| Vendredi, 06 décembre 2002 20:23 | LA VILLE DE GATINEAU EN 2026 |
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La ville de Gatineau en 2026 : une ville de langue et de culture françaises Mémoire dImpératif français présenté à la Commission des choix stratégiques de la Ville de Gatineau LE 6 DéCEMBRE 2002 Entre langues, létat normal, cest la guerre.
Introduction Fondé il y a 27 ans, Impératif français est un organisme culturel de recherche et de communications voué à la défense et à la promotion de la langue et des cultures dexpression française. Bien connu au sein de la Francophonie, au Québec et au Canada, lorganisme a son siège social en Outaouais. Il regroupe les amis de la langue et de la culture dexpression française désireux den favoriser lépanouissement. Impératif français organise plusieurs activités ou y participe activement : la Semaine de la langue française et de la francophonie, la Francofête, la Semaine québécoise de la citoyenneté, la Semaine pour lélimination du racisme, les grandes festivités nationales du Québec, lOutaouais en fête, les déjeuners-causeries dImpératif français, le Bal de lannée - la traditionnelle Fête des Rois et plusieurs autres. Au cours des ans, par ses nombreuses interventions dans les dossiers touchant la langue et la culture, autant sur les plans local et régional, que national et international, autant sur la scène québécoise que canadienne, Impératif français est devenu un intervenant majeur dans le dossier linguistique, grâce entre autres à son site internet ( www.imperatif-francais.org) sur le thème de la francophonie.étant donné quil a pris racine en Outaouais, plus particulièrement à Aylmer, il est donc plus que normal quil intervienne auprès de la Commission des choix stratégiques de la Ville de Gatineau. Impératif français a articulé son mémoire autour de trois grands axes : 1- Gatineau, une ville frontalière et excentrique, 2- Gatineau linguistique, 3- Gatineau en 2026 : une ville de langue et de culture françaises. Dans son document intitulé Pistes de réflexion. élaboration du plan stratégique de la Ville de Gatineau, la Commission des choix stratégiques affirme que pour avoir une vision davenir, il faut en somme répondre à la question : « Dans un avenir pas trop lointain, en 2026 par exemple, à quoi voulons-nous que Gatineau ressemble ? » La Commission ajoute que, les décisions daujourdhui influençant lavenir, il faut « prendre les décisions les plus éclairées possible ». La Commission précise également que certaines décisions prises à des moments de notre histoire « ont une portée à très long terme et mobilisent des énergies sur plusieurs générations ». « Ceux qui les ont prises avaient une vision davenir », conclut-elle. Tout ce texte de présentation est particulièrement vrai en matière linguistique. En ce domaine, pour prendre les bonnes décisions, il faut évaluer non pas les seules conséquences à court terme de telle ou telle mesure, mais celles à long terme, qui sont parfois particulièrement dramatiques. En matière de langue, les effets napparaissent souvent quaprès une longue période. Par exemple, le refus des commissions scolaires pontissoises doffrir des services déducation en français dans la première moitié du XXe siècle a entraîné une forte assimilation des francophones du Pontiac. Leffet négatif dune telle politique na été mesurable quune fois que lassimilation eût fait ses ravages. La Charte de la langue française, promulguée en 1977, a permis dendiguer en partie lhémorragie que représentait, à la grandeur de Québec, langlicisation des francophones et des allophones. Sans elle, jamais le Québec naurait pu maintenir son caractère français. Dans les deux cas, il y a eu vision davenir : pour la première, en faveur de langlais; pour la seconde, en faveur du français. La question que doivent se poser les citoyens, cest quelle ville doit être Gatineau dans 25 ans sur le plan linguistique. Pour y répondre, il faut bien connaître la situation géolinguistique de la ville de Gatineau et son portrait linguistique.
1- Gatineau, une ville frontalière et excentrique Située au sud-ouest du Québec, la ville de Gatineau comprend les cinq municipalités de lancienne Communauté urbaine de lOutaouais : Aylmer, Hull, Gatineau, Masson-Angers et Buckingham, lesquelles sont regroupées depuis le 1 er janvier 2001. Sa situation géographique la particularise. Gatineau est en effet une ville frontalière à lOntario et excentrique au Québec. Cette double caractéristique est en grande partie responsable de sa spécificité en matière linguistique.
