| Jeudi, 12 septembre 2002 17:51 | LES TRAHISONS DE MADAME TASCA |
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LES TRAHISONS DE MADAME TASCA J'ai bien reçu votre courriel collectif dans lequel est cité un récent Du Québec, cet article semble aller dans le sens de nos combats pour le Notre revue a publié en mars dernier deux articles concernant notre Permettez-moi d'en joindre le texte à ce courriel, pour information. Vous pouvez naturellement les publier, quoique ceux-ci datent maintenant un Bien cordialement, Philippe Loubière, Soixante millions de déconsidérés Droit au français et droits du consommateur encore attaqués par le gouvernement français ! MADAME CATHERINE TASCA, ministre de la Culture et de la Communication, Madame Florence Parly, secrétaire détat au budget, Monsieur François Patriat, secrétaire détat aux petites ou moyennes entreprises, au commerce, à lartisanat et à la consommation, ont signé, le 20 septembre 2001, une circulaire permettant de contourner les prescriptions de larticle 2 de la loi du 4 août 1994, dite loi Toubon, relative à lemploi de la langue française. Cet article prescrit de mentionner en français, et donc le cas échéant de traduire en français, toutes les mentions destinées à linformation du consommateur. Cette disposition de la loi nest manifestement pas du goût des instances européennes qui, après la monnaie unique, sont bien décidées à imposer une langue unique, on devine sans peine laquelle : le (mauvais) anglais des multinationales qui intriguent au sein desdites institutions européennes pour une standardisation à léchelle mondiale des produits, des services et des individus. La circulaire du 20 septembre 2001 a ainsi été concoctée pour contourner lobligation de traduire des informations parfois importantes pour les consommateurs. Voici en quels termes : « ...larticle 2 de la loi [du 4 août 1994] ne fait pas obstacle à la possibilité dutiliser dautres moyens dinformation du consommateur, tels que dessins, symboles ou pictogrammes. Ceux-ci peuvent être accompagnés de mentions en langue étrangère non traduites en français, dès lors que les dessins, symboles ou pictogrammes et les mentions sont soit équivalents, soit complémentaires, sous réserve quils ne soient pas de nature à induire en erreur le consommateur... » Autrement dit, on remplacera désormais le texte dinformation en français par des petits dessins, on remplacera une syntaxe par léquivalent visuel du petit nègre ! Cette circulaire est parfaitement scandaleuse, en ce quelle est une colossale régression du droit des consommateurs, elle lest aussi en ce quelle participe du recul programmé de la place faite au verbe - cest-à-dire au support dune information intelligente - dans nos sociétés de consommation, tous pays dEurope confondus. Bien sûr que, dans ce cas-là, la langue française est menacée de remplacement progressif par langlais ; mais il ny a pas que cela. La communication avec tous les consommateurs européens est visée. Combien de pictogrammes faudra-t-il apprendre pour pouvoir lire la composition dun produit, les précautions à prendre avant de sen servir, la présence ou non dO.G.M., la date de péremption, les additifs, les allergènes possibles, etc. ? Autant que les idéogrammes chinois ? Quel pensum, et quelle régression ! Une information claire et honnête ne peut être détaillée quau moyen de mots et de phrases, cest ainsi ! Sy refuser ouvre la porte à tous les mensonges par omission et par imprécision. Cette maudite circulaire aurait été pondue, nous dit-on, sur injonction de la Commission européenne qui aurait depuis longtemps la loi Toubon dans le collimateur. Le français est notre principal lien de citoyenneté et le gouvernement était parfaitement fondé à faire valoir à Bruxelles les clauses de sauvegarde appropriées, surtout devant de telles arrière-pensées politiques et hégémoniques de la part de la Commission. Rappelons que cette dernière ne respecte même pas ses propres règles linguistiques lorsque celles-ci permettent, voire encouragent, lemploi du français, qui est tout autant langue de travail que langlais ! Cependant, le ministère de