccle et Montmartre mais « sa » Flandre natale le rend toujours nostalgique. Et davantage encore son appartenance à une espèce en voie dextinction : les francophones de Flandre. Au point davoir voulu leur rendre hommage à un moment éminemment symbolique : le 700e anniversaire de la bataille des Eperons dor. Fransquillon, il est né, fransquillon, il mourra mais, à ses yeux, ce terme politiquement incorrect aujourdhui, reste une marque de fabrique, une référence... Cest que Beyer estime que les reproches faits aux siens depuis le XIXe siècle ne sont pas fondés. Même sil y a eu des abus au nom dune soi-disant supériorité de la langue de Voltaire, les francophones ont aussi contribué à la réputation de la Flandre. Certes, ils ont pu dominer le peuple et un retour de balancier était inéluctable. Toutefois lauteur regrette loutrance de la réaction flamande. Un dispositif législatif, scolaire, administratif a conduit à léradication de la minorité francophone. Une minorité à laquelle le vocable même de minorité et un statut approprié sont déniés. Et de constater que depuis quarante ans, la suppression du volet linguistique du recensement ne leur permet même plus de se compter. Certes, le Conseil de lEurope a constaté récemment que la Flandre ne respectait pas ses minorités, mais il ny a pas un fifrelin despoir que ça change. Car dans ce combat, il ny a ni majorité ni minorité, mais uniquement des Flamands très, très convaincus. Au nom du devoir de mémoire, lex-parlementaire a rendu hommage aux francophones de Flandre. Beyer prévient quil ne sagit pas de ceux qui vivent en périphérie bruxelloise, axés sur la capitale. Ils sont pourtant sur le même bateau : là aussi, lexercice de la liberté culturelle devient difficile. Mais moins quen Flandre où les cercles et les clubs francophones ont pratiquement tous disparu. Le racisme y est même religieux : depuis belle lurette, les catholiques nont plus le droit de professer leur foi in t frans. Cest à lheure de Vatican II qui a ouvert lEglise aux langues modernes que lon a banni le français des églises. La franc-maçonnerie est bien plus tolérante : Gand compte encore des loges bilingues... Beyer rappelle aussi que la presse francophone a disparu. Les quotidiens ont succombé dans les années septante, alors que la presse périodique survit au singulier avec « La Semaine dAnvers ». Par-delà le constat de décès, Beyer veut laisser un témoignage plus positif. Dans le style inimitable qui fut le sien sur les ondes, il égrène le Livre dheures de la Flandre depuis 1302. Une évocation romantique qui nen reste pas moins réaliste lorsquil explique comment les Wallons ont participé à léradication des des francophones de Flandre. Beyer ne croit pas au retour du passé. Forcément, la Belgique léopoldienne a vécu mais le libéralisme desprit, de langue, de culture lui, na pas dheure. Il exige un respect mutuel et leffort daller vers lautre. Mais il faut une bonne volonté réciproque. Et ça...· CHRISTIAN LAPORTE Editions François-Xavier de Guibert, Paris, 165 pp,19 euros. © Rossel et Cie SA, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2002 Histoire
Les francophones de Flandre, à l'imparfait
Paul Vaute Les Lys de
Flandre par Luc Beyer de Ryke.
Office dédition impression librairie (OEIL) - François-Xavier de Guibert, rue
Jean-François Gerbillon 3, 75006 Paris (France), 165 pp., 19 euros.
- - - - - - - - - - A
l'athénée en terre flamande où Luc Beyer de Ryke fit ses études, il fallut un
jour que le recteur intervienne pour empêcher la transformation de la cour de
récréation en champ de bataille de Groeninghe. Les élèves flamingants et
fransquillons - enfin, un tantinet - rejouaient le Lion et le Lys, les
communiers et les chevaliers de la bataille des Eperons d'or. Rien d'étonnant
si ce `mythe fondateur´, dont le septième centenaire vient d'être
célébré, sert de point de départ à l'étude que le journaliste et député
européen honoraire consacre aux francophones du plat pays.
