| Mardi, 11 juin 2002 17:21 | DÉPORTATION CULTURELLE |
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DéPORTATION CULTURELLE Impératif français demande au gouvernement canadien et à la Société canadienne des postes (SCP) de réexaminer leur décision de fermer le Centre de traitement du courrier de Hull (CTCH) pour tout centraliser en Ontario à l établissement du traitement de courrier dOttawa (ETCO). Cette décision guidée par des impératifs politiques et de gestion aura comme conséquences désastreuses, entre autres, de déraciner culturellement les employés puisqu'ils seront alors obligés de travailler dans une autre langue que la leur en Ontario. Le site Internet de la SCP nous révèle que « la Société canadienne des postes a déclaré un bénéfice net de 67 millions de dollars sur des revenus de 4,4 milliards de dollars pour l'exercice qui a pris fin le 31 décembre 2001 et versé un dividende de 21 millions de dollars à l'actionnaire, le gouvernement du Canada...». Il n'y a donc aucune raison financière pour que la Société des postes travaille à l'assimilation des francophones.Le président d'Impératif français, M. Jean-Paul Perreault, demande donc au gouvernement de renverser sans tarder cette décision acculturante de la Société canadienne des postes. D'autant plus que cette décision aura pour effet de faire perdre des dizaines demplois directs et indirects en Outaouais. Les Québécois sont en droit, en retour de leurs taxes et impôts fédéraux, de conserver et même daugmenter leur juste proportion d'emplois fédéraux. Ils doivent aussi pouvoir travailler en français. Impératif français appuie donc le Syndicat des travailleurs et travailleuses des Postes de lOutaouais et ses membres qui refusent, à juste titre, cette déportation vers langlais, ce déracinement culturel, ce milieu de travail assimilateur. « Nous connaissons tous le sort peu enviable que le gouvernement canadien réserve aux francophones et à langue française au Canada. Voilà pourquoi nous accordons notre appui aux revendications légitimes des travailleurs et travailleuses du Centre de traitement du courrier de Hull », de déclarer le président d'Impératif français. Quelques adresses électroniques utiles : M. André Ouellet M. Jean Chrétien M. Stéphane Dion M. Marcel Proulx Les deux articles suivants sont extraits du journal LeDroit : Postes Canada: francophones isolés et pointés du doigt Des employés francophones du Centre de traitement postal du secteur Hull ne veulent pas revivre le cauchemar qu'ils disent avoir déjà vécu dans le passé lorsqu'ils seront transférés à Ottawa en octobre prochain. Des employés parmi le groupe des 26 touchés par ce transfert au Centre de traitement du courrier d'Alta Vista ont décidé de parler publiquement des années d'enfer qu'ils ont passé parce qu'ils avaient insisté pour travailler en français du côté d'Ottawa pour Postes Canada. Ils espérent ainsi alerter l'opinion publique au sort qui est réservé à ceux qui insistent pour travailler uniquement en français du côté d'Ottawa au sein de la société, espérant ainsi qu'elle renverse sa décision. "C'est très subtil et pas facile à prouver. Mais nous croyons que c'est un haut milieu d'assimilation où les francophones n'ont pas de place et les gens le leur laissent savoir. "Ils ne veulent pas des francophones qui vont revendiquer leur droit de travailler en français", a fait savoir hier Philippe Arbour, président de la section locale du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, accompagné de Carol Strasbourg, également du STTP. Le syndicat fait circuler présentement une pétition pour maintenir le centre de Hull ouvert et multiplie les interventions auprès des politiciens locaux afin de les sensibiliser. La fermeture pourrait faire partie d'une tactique de négociation, selon le syndicat, mais les employés disent vivre un stress important depuis, surtout qu'ils devront se contenter de travailler de nuit, dans un environnement où déjà "l'arrivée des 26 séparatistes", aurait-on même entendu dire récemment sur le plancher du Centre Alta