De chaque côté de la rivière des Outaouais, se regardent deux systèmes, le québécois et lontarien, aux multiples différences : fiscalité, enseignement, santé, commerce, environnement, main-doeuvre, transports, etc. Ces particularités sont exacerbées à la fois par la disproportion démographique entre les deux rives de lOutaouais (24,5 % en 1996 pour la région métropolitaine de recensement (RMR) de Hull et 75,5 % pour celle dOttawa) et par le poids économique inégal entre le Québec (21,5 % du PIB canadien en 1998) et lOntario (41,5 %). Ces inégalités assurent à la partie ontarienne plus de services qu'à sa contrepartie québécoise dont le relatif sous-développement ressort d'autant. Dans certains domaines, léducation par exemple, le sous-équipement de la région outaouaise est flagrant. Ces inégalités colorent les différences culturelles, la rive québécoise étant essentiellement de langue et de culture françaises - en 1996, 82,9 % de la population de la ville de Gatineau y a le français comme langue dusage, 81 % pour la RMR de Hull, -, et la rive ontarienne, principalement de langue anglaise - 76,3 % de la population de la RMR dOttawa a langlais comme langue dusage. Le fait que 11,9 % de la population gatinoise soit de langue maternelle anglaise - 14,1 % pour la RMR de Hull, 15,8 % pour lOutaouais - vient marquer encore plus lopposition régionale. La minorité anglophone augmente la force de langlais, alors que linverse nest pas vrai. Les francophones de la RMR dOttawa, qui représentent 18,4 % de la population totale, ne jouent pas le même rôle. Leur importante assimilation, 24,7 % en 1996, à la langue anglaise a tendance, au contraire, à jouer contre le français. Un exemple parmi dautres est la langue des circulaires distribuées de chaque côté de la frontière. Si certaines grandes chaînes les publient en anglais dans la RMR dOttawa et en français dans celle de Hull, dautres, nombreuses, telles Zellers, Loeb, Loblaws, Rona, Réno-Dépôt, Métro, Jean Coutu, Pharmaprix, Super C, Maxi, etc. préfèrent les bilinguiser pour la section québécoise tout en conservant lunilinguisme anglais pour la partie ontarienne. Pourtant, la communauté francophone de la RMR dOttawa est plus importante que la communauté anglophone de la RMR de Hull. Ces entreprises, non seulement font-elles peu de cas des francophones ontariens, mais elles travaillent également à lassimilation des francophones du Québec. Léconomie de la ville de Gatineau est intégrée à celle dOttawa-Carleton : en 1991, 25 825 résidents de la RMR de Hull travaillent pour la fonction publique fédérale, du côté québécois ou du côté ontarien, et 30 445 autres pour des entreprises ontariennes, au total 47,7 % de lemploi. En 1996, pour la ville de Gatineau, ce sont 41 430 personnes qui se déplacent vers lEst ontarien chaque matin, soit 39,8 %. Cette dépendance envers le gouvernement fédéral et les entreprise ontariennes nest pas sans avoir dimportantes conséquences sur le plan linguistique. Quand un francophone travaille dans une entreprise ontarienne, la langue de travail est langlais. Quand il travaille pour le gouvernement fédéral, que ce soit du côté québécois ou du côté ontarien, la situation est généralement la même que dans lentreprise privée en Ontario. Alors que la Loi sur les langues officielles reconnaît aux fonctionnaires francophones de la région de la capitale fédérale le droit de travailler en français, seulement 11 % des francophones peuvent rédiger en français tout le temps ou la plupart du temps, 77 % des francophones doivent communiquer en anglais avec leur superviseur et 76 % des francophones affirment que langlais sert exclusivement ou la plupart du temps lors des réunions internes, selon une enquête du Commissariat aux langues officielles de mai 19951. Dans les régions voisines de Gatineau et dOttawa, en 1997, 39 % de la fonction publique fédérale, soit 23 796 personnes, et 35 % de la GRC et des institutions et organismes pour lesquels le Conseil du Trésor nest pas lemployeur, soit 8 164 personnes, sont de langue française2. Ces 31 960 fonctionnaires francophones qui vivent sur les deux rives de la rivière des Outaouais travaillent très majoritairement en anglais. Pour eux, le français est une langue quon laisse chaque matin à la maison... après avoir baissé le chauffage pour quelle se conserve mieux ! Cet état de fait exerce dénormes pressions en faveur dune bilinguisation de la ville de Gatineau, comme de lOutaouais tout entier, et par voie de conséquence favorise langlicisation des francophones et des allophones de la région.
