Entourloupette politicienne : invention d’une « pseudo-minorité »

Lettre ouverte à Denis Gratton, chroniqueur au Droit

Monsieur Gratton
Chroniqueur
Le Droit

Il est agréable de lire votre chronique « Municipality de Shawville » dans laquelle vous dénoncez et ridiculisez « The Municipalty of Shawville » pour son illégalité et son acharnement à écraser et à mépriser le français et les francophones, et ceci depuis plusieurs décennies.

Mais, nous vous avouons que votre préambule dans lequel vous déclarez considérer les anglophones du Québec comme « minorité linguistique » comparable aux Franco-Ontariens  en « agace (aussi plusieurs) par moments ».

Presque tout le monde sait que les Anglo-Québécois ne constituent pas une minorité, comme le sont véritablement les Franco-Ontariens ou les Acadiens, mais bel et bien une majorité, la forte majorité canadienne et nord-américaine de langue anglaise qui vit et s’épanouit  très bien au Québec au point d’angliciser à la vitesse grand V tout le Québec, mais encore plus Montréal  et l’Outaouais.

Comment pouvez-vous considérer les Anglo-Québécois comme « minorité » lorsque l’on sait qu’ils ont trois universités, cinq cégeps, 30 % du financement postsecondaire, de multiples médias de tous genres, des transferts linguistiques qui les avantagent, des villes et quartiers au profil d’apartheid comme celui qui fait l’objet de votre chronique, le méga centre hospitalier universitaire de McGill et lorsque l’on constate qu’il y a tant de jeunes qui sortent du système scolaire de langue anglaise en sachant à peine parler français, que 40 % d’Anglo-Québécois ignorent toujours le français bien que bon nombre vivent au Québec depuis 2, 5, 10, 20, 50 ans ou même depuis leur naissance, et qu’ils reçoivent des subventions annuelles du fédéral pour « protéger » l’anglais au Canada, etc.

Nous ne voyons pas ce qui est minoritaire dans ces réalités! Mais vraiment pas! Votre vision est le résultat d’une entourloupette politicienne; d’ailleurs certains journalistes et auteurs vont jusqu’à parler de l’invention d’une « pseudo-minorité ».