| Dimanche, 31 janvier 2010 17:18 | LA CONTREPÈTERIE, UN ART SUBTIL... |
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Bernard Cerquiglini, éminent linguiste se penche sur les curiosités du français Amusez-vous ! JL Dion Quel beau métier, professeur ! Quel beau métier, professeur ! La contrepèterie est-elle propre à la langue française ? « Non, parce que dans n'importe quelle langue on peut permuter les voyelles, les consonnes ou les syllabes pour obtenir d'autres phrases, seulement il se trouve que le français est particulièrement propice au contrepet pour tout un tas de raisons. D'abord le vocabulaire rabelaisien est très riche, on peut dire que les plus gaulois ce sont les Français. Le français est une langue qui n'a pratiquement pas d'accent tonique, c'est une langue assez plate qui permet ce qu'on peut appeler les homophonies ou les homonymes, comme un "pop hautain / un popotin". Et puis il a beaucoup de mots courts : il est plus facile de faire un autre mot court avec un mot court qu'avec un mot long. C'est une histoire de rimes riches aussi. Il y a beaucoup d'apocopes, ces abréviations rentrées dans le langage courant "télé", "kiné" - vous imaginez ce qu'on peut faire avec "kiné" ! Il y a tout un tas d'autres atouts que j'essaye de détailler dans mon "Que Sais-je", ce qui fait qu'on est médaille d'or toute catégorie, la médaille d'argent étant l'anglais avec les spoonerisms. Par exemple "She has a soul full of hope" - elle a l'âme pleine d'espoir- et "She has a hole full of soup" - elle est propre sur elle… Le mot vient de Archibald Spooner qui était professeur à Oxford et qui en faisait beaucoup. En français il y a à peu près 50 000 contrepèteries, en anglais il y en a un millier à peu près, ce qui est déjà fort honorable ! Mais enfin cocorico on est les champions. » |
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