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Mercredi, 29 novembre 2000 21:46
LA CHANSON QUÉBÉCOISE Imprimer

LA CHANSON QUéBéCOISE

Introduction et recommandations du Groupe de travail sur la chanson québécoise

INTRODUCTION

« Le présent document est le rapport final du Groupe de travail sur la chanson québécoise qui a entamé ses travaux au mois de décembre 1997. Rappelons que ce Groupe a été mis sur pied par la ministre de la Culture et des Communications, madame Louise Beaudoin, au moment où, sans révéler une crise aiguë, les dernières études réalisées en vue de l’élaboration de la politique de diffusion des arts de la scène en 1996, et celles produites par le milieu – dont la dernière " Vers une politique de la chanson ", du consultant Michel Houle pour le compte de l’ADISQ en 1997 – fournissaient des indicateurs suffisamment alarmants pour justifier une démarche de réflexion associant les intervenants publics et les acteurs du milieu de la chanson afin de déterminer les interventions qui s’imposent.

à ce constat sur les difficultés actuelles du spectacle de chanson québécoise s’est ajoutée la demande de l’Association canadienne des radiodiffuseurs d’abaisser de 65 % à 55 % la proportion de chansons de langue française imposée aux stations de radio diffusant en français dans les régions de Montréal et de Hull-Ottawa. Il faut aussi prendre en considération les rapports entre les différents intervenants qui doivent permettre une juste rémunération de chacun d’eux.

Le premier volet du mandat confié au Groupe a consisté à dresser le portrait le plus complet de la situation, portrait qui a été achevé par le dépôt du rapport préliminaire déposé à la ministre de la Culture et des Communications, madame Louise Beaudoin, en avril dernier.

L’objectif de ce premier rapport était de qualifier l’état du dossier de la chanson au Québec à partir des perceptions évoquées par l’industrie et les créateurs, à savoir une désaffection marquée des jeunes à l’égard de la chanson québécoise de langue française, un déclin très significatif de la fréquentation des spectacles de chanson francophone en plus des problèmes structuraux qui semblaient s’être installés en permanence au sein de l’industrie. Au nombre de ceux-ci, soulignons :

- L’insuffisance de l’aide à la création ;
- Un accès difficile aux structures industrielles existantes pour les
artistes de la relève ;
- Des programmes de formation inexistants ou jugés inadéquats ;
- Des revenus insuffisants pour les créateurs ;
- Des programmes d’aide à la préproduction, à la production et à la
commercialisation qui ne répondent que très partiellement aux besoins
de l’industrie ;
- Un niveau de rentabilité des entreprises nettement insuffisant ;
- La nécessité de développer de nouveaux marchés.

à partir de ce premier état de situation, le Groupe a avancé des pistes de solutions, qui visaient à combler des lacunes et à faire face aux nouvelles réalités de l’industrie, sur lesquelles il se proposait de travailler.

En outre, le rapport contenait une recommandation visant à assurer à l’industrie un financement permanent, autonome et indépendant des décisions gouvernementales, à savoir un fonds de soutien constitué à partir de redevances perçues dans la chaîne de commercialisation des disques et des spectacles.

La constitution de ce fonds répondait également au besoin d’augmenter rapidement et de façon substantielle les sommes disponibles au développement de l’industrie, preuve ayant été faite que le domaine souffrait d’un sous-financement critique.

Le premier état de situation aura également permis d’établir les bases sur lesquelles les recommandations du Groupe devaient reposer en fonction de l’atteinte d’objectifs de nature culturel et économique. Il fallait d’entrée de jeu reconnaître et admettre ces deux aspects de la problématique comme autant de pôles à considérer et à concilier.

Conscients de l’importance de l’acte de création comme élément déclencheur de toutes activités liées au domaine de la chanson, les membres du Groupe de travail ont convenu d’inscrire celui-ci au centre de leur réflexion. Toutefois, les aspects économiques et industriels demeurent tout aussi importants dans la mesure où il est acquis que l’un et l’autre de ces aspects font partie d’un tout, et de ce fait donc indissociables.

