| Mercredi, 29 novembre 2000 21:46 | COUP D'OEIL SUR LA SANTÉ |
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COUP D'OEIL SUR LA SANTé(Extraits du bulletin Coup
d'oeil sur la santé Pauvreté et mortalité prématurée en Outaouais urbain : une étude originale !Ce document «présente quelques faits saillants du rapport de recherche publié en novembre 1996 par la Direction de la santé publique de l'Outaouais, rapport intitulé Variations de la mortalité en relation avec le taux de pauvreté des quartiers en Outaouais urbain et dans le Québec urbain.» Au point de départ, une contradiction...«L'Outaouais urbain tel que nous l'entendons est constitué des villes de Hull, Gatineau, Aylmer et leur périphérie immédiate. C'est une des zones urbaines les plus riches du Québec, même si cet avantage va en s'amenuisant, notamment avec les mises à pied des dernières années dans la fonction publique fédérale. Au recensement de 1986, l'Outaouais urbain se classait bon premier pour le revenu familial moyen, loin devant les villes de Montréal, Québec, Sherbrooke, Trois-Rivières et Chicoutimi-Jonquière.» «Selon toute la littérature disponible, cette relative santé économique de l'Outaouais urbain devrait conférer à sa population une meilleure espérance de vie et un état de santé physique et mentale exceptionnel. Or, ce n'est pas le cas. Depuis au moins 25 ans, soit depuis que nous avons des données fiables sur les décès, la zone urbaine de l'Outaouais présente des taux de mortalité nettement plus élevés que l'ensemble du Québec. De même, dans l'enquête Santé Québec de 1987, le profil de la région de l'Outaouais était un des pires, sinon le pire, de toutes les régions socio-sanitaires. La situation s'est améliorée dans l'enquête de 1992-1993, mais l'Outaouais reste une région où l'excès de poids et l'usage de la cigarette, par exemple, sont plus répandus qu'ailleurs au Québec.» «Pourquoi la richesse de l'Outaouais urbain n'agit-elle pas, comme partout ailleurs dans le monde, comme un facteur favorisant la santé? Plusieurs hypothèses ont été formulées au cours des années, mais aucune ne s'est révélée satisfaisante. De facto, il faut cependant réaliser que l'Outaouais urbain, ville-soeur de la riche capitale nationale, se trouve dans une situation géographique particulière, unique au Canada. Que cette situation influe sur les déterminants de la santé, notamment économiques, culturels et psycho-sociaux, ne devrait pas nous surprendre. Curieusement, cette piste de recherche reste à peu près inexplorée, bien que la littérature identifie ces déterminants comme étant très importants, plus importants même que l'ensemble du système de santé curatif...» Riche ou pauvre ?«Notre étude permet d'arriver à un premier constat, purement économique: l'Outaouais urbain est relativement riche lorsqu'on le compare aux autres agglomérations urbaines (RMR) du Québec, mais il est pauvre en comparaison avec Ottawa et sa banlieue ontarienne. Dans la tranche de population qui regroupe 20% des ménages les plus riches des 6 plus grandes agglomérations urbaines du Québec, on retrouve 26% de la population de l'Outaouais urbain. Dans la tranche de 20% la plus pauvre, on retrouve seulement 12% de la population de l'Outaouais urbain.» «Inversement, lorsqu'on considère Hull-Gatineau-Aylmer et la périphérie immédiate comme une composante de la grande agglomération urbaine de la capitale nationale, l'Outaouais urbain apparaît globalement comme un secteur défavorisé. Il ne compte plus que 7% de sa population dans la tranche de 20% des ménages les plus riches. La tranche suivante contient elle aussi 7% de sa population, alors qu'à l'autre extrême on retrouve 60% de la population de l'Outaouais urbain confinée dans les deux tranches les plus pauvres de la RMR de la capitale nationale.» «Ce constat est très important, puisque plusieurs auteurs ont démontré qu'au-delà d'un certain seuil de revenu (correspondant à peu près au revenu per capita de la Grèce), c'est le revenu relatif moyen d'un quartier (et par extension d'un individu ou d'une famille) au sein d'une agglomération urbaine qui prédit le mieux le risque moyen de décéder prématurément. Or le risque de décéder prématurément est étroitement corrélé avec plusieurs mesures de l'état de santé physique et mentale, ainsi qu'avec des mesures de besoins utilisées couramment en planification de la santé.» «Le revenu relatif, par opposition au revenu absolu exprimé simplement en dollars, mesure mieux le status social, lui-même relié à la notion de pouvoir. Cette notion, particulièrement le pouvoir de décider de son avenir ou le sentiment de contrôle sur sa vie, est intimement liée à l'état de santé. Ce facteur protecteur fait cruellement défaut chez les pauvres et son absence semble potentialiser l'effet des facteurs de risque connus. Par extension, il est permis de se demander si l'Outaouais urbain, collectivement, possède les outils nécessaires pour contrôler son avenir et orchestrer son développement à l'intérieur de l'espace économique ambigu qui est le sien.» La mortalité par catégories de revenu«Le taux de décès de la population de l'Outaouais urbain dépassait de 10% le taux moyen de l'ensemble des 6 plus grandes villes du Québec durant la période 1984-1988.» (....) Quels sont ces quartiers les plus pauvres de l'Outaouais urbain?«Les gens originaires de l'Outaouais ou qui connaissent bien sa zone urbaine peuvent facilement les identifier. Ce sont les quartiers les plus anciens, soit ceux de l'Île-de-Hull-Wrightville et leur périphérie, de Pointe-Gatineau, du vieux secteur de Gatineau, du vieux secteur d'Aylmer et de Deschènes. Les secteurs les plus favorisés se retrouvent à Lucerne, dans le secteur «urbain» de Chelsea et dans le secteur Côte-d'Azur-Touraine-Limbourg-Montluc.» Conclusions«Globalement, l'Outaouais urbain est un secteur relativement pauvre au sein de l'agglomération urbaine de la capitale nationale. Cette pauvreté relative est associée, selon la littérature, à des indicateurs de santé moins favorables.» «L'écart entre le taux de mortalité des hommes riches et des hommes pauvres est beaucoup plus élevé en Outaouais urbain que dans l'ensemble des grandes villes du Québec. Il témoigne d'un mauvais état de santé général chez les hommes des milieux défavorisés dans la région.» «La lutte contre la pauvreté est une stratégie à privilégier pour améliorer l'état de santé de la population de l'Outaouais. Par ailleurs, son application relève largement d'acteurs situés à l'extérieur du système de santé.» Coup d'Oeil sur la santé |
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