| Mercredi, 29 novembre 2000 21:46 | DÉFENSE DE LA LANGUE FRANÇAISE |
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DéFENSE DE LA LANGUE FRANçAISE Paris, le 24 juillet 1998 DLF/MD98146 Objet : Discrimination pratiquée dans les institutions européennes à l'encontre de
la langue française Notre association a été récemment saisie d'un dossier impressionnant relatif à la politique linguistique pratiquée au sein de l'Union Européenne. Par les nombreux exemples de textes du J.O.C.E. rédigés uniquement en anglais, de lettres ou documents émanant de la Commission, non traduits ou mal traduits de cette langue, d'appels d'offres unilingues, de lettres et rapports envoyés en anglais de l'Union Européenne aux pays tiers, de pages entières d'information diffusées par Internet exclusivement en anglais, on recueille l'impression d'une dérive concertée vers cette langue allant jusqu'à un sabordage systématique du français. Ces errements mettent en cause aussi bien l'attitude de fonctionnaires français que celle de fonctionnaires européens de Bruxelles. Qu'elle soit le fait d'anglophones n'étonnera personne. Mais qu'elle soit adoptée par certains de nos concitoyens, et non des moindres, révèle l'ampleur du mal et les dangers qu'il comporte pour l'avenir de notre langue. Sans remonter au temps où l'Académie de Berlin déclarait en 1783 le français «langue universelle », beaucoup de responsables de notre pays devraient garder en mémoire la situation des années 1950 à 1970 où toutes les négociations de l'Europe en gestation se faisaient en langue française, encore reconnue comme représentative par excellence d'une certaine communauté d'esprit européenne ressentie de longue date. Malheureusement cette position entraînait chez beaucoup de Français une ignorance fâcheuse des langues étrangères. Y remédier par une saine diversification n'aurait pu que favoriser aussi bien les actions et rapports quotidiens que la connaissance mutuelle de notre civilisation. Au contraire, en consentant, voire en prêtant la main à un effacement délibéré du français dans les relations de la France avec ses partenaires et de l'Union Européenne avec l'extérieur, les responsables d'aujourd'hui succombent à la même paresse d'esprit que celle qui, hier, fermait certains d'entre eux à leurs voisins. Ils agissent comme si l'ouverture au monde passait par une seule langue, celle de la grammaire la plus rudimentaire. Mais en frayant la voie de l'hégémonie mondiale à une langue qui n'est plus l'anglais, mais l'anglo-américain, ils portent un coup sévère à toute la communauté francophone et tendent à confiner à terme le français dans le rôle de simple idiome régional. Cette perspective est-elle compatible avec les rodomontades quotidiennement assénées sur la place occupée par notre pays dans le monde ? Confiants que vous partagerez notre préoccupation avec le plus grand nombre de vos collègues et vous assurant d'avance de notre gratitude pour vos interventions, Nous vous prions, Madame, Monsieur le Parlementaire, d'agréer l'expression de notre considération distinguée. Le président, Jean Dutourd |
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