Au plan politique, la deuxième caractéristique de la ville de Gatineau est que, par rapport au Québec et à Québec, elle est excentrique. Dans un tel contexte, par rapport à des villes comme Trois-Rivières et Sherbrooke, dimportance comparable, la ville de Gatineau est isolée. Pour reprendre les termes mêmes de la Commission des choix stratégiques, « [n]otre humeur collective est [...] agitée par un sentiment disolement » (p. 10). Par rapport à la collectivité québécoise, ce sentiment se cristallise autour de l'autoroute de lOutaouais (communément appelée autoroute 50) qui se fait attendre depuis toujours. être une région excentrique par rapport à Québec et au Québec a des conséquences pour la ville de Gatineau et tout lOutaouais. Même si Gatineau est la cinquième ville du Québec, et sa région, la troisième région urbaine du Québec, la région est sous-équipée: institutions denseignement, services de santé, réseau routier, équipements culturels, etc. Ce sous-équipement explique la dépendance de lOutaouais envers les infrastructures ontariennes, laquelle recoupe celle en matière demploi et oblige souvent la région à fonctionner dans une autre langue et une autre culture, au travail ou ailleurs. Le phénomène crée une acculturation. Cest ce qui en partie explique que, en règle générale, les indicateurs de bien-être, autre quéconomiques ou matériels, se situent sous la moyenne québécoise.
Ce qui se passe dans léducation en Outaouais illustre de façon exemplaire les conséquences dune anglicisation trop présente et son corollaire, lacculturation. Sur le plan éducatif, lOutaouais est caractérisé par deux phénomènes. Parce quil sagit dune région où la demande en diplômés de tous ordres est très forte à la fois à cause de la présence du gouvernement fédéral, mais aussi des entreprises de haute technologie, sy retrouve donc une forte proportion de diplômés. En fait, sur ce plan, la région est plus scolarisée que lensemble du Québec. En haut de la pyramide, 13,3 % ont un diplôme détudes universitaires en Outaouais contre 12,2 % pour le Québec. Puis, petit à petit, lécart se resserre et sinverse. Si en Outaouais, il y a plus de diplômés postsecondaires quau Québec, il est normal quen bas de la pyramide, il y ait plus de diplômés du secondaire au Québec (17,5 %) quen Outaouais (16,1 %). Ce quil y a danormal, cest que le pourcentage de la population nayant pas de diplôme détudes secondaires soit plus important en Outaouais (19,9 %) quau Québec (17,4 %). Le phénomène est une conséquence, entre autres, de la défrancisation de la société outaouaise et de lacculturation qui sensuit. Normalement, une population à haut niveau de scolarité ne produit pas un haut niveau de décrocheurs. Tableau 1.1 Population active âgée de 15 ans et plus selon le plus haut niveau de scolarité atteint, Outaouais et ensemble du Québec, 1996
Source : Recensement 1996, Statistique Canada Le phénomène est encore plus palpable si on ne cible que la population des 15 à 24 ans. En Outaouais, 43 % des jeunes de 15 à 24 ans nont pas de diplôme détudes secondaires contre 36,9 % pour le Québec. Pire, tous les indicateurs de scolarisation montrent que lOutaouais scolarise moins ses jeunes que le Québec. Tableau 1.2 Population active âgée de 15 à 24 ans selon le plus haut niveau de scolarité atteint, Outaouais et ensemble du Québec, 1996
Source : Recensement 1996, Statistique Canada
2- LOutaouais linguistique Cette double caractéristique de la ville de Gatineau a des conséquences importantes sur les plans linguistique et culturel. Quelques données comparatives permettront de les mesurer. Normalement, une langue majoritaire sur un territoire donné y jouit dune force dattraction qui lui permet dassimiler les autres langues. Ainsi, dans la RMR dOttawa, langlais, qui est majoritaire, possède cette force dattraction. En 1996, ses locuteurs anglophones augmentent de 17,5 % au détriment des francophones (- 24,7 %) et des allophones (- 40,9 %). à Gatineau, le français na pas cette force dattraction : son nombre de locuteurs augmente à peine de 0,1 % ou 129 personnes. Pour la RMR de Hull, on assiste à une légère diminution de 0,1 % ou 290 personnes. Ce nest pas le français qui se conduit comme la langue de la majorité dans la ville de Gatineau, mais bien langlais dont les locuteurs augmentent de 14,7 % en 1996 - de 13,7 % pour la RMR de Hull. Tableau 2.1 Langue maternelle, langue dusage et solde des transferts linguistiques, RMR-HULL, Gatineau et RMR-Ottawa, 1996
