Province acadienne ou hausse de la natalité, uniques solutions

Suite à la parution des résultats du recensement 2016, veuillez trouver, un peu plus bas, le lien et le texte de mon dernier article publié dans le journal  « Acadie Nouvelle »

(…) Force est de constater que ce sujet n’est nullement abordé par les responsables acadiens, qu’ils appartiennent à des partis politiques ou à des organismes de défense des droits des francophones, et dont les aînés ont pour point commun d’avoir abandonné le projet de province acadienne depuis le début des années 1980, pensant, à tort, que de simples lois sur l’égalité linguistique, même ambitieuses et respectées, suffiraient à maintenir le poids des francophones. Or, le fait de ne pas parler de la question de la natalité, qui devrait pourtant être systématiquement mise sur la table de toute discussion portant sur l’avenir des Acadiens, constitue une grave devant l’histoire. Car aucun peuple ne disposant d’un territoire clairement défini et à l’intérieur duquel il est majoritaire, n’a d’avenir sans avoir suffisamment d’enfants. Ceci est une constante historique.

Afin de mettre un terme à leur déclin certain, dans l’état actuel des choses, les Acadiens doivent donc choisir entre deux uniques alternatives : la création d’une province acadienne, où ils seront maîtres chez eux, ou la hausse significative de la natalité. Il n’existe aucune troisième voie, aucune autre issue. Et si c’était les anglophones qui occupaient un tiers du territoire et qui étaient en situation d’infériorité numérique et de minorisation continue, ils auraient peut-être déjà fait leur choix depuis fort longtemps, et à juste titre.

Le refus de choisir courageusement et pragmatiquement l’une de ces deux options entraînerait inéluctablement la poursuite de la marginalisation, lente mais certaine, des Acadiens du Nouveau Brunswick. Et à terme leur quasi-disparition, comme ailleurs dans les Maritimes ou encore en Louisiane. Ce qui se profile est donc bien l’équivalent d’un second Grand Dérangement, mais cette fois à l’initiative des Acadiens eux-mêmes. Or, ces derniers se doivent d’être à la hauteur du courage et des sacrifices consentis par leurs ancêtres afin que la nation acadienne puisse continuer à exister et à compter.

La suite : https://www.acadienouvelle.com/mon-opinion/2017/09/11/acadiens-doivent-faire-preuve-de-courage/

Ilyes Zouari, Spécialiste du Monde francophone, Conférencier; Secrétaire général adjoint de la revue « Population & Avenir » (démographie et géographie humaine); Ex-Administrateur de l’association Paris-Québec, et Auteur du « Petit dictionnaire du Monde francophone » (L’Harmattan, Avril 2015)

Se battre pour la langue française, c’est se battre sur tous les fronts, même les plus lointains et les plus méconnus.