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Dimanche, 16 décembre 2001 14:02
CRÉER UN NOUVEAU PAYS BILINGUE, UN PAYS DE LANGUE ANGLAISE Imprimer

CRéER UN NOUVEAU PAYS BILINGUE, UN PAYS DE LANGUE ANGLAISE
Le gouvernement du Parti québécois s’engage à mettre en vigueur plusieurs mesures anglicisantes.

Notre gouvernement, que je croyais aussi celui de nos amis, a fait connaître hier, par les voix de Mme Diane Lemieux et de M. François Legault ( qu'on nommera bientôt Lego avec ses nouvelles politiques) les modifications qu'il veut apporter à l'enseignement de la langue anglaise, pour l'amélioration du français bien sûr, et à la charte de la langue française. Débutons nos remarques, que d'aucuns voudront voir comme des critiques des politiques de notre gouvernement, en débutant par les politiques annoncées de Mme la Ministre Lemieux. Elle nous fait part qu'elle fera disparaître les quatre organismes de surveillance de l'application des politiques de la charte de la langue française par un seul organisme, afin de mieux coordonner les efforts de francisation des immigrants et du milieu du travail.

Donner une conférence de presse télévisée pour annoncer cette perle qui ne veut rien dire, c'est prendre les Québécois pour des cruches. Nos amis français diraient pour des cons. Ce que nous devons bien saisir par les propos de Mme la Ministre, c'est son impuissance à modifier les comportements des sociétés dirigées par les Anglophones qui ne veulent tout simplement pas utiliser notre langue dans leurs milieux de travail. Comme conseiller auprès de différentes sociétés j'ai pu le constater encore cette semaine auprès d'une compagnie à qui j'avais référé une candidate pour un poste de cadre intermédiaire, candidate que l'on refusée sous le prétexte que cette personne ne parlait pas assez bien l'anglais selon leurs exigences, alors qu'elle possède très bien cette langue. Je sais par ailleurs, que dans cette même société, des gens ne parlent pas ou très peu notre langue, et pourtant ils peuvent y travailler en toute tranquilité. Bien sûr, cette société possède son certificat de francisation.

Et Mme la ministre va continuer à perdre son temps et le nôtre, en tentant de convaincre ces gens du bien fondé de ses politiques, sans y mettre les inspecteurs requis puisque les anglais n'aiment pas cette intrusion dans leurs compagnies. Au fait, ils utilisent un moyen certain pour dévaloriser les quelques inspecteurs qui existent en les appelant les «polices de la langue«avec tout le dépit qu'ils attachent à ce mot. Et nos braves Québécois entrent dans le jeu de la culpabilisation en faisant leur, ce vocabulaire colonisateur et impérialiste, ne visant qu'à culpabiliser ceux et celles qui sont prêts à assimiler ce sentiment. Et ils sont plusieurs, et même majoritaires, avec qui cela fonctionne. Et c'est avec ce genre de politiques de la bêtise que l'on tente de rassurer les quelques Québécois qui tiennent à travailler en «français».

Quant à l'ineffable Ministre de l'éducation,( ministre que l'on devrait nommer ministre de l'instruction publique, en laissant l'éducation aux parents) cet homme d'affaires converti en homme politique, est venu confirmer que le Québec se dirigeait résolument vers le bilinguisme et la disparition de la langue française à moyen terme. Tout sourire, il nous annonce que depuis cette année les enfants de 3ème année de l'élémentaire font l'apprentissage de la langue anglaise et que bientôt, il suivront tous une immersion d'un semestre tout anglais afin de bien maîtriser cette langue. Il nous apprend que les élèves qui n'auront pas eu la chance (quelle chance?)de profiter de ces bains linguistiques pourront se rattraper au début du secondaire. Sans rire, ou plutôt avec le sourire de l'homme avili, il demande aux responsables des commissions scolaires de prendre tous les moyens pour faire profiter (sic) nos jeunes Québécois de cette nouvelle politique en leur demandant de planifier les cours en fonction de «sa» demande.

Il ajoute du même souffle, qu'il n'obligera pas les nouveaux Québécois ( lire les immigrants dans la langue utilisée par nos terroristes intellectuels) à poursuivre leurs études post-secondaires, dans les CEGEP de la langue française, mais qu'il entreprendra
une campagne pour les convaincre de s'y inscrire.

Bonne chance M. le sinistre Ministre. Avec Mme Lemieux vous remportez le prix de la bêtise. Et au CEGEP il propose que nos enfants étudient une troisième langue. Mais jamais, au grand jamais, n'a-t-il proposé que nos enfants soient libres d'étudier comme langue seconde, une autre langue que l'anglais. Et ce ministre du sourire béat de l'homme avili et content de l'être, nous apprend qu'il a établi des politiques pour l'amélioration de la langue française, alors que toutes ses politiques sont établies en fonction de l'apprentissage précoce, envers et contre tous les scientifiques, (mais ne sommes-nous pas, au pays du Québec, tous des gens plus intelligents que la moyenne, avec des fonctionnaires plus brillants que dans tous les pays du monde et capables de démontrer que ce qui a été vécu ailleurs ne peut être vrai pour le Québec)qui ont étudié ce phénomène de l'apprentissage précoce d'une langue seconde dans leurs différents pays. Mais je le répète, au Québec ce ne peut être pareil? Nos fonctionnaires, nos ministres et nos députés nous le disent, il faut donc prendre pour acquis leurs décisions. Comme les «rois» ils ne sont pas les serviteurs du peuple, même si la simple démocratie devrait les convaincre du contraire. Ces gens savent ce qui est bon pour leur peuple.

Le peuple n'a qu'à écouter et à voter. Pour eux bien sûr. Mais ce qui semble vrai pour eux, pourrait s'avérer faux le jour du scrutin. Il se pourrait que plusieurs Québécois se rendent compte qu'on construit pour eux un pays bilingue, qui ne pourra être un jour qu'anglais, puisque toutes les politiques annoncées ne peuvent qu'amener le peuple du Québec à un bilinguisme intégral, qui ne saurait déboucher sur autre chose qu'un pays de langue anglaise. Et l'Amérique du nord sera devenu anglaise pour le plus grand plaisir des Anglos-américains qui l'ont toujours voulu ainsi (dans ce cas-là , ce sont vraiment des Américains puisqu'il couvrira l'ensemble de l'Amérique du nord), avec la complicité naïve, et plus que probablement volontaire, de nos hommes et de nos femmes politiques.

Et il y a des personnes pour nous demander de bien réfléchir en refusant notre vote au Parti Québécois? Je leur pose la question suivante. Ne serait-il pas opportun de nous donner un parti indépendantiste, prônant la naissance de la République indépendante d'un Québec de langue «française»? Il reste encore au moins un an, avant la prochaine élection.

Jacques Bergeron
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(Le 15 décembre 2001)


 

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