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Jeudi, 05 septembre 2002 15:31
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NAÎTRE FRANCOPHONE DANS LA CAPITALE DU CANADA
L'absurde bureaucratie !

Une de mes filles est venue au monde à l'Hôpital Général d'Ottawa. Née d'un père à deux nationalités, belge et canadienne et d'une mère belge, elle jouit aussi de deux nationalités. Pour rester Belge, ce qu'elle veut, elle doit en faire la demande expresse et signer une déclaration avant ses 28 ans. Comme il se doit, en bonne administration, elle est obligée, pour ce faire, de fournir quelques documents. Le certificat de naissance est naturellement un papier exigé.

On a donc entrepris les démarches nécessaires. On avait demandé un certificat en français. Ce certificat, après une longue attente, à cause de la grève des fonctionnaires en Ontario au printemps dernier, est arrivé en anglais.

L'Ambassade de Belgique refuse ce certificat en anglais. Il faut qu'il soit rédigé dans une des trois langues officielles de la Belgique, néerlandais, français ou allemand. Cela me semble légitime.

Et la descente aux Enfers a commencé: de bureau en bureau, de téléphone en téléphone, de refus en refus [...]. Pas moyen d'obtenir ce certificat en français! On s'est informé auprès d'Impératif français, auprès d'ACFO Ottawa, auprès de l'ombudsman de l'Ontario, à l'Office des affaires francophones de l'Ontario, à l'Hôtel de ville d'Ottawa, auprès de l'Ordre des traducteurs terminologiques et interprètes agréés du Québec [...].

Une première solution semblait en vue. L'Ambassade de Belgique accepte le certificat «Déclaration de naissance vivante» (qui est la traduction officielle du «Statement of Live Birth») s'il est rempli et signé par le bureau du Registraire de l'Ontario. On avait obtenu ce formlaire vierge en français à l'Hôtel de ville d'Ottawa. Autre refus du Registraire. On ne peut même pas déposer une plainte que l'Hôpital Général a soumis un formulaire anglais à des francophones car, au moment de la naissance, il n'y avait pas de lois les obligeant à le faire. Il nous reste une solution: soumettre ce document en anglais à un-e professionnel-le, membre de l'Ordre des traducteurs. On remettra le texte anglais à une personne habilitée. On lui donnera le texte français officiel du gouvernement ontarien. Cette personne copiera ce texte français, signera, inscrira son numéro et on payera. Il faut arrêter d'y penser tellement que c'est absurde.

Morale de cette histoire: il est compliqué de naître francophone à Ottawa.

Heureusement que le ridicule ne tue pas.

Gustaaf Schoovaerts,
Professeur honoraire de UQO,
Cantley

(Le 4 septembre 2002)


 

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