| Mercredi, 29 novembre 2000 21:46 | QUÉBEC, AU COEUR DU MONDE |
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QUéBEC, AU COEUR DU MONDE
« La Fête nationale, pour moi... Cest honorer doù on vient pour regarder avec fierté vers où on va » Danielle Grégoire, comédienne
Quand jai accepté dêtre lambassadrice de la Fête nationale, je me suis demandée ce que ça voulait vraiment dire pour moi. Alors Je suis allée fouiller dans mes souvenirs, me rappeler les St-Jean-Baptiste de mon enfance En famille, avec les voisins on se rendait à pied au terrain de jeu. Il y avait la célèbre course de boîtes de savon dans la côte de la rue principale. Les dames fermières organisaient un grand bazar dans le stationnement de léglise. Les chansonniers prenaient le contrôle des haut-parleurs de la salle paroissiale installés dehors pour loccasion. On chantait du québécois; on faisait danser le fleurdelisé jusquaux petites heures du matin. On fêtait dehors! Et on pouvait veiller tard! Bien sûr la vedette cétait le grand feu de la St-Jean. Cet honneur revenait de soi à nos valeureux pompiers volontaires qui veillaient à ce que la braise soit sécuritaire. Plus tôt dans la journée, avec ma chorale, nous avions participé à la fête en chantant dans les rues et cest probablement là que jai eu la piqûre, comme on dit Javais sept ans Les artistes dici ont presque tous participé à ces fêtes de quartier. Cest un si beau tremplin pour la relève. Cest un peu comme si on sortait la culture dehors pour laérer, la revitaliser mais surtout la partager. Parce que la culture ça nous appartient, cest à Nous. Cest notre héritage le plus cher. Comme femme de théâtre je suis toujours à la recherche de lexpression juste des sentiments, des émotions. Mexprimer clairement, dire et interpréter les auteurs, les poètes pour rejoindre, divertir et surtout toucher le plus de gens possible, cest pour ça que je fais du théâtre. Jaime les gens et jaime les mots. Je parle beaucoup et je suis fascinée par ma langue. Une langue française pleine de couleurs et de musique. Je suis née en banlieue de la ville de Québec et jai eu la chance détudier au Saguenay, et en Beauce. Jai travaillé en Gaspésie et je suis tombée en amour avec lOutaouais il y a quinze ans déjà. Tous ces accents, ces tournures de la langue, toutes ces régions du Québec, si différentes et si belles Cest ça La St-Jean pour moi; la fête de toutes ces différences, ces contradictions que nous sommes et qui nous rendent si intéressants partout dans le monde. Jai une petite fille de huit mois, Charlotte, et un grand garçon de cinq ans, Laurence, qui va bientôt prendre lautobus pour la maternelle en septembre. La notion de langue maternelle mhabite beaucoup ces temps-ci. Quand on devient parent, bien sexprimer devant ses enfants, faire leffort de bien parler cest une des façons de les aimer. On veut ce quil y a de mieux pour nos enfants. Plus on leur donne de mots, plus ils seront libres et capables de sexprimer dans la fierté. Cest Gilles Vigneault qui disait que la violence existait parce que les gens manquaient de mots. Je ne veux que mes enfants manquent de mots. Notre histoire, notre langue et notre culture cest notre héritage le plus précieux. Aujourdhui, cest à mon tour de prendre la main de mes enfants et de les amener à la Fête nationale; célébrer mon héritage, leur héritage aussi. être ambassadrice de la Fête nationale en Outaouais cest vous inviter chaleureusement au nom de tous les organisateurs et organisatrices à célébrer ensemble notre fête à Nous! La Fête nationale, pour moi...Cest honorer doù on vient pour regarder avec fierté vers où on va.(Le 3 mai 1999) |
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| 28.05.2012 à 19h30 - GUY PERREAULT |