Recensement 2016 et Commissariat aux langues officielles

Près de cinquante ans plus tard, rien n’a vraiment changé et le gouvernement nous offre rien de moins qu’encore plus de recul!

Selon les lois canadiennes, les ententes internationales et les déclarations politiques, le Canada prétend être un pays francophone qui a le français comme langue officielle. Après cent cinquante ans de confédération et cinquante ans  d’application de la Loi sur les langues officielles, rien ou presque rien n’a changé. Pire, l’unilinguisme anglais et l’anglicisation (bilinguisation) des francophones « progressent » partout!

Le Canada et le Québec se défrancisent et s’anglicisent à une vitesse exponentielle! Les données démo-linguistiques du recensement de 2016 viennent tragiquement de le confirmer à nouveau.

Mélanie Joly

Le gouvernement du Canada en veut plus. Il tient à poursuivre sa mission de défrancisation du Canada et pour ce faire, il tient à pourvoir le poste de Commissaire aux langues officielles.

Enfin donnons-lui une autre chance, et afin d’aider le gouvernement fédéral, Patrimoine canadien et son « comité de sélection », nous croyons utile d’énumérer certaines des tâches prioritaires que le nouveau Commissaire devra mener à bien s’il croit à l’égalité entre les deux langues officielles et au Canada, pays francophone. Les aspirants au poste de Commissaire aux langues officielles doivent clairement souscrire aux responsabilités et objectifs suivants (cette liste est loin d’être exhaustive) :

  1. S’assurer que le gouvernement du Canada reflète, dans ses lois et ses actions, que le français est la langue officielle à promouvoir partout au pays, y compris au Québec
  2. S’assurer que le gouvernement met fin aux éternels conflits d’intérêts entre le Québec et les défenseurs du français des autres provinces; il n’y a qu’une et une seule langue française au Canada, et elle doit être promue partout
  3. S’assurer que toutes les institutions et les entreprises sous autorité fédérale sont soumises à cet impératif de promotion et d’avancement du français
  4. S’assurer que tous les juges des cours fédérales, y compris de la Cour suprême, connaissent et parlent français
  5. Obtenir du gouvernement fédéral que tous les ministres, les sous-ministres et les hauts fonctionnaires du gouvernement du Canada connaissent et parlent le français
  6. S’assurer que tous les employés des ambassades et des consulats du Canada et au Canada parlent français et que tous les documents virtuels ou non ont une version française
  7. S’assurer que tout le personnel travaillant dans les services d’immigration, les aéroports et les services frontaliers canadiens parle français
  8. S’assurer que tous les gestionnaires et tous les membres des conseils d’administration de toutes les sociétés d’État fédérales, sans exception, parlent français
  9. S’assurer que tous les employés de la fonction publique fédérale travaillant au Québec parlent et travaillent en français
  10. S’assurer que l’image internationale projetée par le Canada en est une aussi de pays francophone
  11. Faire disparaître les discriminations systémiques suivantes :

–  Au Québec, le gouvernement de la fédération canadienne exige la connaissance de l’anglais pour près de 65 % de ses postes afin de desservir une population anglo-québécoise de souche de 3 %, alors qu’en Ontario, ce sont à peine 10 % de ses postes pourlesquels la connaissance du français est exigée pour environ le même nombre de Franco-Ontariens qu’il y a d’Anglo-Québécois

–  Au sein de l’ensemble de  l’Administration publique fédérale canadienne, ce sont plus de 50 % des postes qui exigent uniquement la connaissance de l’anglais, alors qu’à peine 3,9 % des postes réclament uniquement la connaissance du français. En ajoutant les postes bilingues, c’est presque tous les emplois, soit plus de 91 % de ceux-ci, qui exigent la connaissance de l’anglais. Si ce n’est pas de la discrimination systémique, de l’exclusion, du « tout-à-l’anglais », qu’est-ce?

  1. Faire en sorte que la ville d’Ottawa qui héberge la capitale du Canada, pays francophone, cesse ses pratiques de discrimination et reconnaisse au français et à la francophonie, un statut officiel
  2. Veiller à ce que le gouvernement fédéral du Canada abandonne ses programmes discriminatoires de subvention pour l’avancement de l’anglicisation du Québec :  sur-financement des universités anglophones, financement d’organismes dont la mission est l’anglicisation du Québec… et qu’il subventionne plutôt les organismes de « protection » du français hors Québec et ceux des régions québécoises de Montréal et de l’Outaouais
  3. Demander au CRTC d’abandonner ses pratiques anglicisantes et américanisantes des ondes canadiennes, et de laisser au milieu culturel québécois le soin de déterminer les normes pertinentes pour assurer une présence normale et suffisante du français sur les ondes
  4. Adopter les mesures pour que cesse l’exclusion pratiquée par près de 90 % des Canadiens hors Québec et par 450 000 Québécois qui admettent toujours ignorer le français imposant ainsi l’anglais partout.

3 commentaires

  1. Point 14: Faudrait clarifier la demande faite au CRTC et demander que ce soit un milieu culturel canadien-français (sinon, le milieu québécois, iCi, est centré sur Montréal, comme si tout ce qui se passe ailleurs est négligeable!!) qui détermine les normes (et qu’on améliore le français parlé en ondes nationales!
    Point 15: Clarifier ce qu’on demande…
    Merci!

  2. Aŭ lieu d’essayer d’imposer le français aŭ Canada angla is, qu’on cesse d’imposer l’anglais dans les institutions fédérales aŭ Québec.

    Vouloir impose le français dans Le ROC voudra dire plus de droit à l’anglais au Québec.

  3. Bien que le ministère de l’éducation hongrois oblige les écoles secondaires d’ensegner et aux élèves du secondaries d’écrir des examens dans une langue seconde, il leurs laisse le choix de langue seconde, l’espéranto y compris.

    Si le ministère de l’éducation du Québec impose l’anglais dans toutes les écoles et à tous les élèves, qu’il ne s’étonnes pas ensuite de la puissance de l’anglais au Québec.

    Le problème n’est pas qu’on n’impose pas le français assez mais qu’on impose trop l’anglais.

    Donc la solution n’est pas d’imposer le français dans les foyers mais de cesser de l’imposer à nos élèves dans nos écoles. Le Québec n’a qu’à adopter la politique d’instructiin de langues secondes hongroise.

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