Une fois ce constat établi et en tenant compte des enjeux qu’il comporte, le Groupe a déterminé les principes qui allaient alimenter sa réflexion et l’amener à bâtir un modèle de développement qui trouve son aboutissement dans le présent rapport.

Ainsi, les recommandations du Groupe ont été inspirées par des principes déjà énoncés dans le premier rapport, c’est-à-dire :

- La chanson doit être considérée comme un art majeur, porteur de notre
identité culturelle ;
- Pour que la chanson québécoise se développe, il faut rassembler
toutes les conditions permettant à la création de s’exprimer ;
- La chanson ne peut exister sans public. Il faut mettre tout en œuvre
pour que les créateurs et les publics se rencontrent par le spectacle,
par le disque et par les autres fenêtres de diffusion ».

RECOMMANDATIONS

Liste des recommandations du Groupe de travail sur la chanson québécoise

Recommandation 1

« Que le Gouvernement donne toutes les assurances que l’aide d’urgence de 5 M$ annoncée par la ministre de la Culture et des Communications en juin dernier soit récurrente sur une période d’au moins 5 ans ; que le système de redevances continue d’être documenté et que le Gouvernement y ait éventuellement recours dans la perspective d’assurer un financement permanent du domaine de la chanson.

Recommandation 2

Reconnaître une structure de production alternative et adapter des programmes pour ce type de production.

Recommandation 3

Que les artistes qui s’inscrivent dans une démarche créatrice et qui ne sont pas liés à une entreprise soient soutenus par le CALQ alors que toute demande d’aide à la création formulée par une entreprise soit adressée à la SODEC.

Recommandation 4

Accentuer l’aide directe offerte par le CALQ aux créateurs et interprètes du domaine de la chanson.

Recommandation 5

Que la SODEC prévoie dans ses programmes de soutien aux entreprises et aux gérants d’artistes un soutien à l’étape de la création.

Recommandation 6

Que le montant de l’aide financière que le CALQ consacre à la chanson soit accru, que ces moyens financiers soient mieux adaptés aux besoins des clientèles et qu’ils s’inscrivent à l’intérieur d’une enveloppe protégée.

Recommandation 7

Que l’aide globale aux entreprises accordée par la SODEC soit augmentée de telle sorte que celles-ci puissent permettre à leurs artistes de consacrer plus de temps à la préproduction de leurs disques et de leurs spectacles.

Recommandation 8

Que les programmes de soutien à la création et à la préproduction destinés aux entreprises comprennent des obligations de respecter les règles liées à la rémunération des artistes – créateurs et interprètes.

Recommandation 9

Qu’un crédit d’impôt remboursable à la production de disque et de spectacle soit développé afin de favoriser la croissance du secteur, la consolidation des entreprises et la création d’emplois diversifiés et bien rémunérés.

Recommandation 10

Que soit développé (à la SODEC) un programme d’aide à la promotion et à la mise en marché du spectacle basé sur une perspective de rendement qui tienne compte dans ses exigences de la spécificité de Montréal et qui prenne la forme d’une aide remboursable.

Recommandation 11

Que la SODEC développe un programme permettant une amélioration des équipements des salles privées spécialisées dans la diffusion de la chanson en accordant une priorité aux salles situées dans la communauté urbaine de Montréal.

Recommandation 12

Que le réseau RIDEAU développe une proposition qui s’inspirede l’expérience des " Voyagements " qui permettrait auxdiffuseurs de diversifier leur programmation.

Recommandation 13

Que les associations professionnelles du milieu de la chansons’associent pour développer un programme d’animation et de sensibilisation auprès des enseignants du niveau primaire pour queceux-ci intègrent le répertoire de la chanson québécoise dans leurs activités scolaires et parascolaires.

Recommandation 14

Qu’une priorité soit accordée à la chanson québécoise dans les programmes de sensibilisation aux arts de la scène.

Recommandation 15

élargir le programme pilote de sensibilisation à la chanson et de diffusion pour le milieu collégial de Montréal et de sa région à l’ensemble du Québec.

