| Mercredi, 29 novembre 2000 21:46 | ESTRIE OU CANTONS-DE-L'EST / EASTERN TOWNSHIPS ? |
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ESTRIE ou Cantons-de-l'Est / Eastern Townships ?
Grâce à la "collaboration" de Tourisme Québec, le Guide touristique officiel du gouvernement du Québec 1998/1999 fait disparaître l'"Estrie" et ressuscite Les Cantons-de-l'Est / The Eastern Townships. Avec les années, cette désignation aux relents coloniaux est devenue désuette chez la majorité des francophones et, jusqu'à tout récemment, dans les publications ou les médias. Dans le document cité et Imprimé au Canada (Québec), sic à la page 1, l'on nous vante le patrimoine légué par les Loyalistes américains, tout en occultant les racines francophones et catholiques de 94 % de la population de l'Estrie. Tourisme Québec nous invite à visiter 35 sites patrimoniaux remarquables des Cantons-de-l'Est / Eastern Townships (pages 14 et 15) et, en réalité, sur la très grande majorité de ces sites, on retrouve des bâtiments reflétant la présence anglaise et protestante en Estrie. à Sherbrooke, par exemple, l'on nous suggère de visiter la Plymouth Trinity Church et non la Cathédrale Saint-Michel. Si vous raffolez des vieilles églises anglaises, vous aurez le choix entre les St. Peter's, St. George's, St. James, St. Mark's, St. Paul's, St. Luke's, All Saints, Eaton Congregational et autres lieux vibrant de la foi protestante. Tourisme Québec n'a reconnu aucune église catholique parmi les bâtiments remarquables de notre région. Mais la champêtre Abbaye de Saint-Benoît-du-Lac, bien que moins remarquable (?), est présentée en page 20 comme valant le détour. C'est sans doute pour cela que le gouvernement du Québec, par son ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, subventionne lui aussi ce joli guide touristique pour colonisés. Ces derniers pourront s'engourdir un peu plus avec le délicieux cidre de Saint-Benoît. Poursuivant sur sa lancée aliénante, Tourisme Québec recommande aux visiteurs d'aller admirer Bishop's University et ignore l'existence de l'Université de Sherbrooke. Le Mouvement estrien pour le français s'insurge contre la complaisance colonialiste des auteurs du Guide touristique en question et contre le fait que le gouvernement québécois ait souscrit honteusement à un tel biais ravalant la longue et importante présence francophone et catholique en Estrie. Par ailleurs, conformément à ses objectifs fondamentaux, le Mouvement estrien pour le français condamne et rejette la NOUVELLE politique officielle du gouvernement du Québec se plaisant à désigner la région de l'Estrie par Cantons-de-l'Est / Eastern Townships. Ce bilinguisme institutionnel promu par le gouvernement actuel, cette émasculation du mot Estrie pour désigner notre région sera combattue par tous les moyens à notre disposition. Nous doutons que les Townshippers et leurs alliés locaux de service, écrasant les mots Estrie, estrien, estrienne, votent en plus grand nombre pour le Parti québécois aux prochaines élections. Mettant de côté notre désillusion, nous prions instamment le premier ministre du Québec, qui a prêté serment de défendre les institutions fondamentales du Québec, dont le français, de rejeter tout bilinguisme institutionnel, de respecter l'esprit et la lettre de la loi 101 d'origine, de presser toutes les instances ministérielles de son gouvernement d'utiliser non pas un calque mais un terme français de qualité, fruit del'évolution identitaire, pour nommer notre région. à partir des années 1950, sous l'impulsion de gens de vision tels que les abbés O'Bready et Mercier, le mot Estrie était parvenu à s'imposer graduellement pour désigner le territoire pseudo-colonisé sous le nom d'Eastern Townships et plus tard Cantons-de-l'Est. Voilà qu'obéissant à des forces réactionnaires et hostiles, le gouvernement actuel élimine le vocable Estrie et réanime officiellement Eastern Townships. Les temps changent. Pour le pire, semble-t-il. Monsieur le Premier ministre, plutôt que d'être systématiquement à l'écoute d'Alliance Quebec, des Townshippers et des francophones de service qui tous travaillent constamment contre votre gouvernement et la souveraineté, peut-être pourriez-vous être un peu plus à l'écoute de tous ceux et toutes celles qui ont toujours travaillé pour la Cause et qui sont susceptibles de le faire à nouveau dans la perspective d'un prochain référendum sur la souveraineté du Québec. Ce sont vos alliés naturels. "Sans le fait français, le Québec serait une province comme les autres."(Maurice Champagne) L'oublier au nom d'une nébuleuse stratégie, c'est faire fausse route, comme le prouve la perte de capital souverainiste depuis octobre 1995. La tiédeur gouvernementale sinon l'hostilité face à ceux et celles qui aspirent à rétablir le français comme seule langue officielle au Québec laisse perplexe. Il est triste de constater que le gouvernement, faisant fi des conséquences - mortelles pour le français - du bilinguisme institutionnel, semble beaucoup plus préoccupé aujourd'hui par le sort de l'anglais (dont il approuve la prolifération au travail, à l'école, dans l'affichage, etc.) que par celui du français. Jacques Poisson, président |
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