a Comprend Buckingham, Masson-Angers, Gatineau, Hull, Aylmer, Val-des-Monts, Cantley, Chelsea, municipalité de Pontiac, La Pêche. b Comprend Clarence, Rockland, Cambridge, Casselman, Russell, Osgoode, Cumberland, Gloucester, Vanier, Rockcliffe Park, Nepean, Ottawa, Rideau, Kanata, Goulbourn, West Carleton, South Gower. Source : Recensement du Canada, 1996. Le tableau 2.2 montre que les soldes des transferts linguistiques favorisent langlais, alors que si le français se conduisait en langue majoritaire à Gatineau, ou dans la RMR de Hull, il attirerait à lui lensemble des transferts linguistiques comme cest le cas pour langlais dans la RMR dOttawa. Dans les faits, ce sont les locuteurs francophones qui sassimilent à la langue anglaise. Tous les autres indicateurs en matière linguistique sont à lavenant. Les bilingues sont normalement les minoritaires. Les tableaux 2.2 et 2.3 montrent que, dans la RMR dOttawa, ce sont les francophones et les allophones qui assument le bilinguisme. à Gatineau, ou dans la RMR de Hull, la normalité voudrait que ce ne soit pas la langue majoritaire qui assume le bilinguisme. Pourtant ce nest pas le cas. Les francophones sont plus bilingues que les anglophones. Tableau 2.2 Connaissance des langues, Gatineau, RMR-HULL et RMR-Ottawa, 1996
Source : Recensement du Canada, 1996. La différence de comportement en matière linguistique est évidente. Lorsquon met en rapport la langue dusage et la connaissance des langues, il est évident que ce sont les francophones qui assument le bilinguisme. à Gatineau, ce sont les francophones (62,6 %) qui sont nettement plus bilingues que les anglophones (50,7 %). Tableau 2.3 Connaissance des langues, Gatineau, RMR-Hull et RMR-Ottawa, 1996
Source : Recensement du Canada, 1996. 3- Gatineau en 2026 : une ville de langue et de culture françaises Sur le plan linguistique, Gatineau ne se conduit pas comme une ville majoritairement de langue française. Le fait quelle soit frontalière à lOntario et excentrique par rapport à Québec nest pas étranger à ce comportement. Dans ses choix stratégiques, la Commission doit donc prendre en compte ce phénomène pour fixer les politiques linguistiques des vingt-cinq prochaines années. Pour Impératif français, en matière de langue, la ville de Gatineau dans 25 ans, doit être une ville de langue et de culture françaises. Mais simplement le dire ne suffit pas. Pour y arriver, pour sen assurer, la Ville de Gatineau doit prendre les moyens pour minimiser les impacts négatifs sur les plans culturel et linguistique dun contexte régional particulier et prendre des mesures de promotion de la langue et de la culture françaises. En 1996, la nouvelle ville de Gatineau était à 82,9 % francophone, à 11,9 % anglophone et à 5,2 % allophone. Individuellement, chacune des anciennes villes était majoritairement francophone : 61 % pour Aylmer (33,1 % pour les anglophones et 5,9 % pour les allophones), 81 % pour Hull (9,1 % et 9,1 %), 89,3 % pour Gatineau (7 % et 3,7 %), 88,6 % pour Buckingham (10,9 % et 0,5 %), 95,6 % pour Masson-Angers (3,9 % et 0,5 %). Pourtant, malgré son poids démographique nettement supérieur, le français assimile peu (0,07 %), tandis que langlais, avec un poids démographique bien moindre, assimile beaucoup (14,7 %). La langue anglaise performe 210 fois plus que la française. à la lumière de ces données, il est évident que, dans le contexte outaouais très particulier, toute politique de bilinguisme va automatiquement favoriser la langue la plus forte, soit langlaise, dautant que les francophones gatinois sont plus bilingues que leurs homologues anglophones : 62,6 % contre 50,7 % (Gatineau, 1996). Il serait donc irresponsable dinstaurer des politiques linguistiques de bilinguisation qui, à Aylmer, maintiennent langlicisation des francophones et des allophones. En effet, alors que la population anglaise minoritaire y augmente de 19,1 %, la population française, pourtant majoritaire, diminue de 5,4 %. En appliquant des mesures de bilinguisation, par exemple la distribution de ses documents dans les deux langues à lensemble des citoyennes et citoyens, la Ville ne fait plus la promotion de la langue française, mais bien plutôt favorise lunilinguisme des anglophones et le bilinguisme des francophones. Des mesures de ce type ne permettront jamais que le français devienne la langue dusage public (administratif et commercial) à Gatineau et en Outaouais. Dune part, le gouvernement du Québec na jamais eu comme intention avec la fusion des cinq grandes villes de lOutaouais, de faire en sorte quelles se bilinguisent. Lobjectif en était un de rationalisation administrative, déquité en matière de taxation, damélioration du développement économique en éliminant les oppositions locales. Dautre part, la Charte de la langue