| Mercredi, 29 novembre 2000 21:46 | UNE SOLUTION COLONIALE |
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UNE SOLUTION COLONIALE :Les conseils scolaires linguistiquesRodrigue Larose
L'un est dit catholique, l'autre protestant. Le Québec se distingue ainsi par ses deux réseaux scolaires parallèles complets sur le même territoire, bien que l'obligation constitutionnelle de maintenir les deux n'existe que pour Montréal et Québec et ne concerne que les écoles primaires et secondaires. Aucun pays développé ne se paie le luxe de deux réseaux scolaires parallèles. Mais, depuis deux ans, notre gouvernement travaille à réformer ce système biscornu... pour établir à nouveau deux réseaux. Cette fois, l'un sera dit francophone, l'autre anglophone. Les deux seront tout aussi complets... avec des garanties formelles supplémentaires aux anglophones : en plus des écoles primaires et secondaires actuellement enchâssées, les Québécois devront assurer la pérennité de leurs collèges et de leurs universités, ce que ne prévoit pas la Constitution actuelle. Les conseils scolaires linguistiques en échange des conseils scolaires confessionnels, c'est quasiment du pareil au même, dirait l'autre, bien que, il faut l'admettre, ce serait un moindre mal dans la région multiethnique métropolitaine où, comble constitutionnel, la majorité francophone confie au PSBGM fondamentalement anglais le soin de franciser les immigrants. Quoi qu'il en soit, le double réseau demeure une solution coloniale. Aucun pays non colonisé n'entretient, sur un même territoire, deux réseaux scolaires publics, l'un pour la majorité, l'autre pour la minorité en partie payé par la majorité compte tenu de l'inadéquation entre le pourcentage de la minorité anglaise reconnue (9%) et le pourcentage des élèves fréquentant les collèges et les universités anglophones (entre 20 et 25 %). Depuis 130 ou 200 ans, le fantôme du colonisateur scolaire dont le réservoir naturel s'assèche, comme à Bishop's où, depuis un certain nombre d'années, les Québécois paient le cours universitaire à une majorité d'étudiants résidant hors Québec. Les pays normaux, non colonisés ou délivrés du colonialisme, comme la France, les états-Unis, l'Allemagne, l'Angleterre, la Suède et autres ont un seul réseau scolaire national d'éducation. Pourquoi le Québec en voie de devenir un pays normal n'orienterait-il pas ses visées finales de ce côté ? Il est malheureux que le gouvernement du Parti québécois cherche à perpétuer une solution coloniale : deux réseaux scolaires linguistiques parallèles complets sur le même territoire... aux dépens de la majorité qui finance déjà outre mesure celui de la minorité. Le Québec est-il à ce point riche ? Deux réseaux parallèles complets, ça coûte cher. ça coûte cher d'administration et de structures : double organisation du transport des élèves sur les mêmes circuits, dédoublement des édifices et appareils bureaucratiques, entretien d'établissements scolaires à moitié vides, etc. En vertu du principe des vases communicants, tout cela c'est moins d'argent investi directement dans l'apprentissage des élèves. Cette réalité économique explique peut-être le grave déficit de scolarité des francophones québécois ? Contrairement aux pays normaux où la majorité jouit habituellement du plus haut taux de scolarité, ici au Québec, c'est la minorité anglophone qui se classe première. Exemple : elle fréquente l'université dans une proportion de 34,4 %; les allophones, eux, s'y inscrivent dans une proportion de 20 % tandis que les francophones y accèdent à 18,3 %. Néocolonialisme ou autocolonialisme, quand tu nous tiens ! |
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| 28.05.2012 à 19h30 - GUY PERREAULT |