la Culture semble avoir préféré vider la loi Toubon de sa substance pour faire semblant den protéger lexistence formelle ! Plutôt que de défendre, dune part, la place de la langue française et, dautre part, les droits de tout consommateur européen à être informé dans la langue quil connaît le mieux - la sienne - les princes qui nous gouvernent si mal ont comme dhabitude préféré déférer aux ordres de la technocratie européenne. Ils ont, ce faisant, officialisé une régression culturelle, sacrifié le droit des consommateurs à être informés clairement, et entériné une fois de plus la mise à lécart de notre langue. Les associations de défense et de promotion de la langue française (ALF, ASSELAF, DLF et FFI) ont décidé de mobiliser les associations de consommateurs et les parlementaires, et décrire à Madame Tasca pour tenter dobtenir à lamiable labrogation de ladite circulaire. à défaut de résultat satisfaisant, le Conseil détat sera saisi. En tout cas, une manifestation de protestation a eu lieu devant le ministère de la Culture le 5 mars dernier, manifestation à la suite de laquelle une délégation de nos associations a été reçue par un conseiller du ministre. Celui-ci, trop gagné sans doute par la « culture » du compromis, na rien promis. Il est vrai que, pour cause délections, les jours du ministère sont comptés. Philippe LOUBIERE Que veut madame Tasca ? Un de nos correspondants, le professeur Jürgen Olbert, nous signale cette réaction québécoise (consultable également sur le site internet www.vigile.net) à la visite effectuée en 2001 à Montréal par madame Tasca, le ministre français de la Culture. La presse française sest bien gardée de rapporter les propos de notre ministre concernant le droit des francophones de France, du Québec et dailleurs à leur langue. Madame Tasca a rappelé lexistence de la loi Toubon et a dit avoir écrit aux P.-D. G. dentreprises particulièrement déméritantes afin de les inciter à être plus soucieuses dutiliser et de respecter le français. Il nous faut durgence détromper nos amis québécois sur des déclarations ministérielles restées lettre morte, tant il est vrai quil y a loin de la coupe aux lèvres... Un message majeur de France IL EST ASSEZ ETONNANT que notre milieu pourtant sensible, en soi, à la question linguistique nait pas relevé davantage les récents propos, importants et courageux de la (sic) ministre française de la culture, madame Catherine Tasca, de passage parmi nous. Ce quelle a affirmé est dautant plus significatif quelle venait sur nos bords pour lancer la Saison culturelle française qui fait écho à la présence des artistes québécois en France au printemps 2001. La ministre Tasca reconnaissait sans réticence, mais avec nuance, que la présence internationale de langlais représentait un véritable défi pour les francophones qui parlent la langue de Molière, de Miron, dElskamp ou de Senghor... Et elle le faisait en particulier pour la France en reconnaissant que le monde du travail et le monde scientifique y sont « deux terrains de très grande fragilité » pour la langue française. Elle admettait même que la loi française de 1994 et qui sinspirait de notre loi 101 nétait pas respectée sur le territoire de lHexagone affirmant que le Gouvernement pourrait intervenir plus fermement. Madame Tasca allait jusquà révéler quelle avait elle-même écrit à certains présidents directeurs généraux de grandes entreprises pour les inciter à plus de vigilance. Et de fierté, sans doute. [...] Cest dailleurs avec beaucoup de finesse que la ministre Tasca évoque ce que nous appellerions le néo-colonialisme à rebours de ceux qui font rimer lutilisation de langlais avec la modernité. Y a-t-il même là matière à assonance ? « On est un peu étonné, affirme la ministre, quand de très grandes entreprises françaises, peut-être un peu grisées par leur récente dimension internationale, vont très au-delà de la nécessité dutiliser la langue de Shakespeare » - si Shakespeare sy reconnaît dailleurs ! - poussant même le jeu jusquà « imposer langlais comme langue de travail à leurs salariés, y compris dans lHexagone ». Et la ministre elle-même dinviter ces