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Dimanche, 15 septembre 2002 15:26
LES LIBÉRAUX VEULENT ANGLICISER LES JEUNES DÈS LA PREMIÈRE ANNÉE Imprimer

DéFRANCISATION DE LA JEUNESSE QUéBéCOISE

Les libéraux veulent angliciser les jeunes dès la première année

Le chef du parti libéral du Québec, Jean Charest, a dévoilé le plan d'action du PLQ, bâti autour du slogan «Réinventer le Québec».

Avec un gouvernement rouge, les enfants du primaire apprendraient l'anglais dès la première année et seraient en classe une heure et demie de plus par semaine (25 heures au lieu de 23,5), un ajout qui coûterait au trésor public 100 millions $ par année.

Aucune mesure n'est prévue pour renforcer le français dans les écoles.

Le gouvernement péquiste risque de se faire damer le pion, lui qui a imposé l'anglais dès la 3e année du primaire et qui a multiplié les classes d'anglicisation en 4e, 5e et 6e années du primaire...

1. En contexte minoritaire, «vouloir développer chez les élèves des compétences linguistiques proches de celles des bilingues, sans pourtant entraîner de diminution de la maîtrise de la langue maternelle [n'est-ce pas] réelle utopie ou réelle hypocrisie?»

2. En contexte minoritaire, «plus le locuteur est jeune et plus les facteurs socioculturels sont déterminants, plus la langue seconde a tendance à se substituer à la première».

3. En contexte minoritaire, «seuls les individus disposant d’un réseau culturel et d'une conscience aiguë de l'enjeu que constitue la maîtrise des langues ont des chances de sortir gagnant.»

4. «II apparaît donc essentiel de mesurer le statut de la langue immergeante et celui de la langue immergée.»

5. II est «essentiel de maîtriser d'abord les structures de la langue maternelle pour réussir à bien saisir les structures de la langue seconde» et ne pas confondre les unes avec les autres.

6. «L'imposition de la langue seconde avant que les premières structures de la langue maternelle soient mises en place signifie souvent le début de problèmes scolaires difficilement surmontables.»

7. Pour que le bilinguisme ne devienne pas un «pot-pourri insipide», il faut «posséder en premier lieu sa culture et sa propre langue. Sans cela, nous ne serions que des apatrides culturels.»

Marie-France Vouilloz Burnier

Recommandations du Mouvement estrien pour le français

1- Qu'on déclare un moratoire sur tous les programmes d'anglicisation du primaire. Notre hypothèse est à l'effet que le bilinguisme précoce pour l'ensemble de la population franco-québécoise, entourée d'une mer anglophone, se fait au détriment de la qualité et, à longue échéance, de la survie de la langue maternelle... comme dans le cas des ex-francos perdus ailleurs en Amérique.

2- Qu'une commission nationale d'enquête soit instituée afin de faire le point sur l'enseignement du français et de l'anglais dans les écoles du Québec. Que cette commission soit mandatée pour étudier la perception qu'ont nos élèves du français, les impacts sur la qualité du français de l'apprentissage hâtif de anglais au Québec et la confusion entraînée par une promiscuité grandissante des deux langues dans nos écoles francophones.

3- Que l'Assemblée nationale du Québec adopte une Charte scolaire du français pour enrayer les reculs de la langue française dans le quotidien (musique, informatique, enseignement professionnel, etc.).

Le MEF considère comme très sérieuses les analyses du professeur Gilles Bibeau, docteur en linguistique et une sommité québécoise dans l'enseignement des langues :

«Une exposition hâtive et intense à une langue étrangère, fut-elle surtout scolaire, peut avoir des effets non souhaitables à la fois sur le développement en langue maternelle et éventuellement sur la sécurité culturelle des apprenants, c'est-à-dire sur la stabilité de leurs référents linguistiques cognitifs, sociaux et affectifs, de même que sur leur identité, leur sentiments d'appartenance à la communauté.»

«Personne ne doute, évidemment, de l'intérêt de la nécessité même d'enseigner l'anglais dans les écoles québécoises et d'essayer d'atteindre des objectifs linguistiques suffisants avant que les élèves ne sortent de l'école secondaire. Mais il ne faut pas tomber dans les stéréotypes sociolinguistiques faciles, surtout lorsqu'ils sont contredits par les recherches. Comme aurait dit Galilée, ce n'est pas parce que notre perception immédiate nous fait penser que les plus jeunes apprennent mieux l'anglais à l'école que cela est vrai, surtout lorsqu'on a démontré le contraire.»

«Entre 1905 et 1950, suite à l'administration de tests d'intelligence à près de 200,000 sujets bilingues et unilingues d'une vingtaine de pays et dont la majorité étaient du niveau primaire, une centaine d'études indiquent que la grande majorité des sujets bilingues (75) ont obtenu des résultats inférieurs à ceux des unilingues, 7% des résultats supérieurs, et 19% des résultats égaux.»


Le vendredi 13 septembre 2002


 

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