| Mercredi, 29 novembre 2000 21:46 | LE CENTRE UNIVERSITAIRE DE SANTÉ DE L'ESTRIE |
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LE CENTRE UNIVERSITAIRE DE SANTé DE L'ESTRIE :Au-delà de l'affichageJacques Poisson
L'affichage au Centre universitaire de santé de l'Estrie (CUSE) n'est que la pointe de l'iceberg. Au delà de l'anglicisation des affiches de nos hôpitaux francophones et donc du recul quand au visage français de l'Estrie, il y a bien d'autres enjeux aussi importants sinon beaucoup plus importants. 1. La mort de l'Hôpital d'Youville (237 lits) par son intégration au Sherbrooke Hospital (96 lits), sa transformation en Pavillon Youville Pavilion incorporé au Sherbrooke Geriatric University Institute, toute la question de la répartition des fonds de dotation et le reste, en plus de favoriser exagérément la minorité anglophone, nous apparaissent des irrégularités. Le Mouvement estrien pour le français (MEF) demande au ministre de la santé, monsieur Jean Rochon, de revoir le statut de cet institute pour qu'il reflète la réalité de l'Estrie qui compte plus de 90 % de francophones. 2. Les Townshippers ont noyauté les services de santé et les services sociaux de l'Estrie, ils y sont surreprésentés, ils détiennent des privilèges uniques au Conseil d'administration du CUSE, ils dominent au comité spécial d'anglicisation à la Régie régionale financée par nos taxes. En outre, l'intrusion d'Ottawa est inadmissible dans un domaine exclusif aux provinces. Au lieu de consacrer 65 000 $ par année à l'anglicisation des services de santé et des services sociaux en Estrie, pourquoi le Fédéral ne les retournerait-il pas au gouvernement québécois pour maintenir des postes d'infirmières ? Lorsqu'on est hospitalisé, a-t-on besoin d'une infirmière ou d'un préposé à l'anglicisation... pour satisfaire 3 % d'unilingues? Si l'on invoque le principe très canadien «quand le nombre le justifie» , cette dépense est inutile et irrationnelle. D'autant plus que la Régie régionale s'est avouée incapable de fournir la participation financière exigée récemment par le Ministère de la santé, et que la loi autorisant l'anglicisation mentionne bien qu'il faut tenir compte des ressources financières. 3. Le plan d'anglicisation massif proposé au ministre Rochon par la Régie régionale doit être revu et corrigé, sinon carrément rejeté, entre autres et notamment la recommandation de bilinguiser tous les services du CUSE. Est-ce que le laveur de vitres ou de planchers sera plus précautionneux parce qu'on l'oblige à parler anglais ? Est-ce que la soupe sera meilleure si elle est brassée par un cuisinier qui doit parler anglais ? Et que penser de l'exigence soumise par la Régie et acceptée par le gouvernement sortant de 1994, laquelle exigence impose dans certains services dont les services psychosociaux «la présence d'un anglophone ayant une maîtrise parfaite de la langue [anglaise] et qui est familier avec le milieu de l'Estrie et sa culture» (Cadre de référence, pages 26 et 27, Ministère de la santé et des services sociaux, 1994). Le Mouvement estrien pour le français trouve pour le moins étonnant qu'une directive officielle venant du gouvernement du Québec exclut d'office les francophones, peu importe leur compétence, de certains postes au CUSE ou ailleurs en Estrie. C'est un grave accroc au droit de travailler en français au Québec, assuré par la Charte. Injustement, depuis deux ou trois ans, plusieurs employés se sont vus refuser des emplois parce qu'ils ne possédaient pas l'anglais suffisamment, cela dans l'administration québécoise publique. Nous demandons au ministre de la santé d'annuler cette directive inqualifiable émise par son ministère. Face au noyautage massif par les Townshippers, financés grassement par Ottawa, avec nos taxes, nous invitions toute la population à s'occuper de ses intérêts, sinon d'autres le feront à sa place... Quelle doit être la priorité : la qualité des soins ou l'anglicisation de nos institutions francophones ? En Estrie, combien d'anglophones se sont plaints parce qu'on les aurait mal traités dans un de nos établissements de santé ? Les médecins francophones de l'Estrie sont bilingues. La majorité des infirmières de l'Estrie sont également bilingues. Alors, peut-on soutenir que les anglophones n'ont pas obtenu des services adéquats en Estrie... depuis 30 ou 40 ans qu'ils fréquentent nos hôpitaux francophones ? Où ? Quand ? Au nom du Mouvement estrien pour le français (MEF), nous serions d'accord pour que le Québec et l'Ontario adoptent un pacte de réciprocité totale en matière de traitement de leur minorité francophone ou anglophone, semblable en nombre. Mêmes mesures d'accès aux services en français ou en anglais, même argent consacré, autant d'hôpitaux francophones en Ontario que d'hôpitaux anglophones au Québec, etc. Parité totale, partout. En réalité, les francophones de l'Ontario seraient très heureux s'ils avaient le dixième de ce que les anglophones ont au Québec. L'affichage anglais au CUSE auquel nous nous opposons est un net recul par rapport à ce qui a toujours existé... sans causer de préjudice aux anglophones qui y viennent depuis des lunes. Nous réclamons l'équité dans l'embauche et la fin des pratiques discriminatoires envers les francophones. Nous demandons :
La solution est simple: que les anglophones apprennent et utilisent le français au Québec autant que les francophones apprennent et utilisent l'anglais en Ontario. Mêmes poids, mêmes mesures. Comme l'a dit Daniel Johnson, père: «Il faut que le Québec soit aussi français que l'Ontario est anglais». Jacques Poisson |
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