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Je suis l'esclave de la langue sans être celui des hommes
Dona.... Madonna, Don de Dieu ! Du haut de ton éminence Ici jalousée ( !) Et de l'abysse de ma différence, Mon regard ardent S'abreuve de ton coruscant Te magnifie à sens unique, toi La Patricienne De mes aspirations !
Assujetti depuis des générations ! Quémandant Quelque bouée sauveuse Pour immuniser mon ego, Je briserai à coup de missile Longue portée, Les servitudes qui répriment Mon émancipation ! Las d'être soumis à celui-ci Puis à celui-là Alors qu'en face Il y a toi ! Éminente. Émérite.
Que lumière, en moi Se génère Par ton esprit, Ton génie Et tes lettres ! Pour étancher Ma soif d'inculte ! Pour imiter, concevoir Les lacis du savoir Par toi essartés depuis des lustres ! Pour conjurer ces démons, Ces rustres Pontifes de l'obscurité ! Qui assassinent les étoiles !
Du goût, du raffinement, Gerbe de cytises ! De la pureté de ton expression, Harmonie séraphique ! De ton accent insolent De tes valeurs et blasons De ton affection, De tes tares même, De tes imperfections Je suis épris, Passionnément Irrémédiablement !
Langue adulée !
Pierre en tout précieuse Fors en sentiments Réprouvée ici pourtant Ton soupirant A sens unique Te clame haut Sa flamme, Son amour avéré Si tu condescends A le souffrir ! Toi Langue de Molière Madone séraphique
Tu as contribué A mon déchirement ! Quête d'identité, Je suis fier pourtant De prendre parti pour toi ! De déployer ton label Immarcescible en moi ! De te déclarer allégeance De saisir la pertinence D'être claustré dans ton rang Toi, Langue de Molière Madone révérée
Ceux-là même, que ton sein a nourris, Privilège d'en frôler l'aréole, Qui savourent ton opulence, Qu'ils désavouent du reste, Ne peuvent Te magnifier Comme moi, de loin Je te glorifie En esquissant tes lexies Soyeuses caresses, Jouissant comme l'on éjaculerait D'une femme tant désirée ! Parce qu'écrire est un acte sexuel ! Je te respire ! Toi, Langue de Molière Madone estimée
Auteur: Abdelmadjid ADOUR BEJAIA 2007
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