Vista, fait déjà beaucoup jaser. Isolés et pointés du doigt Les employés ont expliqué que même si on compte un grand nombre de francophones au Centre de traitement d'Alta Vista, ceux qui insistent pour que les réunions de travail se déroulent en français sont pointés du doigt et isolés de la majorité des autres employés francophones qui acceptent que les communications avec les superviseurs se déroulent en anglais. Non seulement craignent-ils enco- re d'être isolés parce qu'ils exigent de travailler en français, mais ils soutiennent qu'il n'y a pas de chances d'avancement pour les francophones du côté d'Ottawa. "Moi, j'ai complètement refusé de parler en anglais lorsque j'ai travaillé là-bas de 1989 à 1992 et ils étaient obligés de me parler par signes parce que les superviseurs étaient unilingues anglophones", a raconté M. Leduc, un francophone élevé à Ottawa avec des anglophones qui tient à faire respecter son droit de travailler dans sa langue maternelle. "Je n'ai absolument rien contre les anglophones, je veux simplement qu'on respecte mon droit de travailler dans ma langue", tient-il à préciser. M. Leduc avait d'ailleurs porté plainte au Commissariat aux langues officielles qui, dans un rapport daté de décembre 1992, lui avait donné raison parce que sur les 51 superviseurs de la division Rideau (Ottawa), 23 étaient unilingues anglophones. Le rapport d'enquête recommandait à la Société des postes d'accroître les capacités bilingues des surveillants, mais insistait pour encourager les employés francophones à exercer leurs droits linguistiques au Centre de traitement d'Ottawa. "J'aimerais savoir si ces personnes seront encore là quand je vais retourner et savoir si elles sont devenues bilingues depuis le temps", a raconté M. Leduc, qui craint le pire en pensant qu'il pourrait être forcé de retourner travailler de nuit avec des surperviseurs unilingues anglophones. "Je suis un francophone d'Ottawa, parfaitement bilingue. Mais j'ai le droit de travailler dans ma langue. Et si mes droits sont encore bafoués, c'est certain que je vais porter plainte", a d'ailleurs averti M. Leduc. Une autre employée touchée par le transfert a raconté comment elle a vécu un véritable enfer lorsqu'elle a eu à travailler à Ottawa sans aucune connaissance de l'anglais. à l'aérogare d'Uplands, elle travaillait souvent de nuit ou de soir, sans superviseur francophone, et c'est souvent un autre employé francophone qui l'aidait pour comprendre ce qu'elle devait faire. Quand elle s'est retrouvée de 1998 à 2000 au Centre d'Alta Vista, elle dit avoir elle aussi vécu l'enfer. "Lors des réunions avant les quarts de travail, les directives sont données en anglais pendant une quinzaine de minutes et, par la suite, les francophones sont placés dans un coin où on leur offre un résumé de deux minutes et ça, c'est quand on pouvait l'avoir", a-t-elle raconté. Mais ce n'est pas uniquement avec les directives sur le plancher qu'elle a eu des problèmes. Car les employés de Hull, qui relèvent de la direction Rideau du côté ontarien, ont du mal à obtenir des informations en français pour les questions de ressources humaines. "Quand j'ai eu à prendre un congé de maternité en 1998, j'ai eu beaucoup de problèmes parce que c'était toujours en anglais avec le siège social. "Quand on demande d'être servi en français, on sent dans le ton de voix et sur les visages que ça dérange", a raconté Mme Cormier. Avec le transfert à Ottawa, cette mère de deux enfants craint maintenant de perdre le poste de jour qu'elle occupe à Hull pour se retrouver de nuit à Alta Vista. "Tellement bien à Hull" "Il va falloir que je trouve une gardienne et changer complètement mes horaires. Pourtant, j'étais tellement bien à Hull, surtout que je pouvais travailler dans un environnement où je pouvais travailler dans ma langue. C'est certain que j'étais plus à l'aise", a expliqué Mme Cormier. Pierre Benoit, un facteur qui avait tenté sa chance comme facteur à Ottawa afin d'obtenir un poste permanent, parle de son expérience passée à Ottawa comme un vrai cauchemar. Il a