| Vendredi, 01 février 2002 20:59 | CANADA - ON A TROUVÉ LENNEMI... CEST LUN DE NOUS ! |
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STéPHANE DION C omment peut-on garder son calme et continuer de croire à la politique des deux langues officielles du Canada lorsque le Ministre Stéphane Dion, responsable de lapplication de la Loi sur les langues officielles, nous dit quil faut arrêter de lutter pour la reconnaissance du Français en ayant recours aux tribunaux à cette fin.Le ministre laissait entendre que lapplication intégrale de la Loi coûtait cher et quil fallait faire des choix dans les dépenses gouvernementales. De telles réflexions nous amènent à conclure que le pire ennemi de la reconnaissance et de la promotion des deux langues officielles au Canada, ce nest pas tant la communauté linguistique anglophone quun de nos représentants francophones, de surcroît ministre responsable de lapplication de la Loi. On comprend mal qualors quil est à Toronto, le chef lieu du Gouvernement de lOntario, quil prend la parole devant un auditoire de juristes, quil peut faire une sortie sur limportance de reconnaître quil y a deux langues officielles au Canada, sur limportance de donner à la Ville dOttawa, un statut officiel bilingue, il laisse entendre que les droits des francophones doivent être relativisés. Il fallait plutôt leur rappeler que déjà depuis 1848, sous la Couronne britannique, la langue française a été reconnue comme lune des deux langues officielles du Canada, que les deux langues officielles ont un statut égal en loi et que la Loi sur les Langues Officielles de 1969 venait confirmer ces droits et en préciser lapplication. Il fallait leur parler de la nécessité de reconnaître que la Ville dOttawa nest pas une ville ordinaire comme les autres et quen conséquence le Gouvernement de lOntario se doit dagir de façon responsable en accordant à la Capitale du Canada un statut de ville bilingue. Il fallait laisser entendre que le Gouvernement du Canada est déterminé à prendre les moyens juridiques ou législatifs qui simposeront si par inadvertance le Gouvernement de lOntario refusait de répondre positivement à la demande formulée par la Ville dOttawa. En réponse à une lettre que je lui adressais en mai 2000, le ministre Dion me répondait : « Il est tout à fait raisonnable quOttawa, en tant que siège du gouvernement canadien, reflète dans sa vie civique notre dualité linguistique. Cest dans cet esprit que le Premier ministre du Canada sest entretenu avec le Premier ministre de lOntario sur limportance de reconnaître les deux langues officielles dans la nouvelle Ville dOttawa. Jai fait de même avec mon homologue, lhonorable Norman Sterling, ministre des Affaires intergouvernementales et leader parlementaire du gouvernement de lOntario. » Le ministre Dion concluait sa lettre : « Nous comptons continuer de favoriser, par tous les moyens possibles, la progression de la dualité linguistique à Ottawa en tant que siège du gouvernement canadien et Capitale de tous les Canadiens et Canadiennes. » Maintenant que la Ville dOttawa réclame laide financière du Gouvernement du Canada pour mettre en pratique le bilinguisme dans ses services municipaux, les bonnes intentions du gouvernement fédéral, et des ministres francophones Dion et Martin, ne semblent se mesurer quen signe de piastres. Le discours de Toronto renforce cette perception. Antoine L. Normand (Le 1er février 2002) |
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