| Mercredi, 29 novembre 2000 21:46 | UNE PLAINTE FORMELLE |
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UNE PLAINTE FORMELLEM. François Casgrain Objet: plainte formelle d'un citoyen contre la DGEQ. Bien qu'ayant récemment discuté par téléphone avec Mme Brigitte Labbé (agent préposé aux clientèles particulières [sic]), relativement à ce dossier, et n'ayant pas été par ailleurs convaincu par les arguments de madame, je porte à votre attention mon indignation vis-à-vis des méthodes utilisées par votre institution pour communiquer avec les citoyen-nes du Québec. Je constate depuis plusieurs années, et de nouveau eu égard aux élections scolaires à venir bientôt (document postal daté du 14 juin... quoique reçu en début de mai 1998), que vos documents sont systématiquement bilingues (français / anglais). Or pareille attitude détruit pour ainsi dire dans l'oeuf le long labeur que notre collectivité - et notamment par le truchement de certains ministères et organismes gouvernementaux : vos propres pairs - déploie depuis plus de vingt ans dans le but de renforcir, promouvoir et faire respecter la langue française. Laquelle est, faut-il vraiment ici le rappeler, la langue officielle du Québec. Mme Labbé m'a expliqué en long et en large, et sans doute correctement, et presque patiemment, les motifs qui vous disposent à procéder de la sorte. Il fut question entre autres de «délais» impartis et de respect des «droits de la minorité». Or il ne me viendrait pas à l'esprit de privilégier le droit exclusif à la langue officielle sur d'autres droits que l'on pourrait estimer (?) fondamentaux. Mais il est tout de même devenu tout à fait surréaliste que chaque contact avec le public vous amenât systématiquement à mettre sur le même pied cette langue officielle et une autre qui est la langue maternelle de 8% de la population (statistiques démographiques les plus récentes). De la sorte, à chaque communication vous niez cette réalité fondamentale, d'ordre politique non moins que proprement juridique, qu'il y a effectivement une langue officielle, et une seule, au Québec. Par conséquent, vous banalisez constamment ce fait en réduisant notre langue à une langue parmi d'autres. Du coup, vous transmettez un message extrêmement pernicieux à l'ensemble des Québécois, à savoir que la langue officielle constitue au fond une langue presque seconde, ou en tous les cas nullement privilégiée sur notre territoire. C'est également un message qui encourage ou 'stimule' les non-francophones à devenir, ou demeurer, réticents sinon réfractaires face à la "nécessité" de maîtriser la langue citoyenne et véhiculaire des Québécois. Comme citoyen, je ne m'oppose pas à cette générosité qui nous caractérise comme peuple de servir - spécifiquement - la minorité (puissamment majoritaire au Canada et en Amérique du Nord, par ailleurs), en certaines occasions, dans la langue qui est la leur. Mais je m'oppose avec la dernière énergie - et la présente n'en révèle, si besoin est, qu'une forme préliminaire - à ce que vous vous adressiez systématiquement au Québec tout entier dans les deux langues. Ce bilinguisme de fait, que je qualifierai d'«officiel pratique», est à mes yeux absolument inadmissible. La Direction générale des élections du Québec tire littéralement dans le pied de l'état québécois. Une rapide et solide réflexion s'avère nécessaire au sein de votre organisme. Mes respectueuses salutations, Jean-Luc Gouin, cc: Quelques ministères concernés, organismes publics et autres personnes privées sensibles à cette question. |
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| 28.05.2012 à 19h30 - GUY PERREAULT |