| Recommandations du Mouvement estrien
pour le français
1- Qu'on déclare un moratoire sur tous les programmes
d'anglicisation du primaire. Notre hypothèse est à l'effet que le
bilinguisme précoce pour l'ensemble de la population franco-québécoise,
entourée d'une mer anglophone, se fait au détriment de la qualité et, à
longue échéance, de la survie de la langue maternelle... comme dans le cas
des ex-francos perdus ailleurs en Amérique.
2- Qu'une commission nationale d'enquête soit
instituée afin de faire le point sur l'enseignement du français et de
l'anglais dans les écoles du Québec. Que cette commission soit mandatée pour
étudier la perception qu'ont nos élèves du français, les impacts sur la
qualité du français de l'apprentissage hâtif de anglais au Québec et la
confusion entraînée par une promiscuité grandissante des deux langues dans
nos écoles francophones.
3- Que l'Assemblée nationale du Québec adopte une
Charte scolaire du français pour enrayer les reculs de la langue française
dans le quotidien (musique, informatique, enseignement professionnel, etc.).
Le MEF considère comme très sérieuses les analyses du
professeur Gilles Bibeau, docteur en linguistique et une sommité québécoise
dans l'enseignement des langues :
«Une exposition hâtive et intense à une langue
étrangère, fut-elle surtout scolaire, peut avoir des effets non souhaitables
à la fois sur le développement en langue maternelle et éventuellement sur la
sécurité culturelle des apprenants, c'est-à-dire sur la stabilité de leurs
référents linguistiques cognitifs, sociaux et affectifs, de même que sur
leur identité, leur sentiments d'appartenance à la communauté.»
«Personne ne doute, évidemment, de l'intérêt de la
nécessité même d'enseigner l'anglais dans les écoles québécoises et
d'essayer d'atteindre des objectifs linguistiques suffisants avant que les
élèves ne sortent de l'école secondaire. Mais il ne faut pas tomber dans les
stéréotypes sociolinguistiques faciles, surtout lorsqu'ils sont contredits
par les recherches. Comme aurait dit Galilée, ce n'est pas parce que notre
perception immédiate nous fait penser que les plus jeunes apprennent mieux
l'anglais à l'école que cela est vrai, surtout lorsqu'on a démontré le
contraire.»
«Entre 1905 et 1950, suite à l'administration de
tests d'intelligence à près de 200,000 sujets bilingues et unilingues d'une
vingtaine de pays et dont la majorité étaient du niveau primaire, une
centaine d'études indiquent que la grande majorité des sujets bilingues (75)
ont obtenu des résultats inférieurs à ceux des unilingues, 7% des résultats
supérieurs, et 19% des résultats égaux.» |