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Jeudi, 21 décembre 2000 21:44
TÉMOIGNAGE DE SOLIDARITÉ À YVES MICHAUD Imprimer

SOLIDARITé YVES MICHAUD
«J'appuie cette déclaration».

Mis-à-jour : 01 January, 2003

Ceux et celles qui souhaitent co-signer la déclaration suivante peuvent le faire par courriel à l'adresse électronique Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. en indiquant «J'appuie cette déclaration», votre nom et occupation.


Témoignage de solidarité à YVES MICHAUD

L’Assemblée nationale et la liberté d’expression

Par un acte sans précédent véritable dans l’histoire parlementaire du Québec (et apparemment dans la plupart des parlements des pays démocratiques d’Occident), l’Assemblée nationale a condamné, le 14 décembre 2000, sans l’entendre, un citoyen pour des propos qu’il aurait tenus à l’occasion des audiences de la Commission des états Généraux sur la langue française. En vertu de quelle loi, au nom de quel droit et selon quels critères ? On aurait envie d’ajouter : à quelles fins ?

Nous, soussignés, estimons qu’il y a là à la fois un véritable détournement de la mission de l’Assemblée nationale, une atteinte grave aux droits et libertés des citoyens et une violation de la Charte qui les consacre, un acte flagrant d’injustice et une manifestation stupéfiante d’arbitraire, dont tout citoyen peut désormais redouter d’être victime. Une résolution de deux lignes, hâtivement rédigée, sans même que soient cités les propos incriminés, adoptée dans la précipitation : c’est pour le moins une formule expéditive!

Délit d’opinion

De plus, l’Assemblée nationale, par sa consternante initiative, fait revivre, cautionne et consacre le délit d’opinion et l’on sait d’expérience jusqu’où cela peut conduire. Yves Michaud était condamné d’avance, avant même la comédie du vote par appel nominal : on était partagé entre l’incrédulité et l’indignation devant ce spectacle, devant l’approbation programmée de la condamnation, dans une unanimité aussi affligeante que suspecte. On approuvait sans l’ombre d’un débat, sans même que quelques élus aient eu un scrupule, se soient interrogé sur le bien-fondé de la condamnation, aient demandé qu’on entende au préalable l’accusé.

Nous avons assisté à un précédent d’une extrême gravité qui dépasse la personne d’Yves Michaud et la nature des propos qu’on lui prête : sont en cause des droits élémentaires des citoyens, leur liberté d’expression, la séparation des pouvoirs puisque le parlement joue les tribunaux, la mission et la dignité même de l’Assemblée nationale singulièrement mises à mal dans cette effarante et tragique mésaventure. Insensibles à la gravité de leur geste, inconscients des effets potentiels de leur initiative chez nous et même à l’étranger, nos parlementaires viennent d’assumer une grave responsabilité.

La motion de blâme était fondée sur «des propos inacceptables à l’égard des communautés ethniques et en particulier à l’égard de la communauté juive tenus par Yves Michaud à l’occasion des audiences des états Généraux sur le français». Le «condamné» a eu, au contraire, des propos nettement élogieux à l’endroit du peuple juif mais au cours d’une entrevue, il a déploré l’attitude d’un organisme, le B’nai Brith, nullement représentatif de toute la communauté juive. Par ailleurs, Yves Michaud a souligné la nécessité et l’apport culturel de l’immigration, tout en rappelant qu’il y a, chez nous comme ailleurs, une sorte de contrat moral entre l’immigrant et la société d’accueil. Il a regretté le relatif échec de l’intégration d’un certain groupe d’immigrants et a rappelé le caractère du vote lors du référendum de 1995, dans plusieurs bureaux de votation où le «oui» fut inexistant. Que certaines personnes veuillent contester la pertinence de ce rappel, passe, mais on ne saurait nier la pénible réalité des faits.

Au-delà de la personne d’Yves Michaud, les véritables victimes de cette mauvaise action sont la liberté d’expression des Québécois, la distinction des pouvoirs (car il y a des lois et des tribunaux pour des propos haineux quand on estime que c’est le cas), l’autorité et la dignité de l’Assemblée nationale.

