| Lundi, 04 novembre 2002 16:50 | UNE VAGUE DÉFERLANTE, MARIO DUMONT |
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UNE VAGUE DéFERLANTE, MARIO DUMONT Minute, monsieur Dumont! écoutez-moi bien, monsieur Dumont! Jai 75 ans. Je suis infirmière et native dune belle région du Québec, Saint-Casimir de Portneuf. Ma vie a été remplie despoirs réalisés, tellement le Québec a progressé en 40 ans. Jai connu la réprobation de travailler comme femme mariée. Jai connu linéquité salariale ainsi que le non-droit au fonds de pension et aux assurances comme mes collègues masculins. Jai connu le refus dune carte de crédit à mon nom, chez Sears, à Brossard. Il fallait signer madame Arthur Tartampion. Jai connu limpossibilité dacheter une assurance privée pour ma famille. Jai connu lobligation morale de ne pas empêcher la famille. Jai connu les filles-mères obligées de donner leur enfant. Jai connu linexistence de garderies, même payantes. Pas de surveillance du midi à lécole, il fallait être à la maison. Et dire que vous, monsieur Dumont, vous osez remettre en question nos garderies à 5$! Mes enfants sont nés 9 et 10 ans avant lassurance-maladie. Seuls les vaccins étaient gratuits. Tout cela, il y a de trente à quarante ans seulement, même adresse, même numéro de téléphone. Les jeunes femmes ne veulent pas le croire. Monsieur Dumont le réalise-il, lorsquil propose des « changements » que jestime être des reculs? Au travail, ma première convention collective fut instaurée sous Jean Lesage. Un progrès qui sest révélé un facteur dentraînement dans le reste de la société contre la précarité demploi et de salaire. Puis, lassurance-maladie a fait en sorte que je navais plus à choisir entre une opération nécessaire ou lépicerie! Un jour, je lis dans les journaux une déclaration de monsieur Bourassa; je reconnais mes propres paroles rabâchées à mon syndicat. Il disait : « Largent des femmes a la même valeur que celui des hommes et devrait leur acheter dorénavant, assurances et fonds de pension dans la fonction publique. » Autre délivrance : lassurance-automobile donne congé de la cour et des avocats pour le moindre accrochage. La loi Kirkland-Casgrain donna le pouvoir juridique aux femmes, ce qui me permit davoir enfin une carte de crédit à mon nom et de signer « Pierrette Trottier » plutôt que madame Arthur Tartampion. La contraception a fini par devenir un choix admis, permettant des maternités responsables. Enfin, le régime des rentes et les RéER, deux mesures sociales importantes, ont ajouté un filet de sécurité à des vies modestes comme la mienne! Maintenant, monsieur Dumont se propose tout simplement de mettre fin à la sécurité que représentent les RéER. Monsieur Dumont se propose de refuser aux étudiants les avantages dont il a profité lui-même quand il a fait ses études, comme les frais de scolarité à luniversité québécoise, les plus bas en Amérique. Tout son programme est teinté délitisme, en sélectionnant les plus fortunés. Quand jentends toutes les inepties, toute la mauvaise foi politique transformant le système de santé en épouvantail, je me souviens et je constate que nous navons jamais été autant soignés. Dans les années 70, les septuagénaires ne recevaient pas les soins daujourdhui : pas de pontages, pas de remplacements de hanches, pas de réadaption, pas de pace-maker, pas dopération de cataractes, etc. Quand les urgences débordent, cest parce que personne nest refusé! Est-ce admirable ou scandaleux? Par ailleurs, cet engorgement a existé sous tous les régimes. Demandez à madame Lavoie-Roux, ministre de la Santé, sous Robert Bourassa, fin des années 80. à cette époque, vous aviez 15 ou 16 ans, vous rappelez-vous, monsieur Dumont? La vraie désorganisation découle des coupures du gouvernement fédéral dont lengagement dans la santé de 50% au départ a diminué à 14%. On le mentionne rarement, occupés que nous sommes à flétrir lactuel gouvernement! Cette propension à nous croire la plus malheureuse et la plus pauvre des provinces, à ne comparer avec personne, magace au plus haut point! Quand le gouvernement, par compassion, a fait traiter certains cancéreux aux Etats-Unis, on a dénoncé aussi ce fait comme scandaleux! Dun côté, il y a le gouvernement central qui enrichit systématiquement lOntario, en y ayant le siège du gouvernement, lindustrie automobile, les laboratoires de recherche, larmée, et jen passe. Dans lautre plateau de la balance, il y a les efforts soutenus du même gouvernement en vue de déstabiliser le Québec. Le ministre libéral Stéphane Dion navait-il pas dit, en 1995, quil fallait « faire souffrir le Québec »? Il y a donc une logique et non une honte derrière la pauvreté, si le mot « pauvreté » peut décrire le Québec sans faire injure aux vrais pauvres de la planète! Le seul antidote serait dêtre « maîtres chez nous »! ça, ce serait bouger et amener du changement! Là, vous lauriez, laffaire! Tous les progrès de justice sociale qui ont jalonné ma vie me semblent aujourdhui menacés par une vague déferlante nommée Mario Dumont. Sans expérience pertinente, sans équipe aguerrie, narcissique, au point de prendre ses décisions à chaud, sans les soumettre auparavant aux membres de son parti, complètement hors du champ de la relation de cause à effet dans sa pensée dimprovisateur, les sondages le donnent pourtant comme le plus apte à gouverner! à mon avis, son programme se révèle plutôt apte à créer le chaos en santé, en éducation, dans la fonction publique, dans les finances publiques et dans nos mesures de protection sociale. Réfléchissons, bon sang! Pierrette Trottier, (Le 4 novembre 2002) |
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| 28.05.2012 à 19h30 - GUY PERREAULT |