travaillé au bureau de Merivale, où malgré le nombre de francophones, il est presque impensable de travailler en français, a-t-il raconté hier. "En 22 années de service, je peux dire que j'ai passé là les pires huit mois de ma vie. "Il m'arrivait souvent que le surperviseur m'explique quelque chose en anglais et si je ne faisais pas le travail correctement parce que j'avais mal compris, j'étais blâmé", a raconté M. Benoit. Même si M. Benoit n'est pas touché par le transfert, il voulait quand même raconter comment il avait été difficile pour lui comme francophone de travailler dans un bureau de poste du côté d'Ottawa, là où il ne voudrait pas retourner, comme ses confrères et consoeurs. ********** Postes Canada fermera son centre de traitement du courrier situé au 186 de la rue Jean-Poulx dans le secteur Hull à Gatineau d'ici septembre 2002. Les opérations seront tranférées au Centre de traitement du courrier d'Ottawa, sur le chemin Alta Vista. La fermeture n'entraînera aucune mise à pied et les 26 employés seront réaffectés dans les établissements postaux d'Ottawa ou Gatineau, a confirmé hier François Legault, porte-parole de la Société canadienne des postes. "Il y a des choses qui restent à décider mais personne ne sera mis à pied. Les employés vont être réaffectés dans les établissements postaux d'Ottawa ou de Gatineau", a indiqué M. Legault. Du côté syndical, un porte-parole du syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, Carol Strasbourg, a expliqué que la fermeture sera définitivement contestée puisque le transfert des employés, qui comptent tous plus de 20 années de service, contreviendrait à la convention collective. "Nous allons nous rencontrer la semaine prochaine pour nous organiser. Mais il est certain que nous allons contester cette décision parce qu'elle contrevient à la convention collective des employés", a fait savoir M. Strasbourg. Selon ce dernier, les employés transférés au centre d'Alta Vista se retrouveraient dans un milieu où la langue de travail est l'anglais, plutôt que le français. Or, selon l'article 53,24, un employé n'est pas tenu d'accepter un déplacement dans un établissement postal où la langue de travail n'est pas la sienne. "C'est la troisième fois que Postes Canada essaie de fermer le centre de Hull et nous n'avons pas l'intention de les laisser faire", a dit M. Strasbourg. "Les employés travaillent en français à Hull mais ils seraient obligés de travailler en anglais au centre de traitement d'Alta Vista. Un transfert à Ottawa changerait radicalement leur façon de travailler", ajoute-t-il. Selon M. Strasbourg, la plupart des employés, même s'ils comptent plus de 20 années de service, se retrouveraient sur des quarts de nuit en allant travailler à Alta Vista. "Alors, vous pouvez croire que leur vie va changer énormément, surtout que tous ces travailleurs vivent du côté québécois et que certains d'entre eux n'ont pas d'auto. Il va falloir qu'ils se réorganisent complètement", a ajouté M. Strasbourg. La raison invoquée par Postes Canada est essentiellement économique puisque avec la fermeture permettra une économie d'environ 300 000 $ par année. Pour ce qui est de la langue de travail, Postes Canada a souligné que les chefs d'équipe au Centre Alta Vista sont bilingues et que les communications avec les employés sont faites dans les deux langues. "Oui, il y a de l'anglais mais il y a aussi du français qui se parle à Alta Vista. Toute la correspondance est faite dans les deux langues avec les employés, incluant les notes de services. Quant aux chefs d'équipe, ils sont tous bilingues", a fait remarquer M. Legault. à Postes Canada, on a expliqué par ailleurs que la majorité du courrier de l'Outaouais québécois est traité à Ottawa alors que le courrier traité au centre situé dans le secteur Hull était surtout le courrier "non machinal", comme les colis et objets surdimensionnés. Toutes ces opérations seront désormais concentrées à Ottawa Jean-Paul Perreault |
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| 28.05.2012 à 19h30 - GUY PERREAULT |