Mais la vive réaction de l’opinion publique, pleine de dignité, de santé et de bon sens, constitue un désaveu éloquent du geste humiliant de l’Assemblée nationale, dont il est urgent de restaurer l’autorité morale.

Ont signé à Montréal, ce dix-neuvième jour de décembre 2000.

Yves BEAUCHEMIN, écrivain, Marie-Andrée BEAUDET, professeure de littérature française (Université Laval), Jules BéLANGER, ancien candidat du PQ dans Gaspé, Jacques BERGERON, président section Ludger-Duvernay de SSJBM, Nicole BOUDREAU, ancienne présidente SSJBM, Georges-étienne CARTIER, psychiatre et ex-candidat du PQ dans Notre-Dame-de-Grâce, Fernand DAOUST, ancien président de la FTQ, Jean DORION, ex-président de la SSJBM, Marcelle FERRON, peintre, Sacha GAUTHIER, président des jeunes du PQ Montréal-Centre, Jean-Claude GERMAIN, dramaturge, Pierre GRAVELINE, éditeur, Louis LA ROCHELLE, membre du Comité exécutif du PQ de Mercier, Denis LAZURE, ancien ministre du gouvernement du Québec, Yolande LEBLANC, adjointe du député Gérald Godin (1977-1994), Jean-Marc LéGER, journaliste, Gaston LAURION, ancien candidat du PQ dans Westmount, Gaston L’HEUREUX, animateur, Fernand OUELLET, poête, Jacques PARIZEAU, ancien Premier ministre du Québec, Hélène PEDNAULT, écrivaine, Hélène PELLETIER-BAILLARGEON, écrivaine, Daniel POURCHOT, historien et pasteur, Paul-André QUINTIN, président du Comité des relations internationales du PQ, André RENY, président du PQ de Mercier, Nicole RICALENS-POURCHOT, linguiste, Claude SAINT-LAURENT, psychanalyste, Gilles TREMBLAY, compositeur, Marie-Pierre Pruvot, professeur, Hélène JETTé, sympatisante, Jean-Paul PERREAULT, président (Impératif français), Michel CAREAU, diplomate à la retraite, Pierre BERNIER, auteur, Françoise TRUDEAU-REEVES, ancienne candidate du PQ dans le Pontiac et ex-présidente du Comité exécutif du PQ de Hull, Jean-baptiste GAVAZZI, ingénieur et ex-membre du Comité exécutif du PQ de Hull, Fernand PRINCE, syndicaliste à la retraite, Claude LABERGE, chômeur/étudiant, Lise LECLERC-DA SILVA, comédienne et mère de six enfants, Jean-Marie DA SIVA, comédien-animateur et président de l'Alliance pour un environnement de qualité(AEQ), Bernard CHOMBART, ingénieur informaticien en retraite et fils de prisonnier (5 ans) des nazis, Jean-Patrick LAVOIE, étudiant, Isabelle LUKAWECKI, travailleuse sociales, Léo LABRIE, traducteur, Robert CHOQUETTE, changeur, Robert BESSETTE, retraité
Danielle BOIVIN, artiste, Joël Vincent CYR, bibliothécaire

Les personnes, groupes, associations, entreprises, syndicats, etc., indignés du comportement méprisant des députés de l’Assemblée nationale à l’égard de l’un des citoyens les plus éminents et les plus respectés du Québec, intéréssés à contribuer au défraiement du coût de la présente annonce peuvent le faire en adressant leur chèque à :

SOLIDARITé YVES MICHAUD
5417, rue Brodeur
Montréal (Québec)
H4A 1J2

Les contributions des plus modestes aux plus substantielles sont acceptées. Selon les sommes reçues il est envisagé de créer un FONDS DE DéFENSE DE LA LIBERTé D’EXPRESSION des citoyens et des citoyennes du Québec, mise à mal récemment par des manoeuvres politiciennes suspectes et contraires aux libertés fondamentales.


 

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