Pour ceux qui se souviennent du présentateur du Journal télévisé et d'autres
émissions, précisons qu'il a la plume aussi élégante que la parole: un régal,
donc. Sur le fond, sa démarche combine recherche historique, regard
sociologique et témoignage personnel, non sans laisser filtrer tristesse et
nostalgie du paradis perdu. Il y a dans ces pages comme une révolte refoulée,
assez proche sans doute des sentiments qu'ont dû éprouver maints Flamands de
Bruxelles, au XIXe siècle, en voyant leur ville se franciser inéluctablement.
Ou encore et en plus grand nombre, les Français qui assistèrent à l'extinction
de leur dialecte breton, poitevin ou occitan sous les coups de latte des
instituteurs de l'Etat jacobin administrés aux doigts des petits patoisants.
LA BOURDE DU CARDINAL
La différence est qu'ici, ce n'est pas le peuple qui a souffert mais une
classe dominante. Quand l'auteur, né en 1933 à Gand, est entré au conseil
communal de la cité des Van Artevelde, sept des dix sièges libéraux étaient
occupés par des francophones affirmés ou prudents. A présent, il en reste un
pour l'ensemble des élus.
Notre confrère n'idéalise pas. Dans un passé plus lointain, la domination de
cette bourgeoisie et de cette aristocratie `ne fut pas exempte
d'injustices´, trop favorisées qu'elles étaient par `le jeu des
intérêts, des équilibres sociologiques, le rayonnement intellectuel de la
langue française´. Est épinglée à juste titre, la condescendance d'un
cardinal Mercier quand il affirmait, après la Première Guerre mondiale, que
`les Flamands qui voudraient flandriciser une université n'ont pas assez
réfléchi au rôle supérieur auquel doit prétendre cette université´. Propos
d'époque? Il nous remet au contraire en mémoire que les Tchèques disposaient
alors d'une université dans leur langue, à Prague, depuis 1880...
Sur l'autre plateau de la balance s'accumulent les dérives du mouvement
flamand, en particulier au cours des deux guerres mondiales, et la manière
dont il a débouché sur `un dispositif législatif, scolaire, administratif´
visant à l'éradication d'une minorité `à laquelle le vocable même de
minorité et un statut approprié est dénié´ (le cas très spécifique des
francophones de la périphérie bruxelloise n'est pas envisagé ici).
L'unilinguisme régional, ce `rouleau compresseur´ enclenché
méthodiquement par la législation de 1932, est aujourd'hui à ce point accompli
qu'on se prend à rêver devant le catalogue des droits reconnus sans problème
aux 5 pc de suédophones de Finlande.
Ceux qui, comme de Coster ou Verhaeren, aiment la Flandre dans la langue de
Molière, perçoivent avec plus d'acuité l'homogénéisation culturelle comme une
négation de l'héritage national. Le Nord s'est enrichi, au fil des siècles,
d'influences romanes comme le Sud d'influences germaniques. N'est-il pas
surprenant `de voir le souvenir de la Bourgogne plus présent et illustré à
Bruges, Gand ou Bruxelles qu'à... Dijon´ ?
Peut-être ces réalités et bien d'autres qui nous sont rappelées par Luc Beyer
seront-elles assez solides et défendues, demain, pour imposer un tournant
radical à une nouvelle génération de politiques. Sinon, il aura offert un beau
chant désespéré à sa communauté d'`âmes mortes´ qu'on ne peut même plus
recenser.
© La Libre Belgique 2002
Cet article provient de
http://www.lalibre.be Adresse de larticle : http://www.lalibre.be/article.phtml?id=5&subid=103&art_id=71892 http://www.ulb.ac.be/philo/urhm/lys1.html
Mis en ligne le 18/07/2002
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(Le 27
novembre 2003) |
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