| Mercredi, 13 février 2002 21:39 | L'ASSIMILATION : DU BERCEAU À LA TOMBE... |
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L'ASSIMILATION : DU BERCEAU à LA TOMBE... Sylvain Forest Depuis des années, je remarque que beaucoup de familles francophones du Québec et du Canada donnent des prénoms d'origine anglophone à leurs nouveau-nés. Des prénoms comme Kevin, Alexandra, Steve, Patricia, William et bien d'autres feraient plaisir à nos voisins anglophones. Pourtant, dans bien des cas, les deux parents parlent français à la maison et la plupart de ces familles viennent de régions à 95% francophones, comme la Mauricie Bois-Francs ou la Beauce. Cela ressemble beaucoup à l'Ontario et même aux états-Unis : Shawn Thériault, commerçant de Boston, que j'ai rencontré il y a quelque temps, n'a jamais parlé français et fut même très étonné que le français se parle encore en Canada... Autre exemple, une policière d'Ottawa, unilingue anglophone, dont le nom de famille est Poirier et le prénom, plutôt anglophone. On voit comme l'assimilation a fait son oeuvre ! C'est une situation qui mérite réflexion surtout quand on sait que la région outaouaise est une des régions du Québec où le français est le plus menacé; il ne faudrait pas que cela s'étende au reste du Québec. En me promenant dans des cimetières de la région -un passe-temps qui n'a rien de morbide mais plutôt à caractère historique, car ces lieux regorgent de jalons du passé - j'ai remarqué une chose « amusante » sur certaines pierres tombales. Tout d'abord, des couronnes de fleurs mortuaires sur des tombes récentes, avec l'inscription "MOM & DAD". Pourtant, les familles étaient francophones, du moins, les deux conjoints l'étaient... En plus, certaines inscriptions sont rédigées en anglais. La raison est-elle économique, comme des coûts moindres pratiqués par des fournisseurs anglophones, ou s'agit-il de la manifestation d'une aliénation inconsciente, certaines gens étant tellement assimilés qu'ils ne s'en rendent même pas compte? à l'occasion des Fêtes, cette année, j'ai reçu des cartes de souhaits rédigées en anglais ! Finalement, si, un jour, j'ai des rejetons, je les nommerai : Télésphore, Bibianne, Thérèse, Pétrus, ou d'autres prénoms typiquement ancestraux. Comme cela, il restera encore un siècle de francophonie au Québec et au Canada. Et, je me ferai incinérer... en français s'il vous plaît !
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