travailleurs à rouspéter : « Je pense quil serait bien que les salariés, leurs syndicats, le gouvernement aussi, fassent campagne contre des pratiques qui nont grand sens » ! Madame Tasca en a aussi pour les scientifiques qui ont vite fait de « céder trop souvent à la pression de la langue unique », bafouant ainsi les contribuables qui se trouvent ainsi à payer pour leur propre anglicisation. à cet égard, na-t-on pas vu au printemps 2001, à loccasion dun congrès international à Montréal, un universitaire parisien et président de séance demander à deux reprises à un collègue québécois récalcitrant de bien vouloir faire sa communication en anglais ! Quelle étrange dépossession de la victime volontaire, non ? « Les universités et les organisations qui financent (ces travaux ou colloques) devraient au moins demander le bilinguisme » de poursuivre madame Tasca. Nous suggérons même trois langues, le plurilinguisme relativisant la langue dominante et marquant surtout lattention à toutes les cultures, expression de lhumanité. De même, le monde des transports est dans le collimateur de la ministre qui en appelle toujours au bon sens. En effet, comment peut-on en arriver à penser quatterrir en anglais à Charles-de-Gaulle est plus sécuritaire que de le faire en français ! Cest comme sécuriser des donneurs de la Croix rouge en les invitant à une collecte au Bal des vampires ! « Le plaisir quont certains grands chefs dentreprise à sexprimer en anglais et à découvrir les choses internationales », comme le dit finement madame Tasca, peut-il leur faire oublier que le français reste une grande langue de notre temps, capable dexprimer la modernité des réalités scientifiques et humaines, une langue encore largement parlée dans le monde, connue nous disait-on par exemple récemment par plus de 35 % de la population de la communauté européenne ! [...] Sa prise de position supposait une conviction qui est depuis longtemps la sienne, beaucoup de courage dans un pays où trop de citoyens et citoyennes pensent encore que défendre sa langue est une attitude de droite. à défendre et promouvoir le support de sa pensée, larchitecture dune civilisation et de plusieurs cultures allant des « arpents de neige » jusquau coeur de la chaude Afrique en « passant par Paris / Vidant la bouteille », on nest ni à gauche, ni à droite, on est, on naît, on devient constamment et lon continue de naître dans le dialogue de toutes les cultures. Le français est toujours une langue du temps présent et un gage de réussite pour les jeunes dans lavenir. Cest une langue qui fut peut-être impérialiste en Afrique mais qui a connu longtemps lhumiliation en Amérique. Comme toute langue, cette langue a son histoire avec ses hauts et ses bas, une histoire quil faut assumer simplement, comme on assume le fait de vivre pleinement, sans désemparer. [...] André GAULIN * On rappelle que madame Tasca a participé avant 1993 à lélaboration dun projet de loi analogue à la future loi Toubon, et on sattendait à ce que, ministre, elle se décide à agir un peu plus efficacement pour faire respecter ladite loi dans un état qui se dit pourtant de droit. Nayant pas fait grand-chose au gouvernement en faveur du français (au contraire, voir laffaire des pictogrammes) et nayant pas cru devoir démissionner en constatant un tel écart entre ses propres déclarations au Québec et le soutien des plus hautes autorités de létat, toutes tendances politiques confondues, à une mondialisation destructrice du français, madame Tasca a fait bien plus que décevoir : elle sest dérobée à la mission quelle était au gouvernement pour défendre, démontrant ainsi toute labsurdité dun ministère qui simagine pouvoir mener une politique en faveur de la culture sans défendre le patrimoine linguistique qui lui est consubstantiel ! Il est vrai que madame Tasca a reçu en cela le mauvais exemple de M. Toubon soi-même, qui na jamais fait respecter lorsquil était ministre de la Justice la loi quil avait fait voter lorsquil occupait le fauteuil de madame Tasca à la Culture ! Ph. L. |
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| 28.05.2012 à 19h30 - GUY PERREAULT |