| Samedi, 23 février 2002 23:19 | DES IMMIGRANTS CONTOURNENT LA LOI 101 |
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DES IMMIGRANTS CONTOURNENT LA LOI 101 La constitution canadienne et les jugements des tribunaux ont ouvert la porte à ce mouvement vers l’anglicisation. Le texte suivant publié dans le Journal de Montréal du 15 février 2002 vient à sa façon corroborer l’étude RECUL DE L’ENSEIGNEMENT EN FRANÇAIS AU QUéBEC de M. Jean Dorion et les textes suivants aussi publiés dans notre site Internet : DÉFRANCISATION DU SYSTÈME SCOLAIRE QUÉBÉCOIS HAUSSE DES INSCRIPTIONS FRANCOPHONES DANS LES ÉCOLES ANGLAISES ANGLICISATION DES ÉCOLES QUÉBÉCOISES Laurent Soumis « ça n’a plus de bon sens », affirme Mme Marie Lahaie, directrice de l’école Barthélémy-Vincent. C’est une grosse brèche dans la loi 101 que le gouvernement doit absolument et rapidement colmater. » Son école, spécialisée dans la francisation des jeunes élèves, est la plus touchée par la vague d’anglicisation. L’école a été rebaptisée hier soir par la Commission scolaire de Montréal du nom du père de la loi 101, Camille Laurin. Vingt-cinq ans après l’adoption de la Charte de la langue française, le docteur Laurin serait sûrement fier du travail de francisation des enseignants. Il le serait sûrement un peu moins du trou constitutionnel dans lequel s’engouffrent de plus en plus les enfants des nouveaux arrivants. Une première année payante Le principe général de la loi 101 veut que les immigrants fréquentent l’école française. C’est d’ailleurs ce qu’ils font à « l’école Camille-Laurin » en s’inscrivant dans les classes de prématernelle et de maternelle où ils apprennent le français. Mais c’est au moment du passage en première année que les choses se gâtent. Cette année, par exemple, 44 élèves ont choisi de s’inscrire en première, mais dans une école privée anglophone non-subventionnée. Selon la directrice, certains parents payent jusqu’à 3 000 $ pour cette inscription. Au terme de cette première année passée dans un établissement privé en anglais, ils pourront prétendre avoir passé la majeure partie de leur scolarité (un an sur un an) dans le secteur anglophone. Ils pourront alors s’inscrire en toute liberté à l’école publique anglaise pour la suite de leurs études. Toute leur famille, frères ou soeurs, gagneront alors le droit à l’école anglaise. Un effet de 1982 C’est la constitution canadienne, rapatriée unilatéralement en 1982 (et je rajoute sans le consentement du Québec), et les jugements des tribunaux qui ont suivi (dont un de la Cour supérieure qui fait actuellement l’objet d’un appel) qui ont ouvert la porte à ce mouvement vers l’anglicisation. « Avec un tel système, le réseau francophone va continuer à décroître sur l’île de Montréal », affirme la directrice Marie Lahaie. à Québec, la ministre responsable de la Charte de la langue française, Diane Lemieux, a promis, comme d’autres avant elle, de colmater la brèche. Elle dit maintenant avoir en main un avant-projet de loi. Dans les écoles francophones de Montréal, on souhaite qu’elle passe rapidement à l’action. LES PROFS DéMORALISéS C’est un dur coup pour les professeurs qui investissent énormément pour la francisation de ces enfants », affirme Louise Bélanger, enseignante depuis 14 ans à l’école Camille-Laurin. « C’est vraiment démoralisant, explique-t-elle. Souvent les enfants ont fréquenté la prématernelle et la maternelle. Ils parlent français. Or on sait qu’une fois partis, ils perdront l’usage de cette langue. » à chaque fois, Louise Bélanger affirme tout tenter, comme ses collègues, pour convaincre les parents de demeurer dans le réseau francophone. On fait valoir la disponibilité de services spécialisés, d’orthophonistes. On leur dit que leur enfant apprendra l’anglais, langue seconde, dès la troisième année. C’est souvent peine perdue. Pour le réseau scolaire francophone, cette saignée annuelle n’atteint pas encore l’ampleur d’une hémorragie. Une dure saignée Mais dans une école comme Camille-Laurin, où 70% des élèves viennent de familles d’immigrants, elle complique les prévisions annuelles et entraîne souvent la fermeture de classes et la réaffectation d’enseignants. « Il ne faut surtout pas montrer les parents du doigt, plaide la directrice Marie Lahaie. Du point de vue des immigrants, c’est d’abord la survie économique qui compte. Et plusieurs croient que ce sera plus facile en anglais. Les parents agissent alors en fonction de ce qu’ils croient être le mieux pour les enfants. « Au-delà des changements législatifs qui pressent, le gouvernement doit dire et redire aux immigrants que l’école française n’est pas une punition pour les enfants. On peut très bien réussir et vivre au Québec en français. » DES CHIFFRES INQUIéTANTS
(Ce texte nous a été communiqué par notre correspondante, Mme Hélène Jetté) |
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