L’affichage en français à Montréal, 1997-2017 : vingt ans de recul

L’Office québécois de la langue française a publié, le Jeudi saint, son enquête sur l’affichage à Montréal. Le congé pascal explique sans doute le peu d’échos que ce rapport a reçus.

L’Office y montre une hausse dans la conformité à la réglementation de 2010 à 2017. Même si la définition de la conformité a changé entre les deux dates, cela ne l’a pas empêché de produire des tableaux comparatifs. On précise même dans une note : « dans les centres commerciaux, l’affichage public de certains restaurants franchisés arborant une marque de commerce faisant office de nom d’entreprise uniquement en anglais a été jugé conforme dans le cadre de cette étude, mais il ne l’aurait peut-être pas été dans l’étude produite en 2010 » (note 33). Dans une autre note (note 31), on fait même une comparaison avec l’enquête de 1999 (dont on ajoute qu’elle « a cependant ses limites ») :

En 1999, le taux de conformité des messages affichés par des commerces ayant pignon sur rue était significativement moins élevé (74 %) qu’en 2017. On constate aussi des différences significatives dans les zones ouest (de 66 % en 1999 à 81 % en 2017), centre (de 67 % à 84 %) et est (de 89 % à 95 %), ainsi que dans les secteurs E (de 82 % à 91 %) et O (de 68 % à 81 %).

Dans ces conditions, on ne s’étonne pas de lire en conclusion que « les taux de conformité […] des entreprises situées dans un centre commercial des zones ouest (54 % en 2010 et 75 % en 2017) et centre (61 % en 2010 et 81 % en 2017) ont fait des bonds respectifs de 21 et de 20 points » (p. 40).

Ces comparaisons sont irrecevables.

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Pour évaluer la présence du français dans l’affichage, il n’est peut-être pas inutile de rappeler que l’OQLF a, ces dernières années, accepté comme français des mots comme « smoked meat », « grilled cheese », etc. Doit-on considérer comme conforme un restaurant qui n’aurait en façade qu’un nom ou une marque de commerce anglaise accompagnée d’un mot comme « smoked meat »? Voici une image de Dunn’s. J’imagine que l’OQLF a dû considérer que la présence du français était suffisante.