Recommandation 16

Que soient privilégiées et encouragées toutes les initiatives qui, à l’instar du programme dans les cégeps, auront les moyens de favoriser un lien plus étroit entre les artistes, les créateurs et les jeunes des écoles secondaires et qui permettront à ceux-ci de participer et d’être engagés dans la détermination de ces activités.

Recommandation 17

Que les radios étudiantes jouent un rôle plus important de sensibilisation et de promotion de la chanson québécoise et, qu’à cet effet, les programmes de sensibilisation à la chanson aux niveaux secondaire et collégial prennent en compte la nécessité d’approvisionner ces radios en produits québécois et d’offrir un soutien approprié aux programmateurs de ces radios, que les radios communautaires continuent de recevoir un soutien adéquat pour réaliser leur mandat.

Recommandation 18

Voir à développer une collaboration plus active entre industrie de la télévision et de la chanson, notamment pour développer de nouveaux concepts et formules d’émission et d’échanges plus réguliers sur les meilleurs moyens de développer la relève, de respecter et d’encourager davantage la création, comme sur les stratégies de promotion et de mise en marché qui sont susceptibles de profiter aux deux industries.

Recommandation 19

Que soit maintenu le crédit d’impôt en faveur de la production d’émissions variétés/magazines.

Recommandation 20

Que les représentants des médias manifestent une plus grande ouverture à la chanson québécoise d’expression française dans sa diversité et qu’ils lui assurent la place privilégiée qui lui revient.

Recommandation 21

Qu’une attention particulière soit portée aux besoins en formation continue à tous les niveaux de la chaîne de production à l’intérieur des différents programmes de soutien aux créateurs, aux artistes et aux entreprises.

Recommandation 22

Que les associations professionnelles concernées par le domaine de la chanson explorent la possibilité de créer un fonds commun, alimenté à même les obligations de consacrer 1 % de la masse budgétaire des entreprises, pour soutenir la formation de la main-d’œuvre de l’ensemble du secteur de la chanson et que ce fonds soit géré par celles-ci.

Recommandation 23

Que la SODEC étudie la possibilité de développer un programme permettant de soutenir les entreprises qui procèderaient à l’engagement de ressources spécialisées en management.

Recommandation 24

Que les programmes de soutien à l’exportation de la SODEC (Sodexport), du CALQ et du ministère de la Culture et des Communications soient revus et que leurs crédits soient augmentés pour répondre aux besoins liés à une présence plus permanente des artistes de la chanson sur les marchés étrangers.

Recommandation 25

Que le groupe financier à être créé avec la participation de la SODEC s’engage dans des investissements permettant l’exploitation de spectacles sur les marchés étrangers ou le développement de carrières d’artistes québécois.

Recommandation 26

Que le modèle d’observatoire du livre en cours d’élaboration serve de base à la création d’un observatoire pour le secteur de la chanson.

Recommandation 27

Que les acquis d’un système recourant aux expertises des professionnels soient maintenus que soient apportés des correctifs permettant une meilleure participation des intervenants dans toutes les instances appelées à mettre en application ses recommandations en tenant compte des principes suivants : miser sur l’expertise professionnelle et sur une représentation plus diversifiée.

Recommandation 28

Que la composition de la Commission du disque et du spectacle de variétés de la SODEC soit révisée de manière à s’assurer une représentation adéquate des milieux – auteurs, compositeurs, interprètes, représentants de la production d’artistes alternatifs et en émergence, de diffuseurs institutionnels et privés, au côté de professionnels qui représentent les secteurs bénéficiant des programmes de soutien aux entreprises administrées par la SODEC.

Recommandation 29

Que le CALQ développe un mécanisme de consultation qui permette à l’ensemble des intervenants d’exprimer leurs attentes et leurs recommandations concernant l’enveloppe qui sera identifiée au soutien à la création dans le domaine de la chanson.

Recommandation 30

Que les différents jurys appelés à recommander l’octroi de bourses soient toujours composés de professionnels qui reflètent à la fois les perceptions des créateurs et celles des entreprises ».

Le rapport dans son entier est accessible à l'adresse suivante :
http://www.mcc.gouv.qc.ca/pubprog/rapports/chanson2.htm

© Gouvernement du Québec, 1998


 

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GUY PERREAULT
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