| Mercredi, 29 novembre 2000 21:46 | L'ENSEIGNEMENT DE L'ANGLAIS AU PRIMAIRE |
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L'enseignement de l'anglais au primairepar Jacques Poisson
En mai 1967, il y a quelque 30 ans, 2000 délégués élus par 29 000 associations siégeaient en assises nationales lors des états généraux de Canada français. Voici deux résolutions votées par l'atelier culturel :
En 1975, la «National Foundation for Education Research» (NFER) de Grande-Bretagne, en collaboration avec le ministère de l'éducation de l'Ontario, publiait les résultats d'une recherche rigoureuse menés en Angleterre et dans le pays de Galles, pendant 10 ans auprès de 18 000 élèves. Conclusion : II n'est pas recommandé d'enseigner une langue seconde au primaire. «The logical conclusion is that you need a bigger investment at a younger age than at a later age to produce the same kind of results. These findings are specific to the language area.» (M. H. Stern, Clare Burstall, Brigit Harley, » A study of the effectiveness of the teaching of French at the Primary level in the schools of England and Whale», p.107, The Ontario Institute for Studies in Education,1975. En 1988, les chercheurs Lise Billy, Patsy Lightbown, Leslie Paris et Nina Spada suggèrent d'offrir l'anglais intensif au secondaire plutôt qu'au primaire. (Patsy Lightbown, «Educational Research and Theory in Language Policy : ESL in Quebec schools », TESL Canada Journal, March 1988, vol. 5, no 2, p. 89. Où en sommes-nous aujourd'hui ? L'anglais est obligatoire en 4e, 5e et 6e années du primaire. (Le Québec 1976-1993,1993, SPEAQ.) L'effet thérapeutique de l'anglais précoce serait si fantastique qu'une adepte, Mme Suzanne Dumas du Ministère de l'éducation s'étouffe en pontifiant : «Par chance certaines commissions scolaires ont offert ou offrent les cours intensifs à tous les jeunes, quel que soit leur classement. On observe la même tendance : de meilleurs apprentissages en anglais, en mathématiques, en français que dans les groupes du programme ordinaire». (Suzanne Dumas, «L'enseignement intensif de l'anglais, langue seconde, où en sommes-nous ?» Ministère de l'éducation, juin 1991.) Après cette auto-évaluation, pour le moins sujette à caution, ne serait-il pas temps de s'inspirer dans ce domaine de l'Angleterre et de NFER. D'autant plus que l'anglais est loin d'être menacé en Angleterre, ce qui n'est pas le cas du français au Québec. L'enseignement de l'anglais, langue seconde, n'est pas anodin, sans conséquences pour la survie du français au Québec. Ou bien les responsables politiques laissent aller les choses et la bilinguisation de nos écoles primaires s'intensifiera avec des conséquences prévisibles, ou bien, ils donneront un sérieux coup de barre. Cela exigera de la lucidité et de la volonté ! L'affirmation de SPEAQ selon laquelle l'augmentation de l'anglais accompagnée de la diminution de français est bonne pour le français est tellement absurde, que, nous demandons à la ministre de l'éducation de regarder si les résolutions du début ne sont pas toujours pertinentes. Jacques Poisson
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| 28.05.2012 à 19h30 - GUY PERREAULT |