| Mercredi, 29 novembre 2000 21:46 | MILLE BONNES RAISONS DE FAIRE DE L'ANGLAIS LA LANGUE UNIVERSELLE |
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MILLE BONNES RAISONS DE FAIRE DE L'ANGLAIS LA LANGUE UNIVERSELLE"Financial Times" (Londres) L'anglais dispose de toutes les qualités pour décrocher le titre de lingua franca du troisième millénaire, estime le "Financial Times". Qui n'y voit que des avantages - y compris pour les Français et notre si belle langue. La reconnaissance officielle de l'anglais comme langue universelle, loin d'être une aberration, ne ferait que répondre bien tardivement à une demande mondiale. L'anglais est parlé par environ 350 millions de personnes dont c'est la langue maternelle, et près de 1 milliard d'individus le pratiquent, soit un sixième de la population mondiale. C'est moins que les locuteurs du chinois, mais par ailleurs le nombre de Chinois qui apprennent la langue de Shakespeare est plus élevé que celui des anglophones aux Etats-Unis. Même la Suisse, où l'on pratique pas moins de trois langues - quatre en incluant le romanche -, voit l'anglais gagner du terrain. Une telle suprématie peut s'expliquer comme un accident de l'Histoire. A l'immensité de l'Empire britannique a succédé, au XXe siècle, le poids économique des Etats-Unis. En outre, l'anglais présente aussi des avantage spécifiques. Ce n'est pas seulement une langue vorace, elle offre également une grande souplesse. Malgré un vocabulaire très riche (le dictionnaire Oxford comprend bien plus de 500 000 mots, sans même compter les termes scientifiques), elle est particulièrement économe. Le genre et les cas y sont pour ainsi dire inexistants, l'orthographe est fort simple (à de rares exceptions près), la prononciation (là encore, sauf exceptions) ne pose pas vraiment de problème. L'anglais s'apprend facilement, se parle aisément pour des échanges courants et reste néanmoins assez riche pour exprimer des abstractions et des nuances poétiques. Bien souvent, au cours de l'Histoire, tel ou tel idiome qui n'était pas la langue maternelle de tous ses locuteurs a servi de lingua franca. Comme son nom l'indique, cette "langue franque" (un français mêlé d'italien) fut pendant un temps la langue véhiculaire des croisés du Moyen Age et des marchands méditerranéens, avant de devenir, aux XVIIIe et XIXe siècles, la langue de la diplomatie et des sciences en Europe. Avant lui, le latin avait été la langue de la chrétienté, le grec ayant été longtemps la langue dominante en Méditerranée. Aujourd'hui, les peuples d'Afrique orientale communiquent grâce au swahili, ceux de l'Inde grâce à l'hindi et à l'anglais. La plupart des habitants de ces pays ont toujours parlé deux langues : l'une à la maison, en famille ; l'autre pour faire du commerce, loin de chez soi. Jusqu'à l'avènement de l'Etat-nation, les frontières entre les langues étaient tout à la fois horizontales et verticales : les paysans parlaient une langue, les marchands en parlaient une autre, les administrateurs et les courtisans peut-être une troisième. Et c'est encore vrai aujourd'hui. Les Etats-Unis, qui ont supplanté la Grande-Bretagne en tant que plus grand pays exportateur de l'anglais, sont eux-mêmes en proie au plus grand désordre linguistique. Les bus y portent des inscriptions à la fois en espagnol et en anglais, jusque dans le Massachusetts. Un quart des Américains parlent chez eux une langue autre que l'anglais, situation qui n'est pas pour déplaire aux partisans du multiculturalisme. Même l'ebonics, ce pidgin noir américain, a obtenu une reconnaissance officielle. Si l'argument pluraliste prévaut, les Etats-Unis pourraient se trouver dans la situation délicate de devoir déclarer l'anglais comme langue officielle - ainsi que l'ont déjà fait près de la moitié des Etats. Christian Tyler Article publié par l'Hebdo Courrier international N'hésitez pas à faire parvenir vos commentaires au Financial Times : Et une copie conforme à Impératif français : Le 29 janvier 1999 |
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