française, bien quelle permette dassurer, par mesure de courtoisie, certains services à caractère individuel en langue anglaise, na jamais eu comme objectif de bilinguiser les documents, ladministration et les services de la nouvelle ville de Gatineau, comme le souhaitent certains membres de la communauté anglophone. à ce propos, il est bon de rappeler que, lors des débats sur la loi 86, Claude Ryan avait précisé que la possibilité dafficher dans les deux langues au Québec devait être perçue comme restrictive. à partir du moment où tous les grands magasins et commerces lappliqueraient, cela irait à lencontre de lesprit de la loi. Quand la charte permet doffrir un document en anglais, ce nest pas pour quil y ait bilinguisation de lensemble des documents offerts aux citoyens. Il sagit de rendre légales des mesures de courtoisie, par exemple émettre un compte de taxe en version anglaise uniquement aux citoyens qui en font expressément la demande. Invoquer des règlements de la Charte pour bilinguiser la ville de Gatineau, cest obliger Québec à promulguer de nouveaux règlements plus restrictifs. La Ville de Gatineau a un rôle à jouer dans le maintien et lépanouissement de la langue et de la culture françaises non seulement à lintérieur de ses frontières mais dans tout lOutaouais. Y faire du français une langue majoritaire normale, qui attire donc autant que langlais assimile dans le reste du Canada, nest pas en soi un problème linguistique. Intrinsèquement, toutes les langues se valent, puisquelles permettent toutes de communiquer. Leur inégalité, phénomène incontestable, sexplique par des facteurs extrinsèques, soit démographique, politique, économique, social ou culturel. Cest donc en jouant sur les différents facteurs quon vitalise une langue ou quon laffaiblit. La Ville de Gatineau doit, en fonction de ses moyens, prendre des mesures pour assurer la vitalité de la langue française. Bien évidemment, elle ne peut agir sur lensemble des facteurs. Elle nen a ni les pouvoirs politiques ni les moyens financiers. Ainsi, elle ne peut guère obliger le gouvernement fédéral à respecter ses propres règles en matière de langue de travail. Mais, toujours dans la mesure de ses moyens, elle peut jouer un rôle important dans le maintien et lépanouissement de la langue française, même si le contexte régional - ville frontalière et excentrique - limite sa marge de manoeuvre. Par exemple, elle peut cibler tout particulièrement les francophones ontariens dans ses campagnes pour attirer de nouveaux résidants, afin de maintenir le poids démographique de la langue française. Dans son travail de prospection de nouvelles entreprises, la Ville de Gatineau devra toujours être très claire en ce qui a trait à la langue de travail sur le territoire québécois. à la lumière des constats précédents, pour Impératif français, en 2026, la ville de Gatineau doit être une ville de langue et de culture françaises. Pour sassurer que cette vision davenir se concrétise, la Ville doit affirmer clairement que le français est la langue de la nouvelle ville de Gatineau et la langue dusage public sur son territoire. à ces principes de base, doivent sajouter des pratiques concordantes. Il est inutile daffirmer que la ville de Gatineau est une ville française et du même souffle distribuer ses documents dans les deux langues, présenter des vidéos bilingues, avoir un système téléphonique qui commence par orienter langlophone avant même de lavoir fait pour le francophone4, offrir des activités en anglais ou bilingues, obliger la fonction publique municipale dêtre bilingue, etc. Il ne faudrait pas, comme le font trop régulièrement les politiciens, faire par la porte den arrière le contraire des principes énoncées « à la porte den avant ». Parce quelle est frontalière à lOntario et excentrique au Québec, la ville de Gatineau aura à faire face à dimportantes pressions en faveur dune bilinguisation, dautant que la minorité anglaise recevra lappui de la communauté anglophone de lOntario, comme lillustre limplication de lOttawa Citizen et de lAlliance canadienne. Il faudra donc au conseil de la nouvelle ville de Gatineau un courage certain. Limportant est que dans 25 ans, en 2026, la ville de Gatineau soit résolument de langue et de culture françaises. 1. Commissaire aux langues officielles, Langue de travail
dans la région de la capitale nationale, p. 7, 9, 11.
Source : Impératif français Tél. : (819) 684-8460 ; téléc. : (819) 684-5902 Site Internet : www.imperatif-francais.org La reproduction et la diffusion de ce mémoire seront grandement appréciées. Merci ! |
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