| Mercredi, 29 novembre 2000 21:46 | PERVERSION LINGUISTIQUE |
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PERVERSION LINGUISTIQUE
Jean-Paul Perreault Déjà en 1970, la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme déclarait au sujet d'Ottawa : « La capitale symbolise l'ensemble du pays. Elle devrait exprimer le plus exactement possible les valeurs du pays tout entier, son mode de vie, sa richesse et sa diversité culturelle, ses conceptions sociales et ses aspirations » et d'ajouter « si la capitale d'un pays doit inspirer le respect et la fidélité chez ses citoyens des deux langues, elle ne doit pas refléter la domination d'une langue sur l'autre. » A l'époque, pour régler le problème de l'unilinguisme méprisant de la capitale « nationale »*, Ottawa, le gouvernement canadien n'a rien trouvé de mieux que d'adopter une politique d'hégémonie territoriale en créant de toute pièce la vaste « région » de la capitale fédérale en englobant des villes et des villages de la rive québécoise. L'Outaouais connaît donc ainsi un problème d'assimilation. Vingt-sept ans plus tard, la situation s'est gravement détériorée à Ottawa au lieu de s'améliorer. Le taux d'assimilation des francophones y est passé, de 1971 à 1991, de 16,9 % à 28,1 %. Sans compter que l'unilinguisme anglophone demeure toujours très élevé (74 %) dans la capitale des deux langues officielles. Toutefois, en plus des ravages catastrophiques pour les francophones d'Ottawa, les forces assimilatrices du Canada rejoignent maintenant tout l'Outaouais québécois. Les francophones perdent sur tous les tableaux... La dominance de la langue anglaise s'affiche de plus en plus. De plus, la Loi sur les langues officielles adresse l'un contre l'autre les francophones, car elle a inventé de toute pièce une minorité anglophone en Amérique ! Tout récemment des francophones de la Capitale, Ottawa, dénonçaient avec une ardeur redoublée l'absence de français dans l'affichage à Ottawa. Dans son rapport publié en avril dernier sur L'application de la Loi sur les langues officielles dans la région de la capitale nationale (Houp ! La capitale, Ottawa, vient soudainement d'être remplacée par la «région» de la Capitale), le Comité canadien mixte permanent des langues officielles propose de « régler » le problème de la capitale en accroissant la présence et l'attraction de l'anglais... au Québec, alors que la difficulté décriée est à Ottawa. Le gouvernement canadien obligera les locataires d'espaces d'affaires dans les édifices fédéraux à afficher en anglais, fera la promotion de la langue anglaise en Outaouais, incitera les partenaires privés et publics à refléter l'importance de l'anglais... au Québec, etc. ! Rien n'a changé : vingt-sept ans plus tard, la trouvaille canadienne pour « corriger » le problème (!) d'Ottawa est de faire progresser la dominance de l'anglais au Québec, langue dominante et assimilatrice au Canada et en Amérique. Syndrome de Pinocchio : toute la démarche canadienne s'appuie sur un mensonge légalisé dans la Loi canadienne sur les langues officielles : la vaste majorité anglophone nord américaine et canadienne y devient paradoxalement une minorité bafouée, et la langue anglaise, une langue menacée...(!) réclamant des mesures de protection ! *************** * Une fois de plus, le Canada sème volontairement la confusion en présentant Ottawa comme capitale « nationale » au lieu de capitale fédérale. Toujours l'excécrable supranationalisme du gouvernement canadien ! Le rapport est accessible à l'adresse
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