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Jeudi, 26 septembre 2002 20:10
« SECOND CUP » : TORONTO LAW IN KWABEK...? Imprimer

« Second Cup » : Toronto Law in Kwabek...?

Objet : Les entreprises « Second Cup » en territoire québécois
(Site : http://www.secondcup.com/ ; courriel : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. )

Je serai presque bref et peut-être concis.

Bien qu'habitant la capitale nationale, je connais fort bien vos comptoirs commerciaux - à commencer par celui situé rue St-Denis, contigu à l'UQàM en métropole. Au reste, vos lieux de restauration pullulent littéralement depuis quelque temps, à Montréal surtout mais en régions également. Alors voici.

Je suis en quelque manière le « client-type » de vos établissements : par mon âge et par ma situation professionnelle aussi bien que (non-)matrimoniale. Et puis enfin je me révèle être, j'avoue ce très grave travers noir et marronneux, un dégustateur invétéré de « vrais » bons cafés (on oublie donc d'emblée les ‘Nabob’, ‘Maxwell House’ et autres ‘Folgers’) : outre ceux que je m'offre moi-même à la maison, je consomme quotidiennement en moyenne trois ou quatre doubles-expressos en place publique, sans compter les petits « à côté » -...comme les repas, complets ou sur le pouce. Car si je puis m’abstenir de me sustenter de longues heures durant (j’ai amassé des économies pondérales), je me révèle bien incapable de faire preuve d'une pareille abnégation concernant ma douce drogue des tropicaux pays.

Bref, voilà le type d'individu qu'un Second Cup devrait disputer aux Van Houtte et autres aires de services comparables ; d'autant plus (rendons à César...) que je fais mention sans atermoiements aucuns de la qualité, chez vous, du fabuleux nectar. Pourtant, vous ne parviendrez pas à soutirer ma clientèle ni à me ramener en votre giron (j'ai en effet ingurgité aujourd'hui même my last cup of coffee in « Second Cup », et ce depuis le comptoir du Chemin des Quatre-Bourgeois, à Québec).

C'est que je suis en effet éberlué par l'indifférence, voire l'arrogance (sinon le mépris), que vous témoignez à l'égard du « marché » québécois. Et ce, en refusant de franciser pour l'occasion la raison sociale de votre entreprise. Déjà qu'il soit exceptionnel (!) d'entendre en vos estaminets autre chose que de la musique et de la chanson étatsuniennes (la totalité de ceux que j’ai fréquentés, en tout cas)*, il y a décidément des limites pour le citoyen consommateur d’ici à supporter de se faire littéralement empaler linguistiquement et culturellement de la sorte.

Comme il en est chez la plupart de mes compatriotes (et on voudrait bien que la réciproque soit également vraie dans le Rest of Canada), je n'éprouve aucune réticence à devenir éventuellement client d'une entreprise canadian, serait-elle ...torontoise.** Il suffit que celle-ci me propose un rapport qualité/prix intéressant, d'une part, et, d'autre part et par-dessus tout, qu'elle me témoigne respect.

Et de fait, convenons-en, vous offrez un produit intéressant...

Aussi je serai disposé à siroter chez vous une bonne partie de mes mille et quelque ‘doubles’ annuellement le jour où vous cesserez narco-narquois-torontoisement, et ce soir-là seulement, de narguer ma francité québécoise.

Bien à vous,

Nicolas St-Gilles,
Capitale nationale, en Québec

Mercuriale@MonCanoe.com

* Cela dit, on doit tout de même souligner qu’eu égard à la dictature de la chanson anglo-étatsunienne les comptoirs Van Houtte, et équivalents, n’ont hélas ! vraiment rien à envier aux Second Cup.

** à vrai dire et au surplus, je suis bien plus enclin à donner mon ‘patronage’ à une entreprise non québécoise qui respecte véritablement mon identité, plutôt qu'à une maison de céans qui renie de son propre fond et sans scrupules nos valeurs culturelles fondamentales. Les exemples sont hélas ! assez nombreux, il faut bien l’admettre. Et le dernier en date qui me vient à l'esprit est cette marque de commerce « Sweet Vallée bar » (bâtons ou tablettes de fruits et noix) d’une firme de Montréal (arrondissement de Saint-Laurent) : on remarquera l’insidieux bilinguisme qui introduit un ‘Vallée’ pour mieux dorer la pilule. Qui tue. Ainsi en va-t-il du reste, plus largement, de tous ces Future Shop, Home Dépôt et analogues, qui truffent le territoire de la nouvelle Nouvelle-France. Il suffirait pourtant que le consommateur s’abstienne d’y mettre les pieds quarante-huit heures - pas plus - pour que le respect réapparaisse illico, comme par enchantement... Et sans même s’empêtrer dans les glutineux (et désespérément timorés) fils d’araignée de la législation linguistique. Suffit en effet que ledit acheteur - vous madame, vous aussi monsieur : eh oui, vous en personne ! - cessât d’envoyer promener à mille lieues son chapeau de citoyen aussitôt qu’il s’agit d’aller « magasiner ». Autrefois, pareille attitude se nommait : « conscience civique ». Mais où s’est-elle donc envolée, depuis lors, cette conscience... ? Mille autres lieues plus loin, manifestement.


 

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