L’état du français au Québec

Un constat enrageant! La situation s’aggravera à l’avenir si rien n’est fait.

Notes personnelles du président d’Impératif français, Jean-Paul Perreault, à l’occasion de la Consultation publique sur le français, langue commune au Québec, le 30 novembre à l’Université du Québec en Outaouais.

Que faut-il penser…

  • des études de l’Office québécois de la langue française (OQLF) qui révèlent que seulement 21,2 % des Montréalais travaillent uniquement en français, soit moins d’un travailleur sur quatre, bien qu’au Québec, la loi stipule clairement que le français est la langue de travail?
  • du recul du français comme langue de travail et du fait que plus d’un travailleur sur huit au Québec est unilingue anglais!
  • que l’on on cherche à justifier le recul du français en vantant la valeur du bilinguisme ». L’augmentation du bilinguisme, ça veut dire l’anglicisation des milieux de travail, de l’accueil, du service…
  • des nombreux commerces de Montréal et de l’Outaouais qui, malgré la loi, imposent l’anglais en embauchant du personnel incapable de parler français, ou si peu? Aucune excuse, car des cours de français, il s’en donne.
  • de la discrimination et de la dominance de l’anglais qui conduisent à la création du poste de ministre responsable des Relations avec les citoyens, mais exclusivement « d’expression anglaise », et d’un secrétariat aux « affaires anglophones »?
  • de la mise en place d’une « clause d’impact » qui accorde à la communauté anglophone un droit de regard sur les nouveaux projets de loi et règlement?
  • des pratiques de banalisation et d’infériorisation du français en vigueur au sein de certaines multinationales, dont Adidas qui ne considère le français que comme un simple « accommodement »?
  • du gouvernement du Québec qui encourage les multinationales et autres entreprises à utiliser un nom anglais de marque de commerce à la seule condition qu’un petit slogan en français figure sur la façade de leur édifice?
  • de l’encouragement au non-apprentissage de la langue nationale par la multiplication systémique des « Press nine » et du retour des « Bonjour/Hi »?
  • de la déclaration de la vérificatrice générale qui révèle que « la francisation des immigrants au Québec est un échec »? Seulement le tiers des immigrants auxquels est destiné le processus de francisation se sont inscrits aux cours offerts par le ministère de l’Immigration, et de ceux-là, plusieurs abandonnent en cours de route, sans qu’aucun suivi ne soit effectué par le ministère.
  • du lancement en Outaouais du programme de médecine de l’Université McGill où l’enseignement par vidéo-conférence pendant les trois premiers semestres ne sera dispensé qu’en anglais et ce, pour desservir une population à près de 90 % francophone?
  • du constat que, d’un recensement fédéral à l’autre, l’importance du Québec, de la francophonie canadienne et de la langue française ne cesse de reculer dramatiquement à tous les niveaux, et que la situation s’aggravera  à l’avenir si rien n’est fait?
  • de la manipulation politicienne canadienne qui affirme que le Canada est un pays francophone, membre de la Francophonie internationale, qui reconnaît le français comme langue officielle alors que le français ne cesse de reculer?
  • du  mensonge canadien qui encourage la capitale fédérale du Canada, la Ville d’Ottawa, à rejeter le Québec et la francophonie en ne reconnaissant toujours pas un statut égal et officiel à la langue française et aux francophones?
  • de nos gouvernements canadien, québécois et municipaux qui, malgré les reculs du français, refusent toujours de mettre en place des encadrements et des politiques linguistiques pour l’avenir du français, bref d’adopter un Programme de réparation historique?
  • des résultats des politiques linguistiques, culturelles et migratoires du Canada qui sont dans la trajectoire des recommandations génocidaires du Rapport Durham?
  • des analystes statistiques et des élus fédéraux qui affirment que le bilinguisme progresse au Canada quand, dans la réalité, c’est SURTOUT l’anglicisation des Québécois et des francophones qui progresse?
  • de l’unilinguisme anglais au Canada qui progresse de 2,6 millions de locuteurs tous les dix ans selon Statistique Canada? Soit 26 millions sur 10 ans!
  • de la minorité historique québécoise anglophone d’environ 4 % qui reçoit près de 30 % du financement universitaire et accueille dans ses collèges et universités anglophones ou anglicisantes près de 25 % des étudiants québécois provenant du niveau postsecondaire?
  • des milliers de diplômes décernés chaque année à des cégépiens et à des universitaires anglophones ou allophones incapables, ou presque, de parler la langue nationale du Québec, le français, et qui, ensuite, imposent l’anglais au travail et ailleurs, ou s’expatrient à la fin de leurs études qui ont été payées par le Québec?
  • du gouvernement du Canada, pays supposément francophone, qui nomme des juges, ministres, attachés politiques, sous-ministres, hauts fonctionnaires, membres de direction et de conseil d’administration de sociétés d’État ou de missions diplomatiques incapables de parler français?
  • du gouvernement canadien qui pratique la discrimination systémique en exigeant la connaissance de l’anglais à plus de 60 % de ses employés fédéraux qui travaillent au Québec, afin de desservir une population de moins de 5 % incapable de parler français, et qui n’a pas fait les efforts pour l’apprendre?
  • du gouvernement du Canada qui verse chaque année en subventions diverses plusieurs millions de dollars à des organismes canadiens établis au Québec qui ont pour mission l’avancement de l’anglicisation du Québec et ce, pour que les établissements médiatiques, collégiaux, universitaires… anglophones disposent de la main-d’œuvre et des clientèles nécessaires?
  • du gouvernement fédéral qui impose, en territoires canadien et international, à ses citoyens, mais aussi aux visiteurs, touristes, immigrants et réfugiés, l’image d’un pays anglophone véhiculée par ses services frontaliers, aéroportuaires et de transport aérien?
  • de l’espace démesuré que prennent les cultures anglosaxonnes et, conséquemment, du recul de la place et du prestige du français sur les ondes de nos médias radiophoniques et télévisuels?
  • des pratiques d’affaires, professionnelles et autres du genre « Press Nine », et de l’accueil et de l’affichage en anglais qui encouragent au Québec le non-apprentissage du français?
  • des établissements qui emploient du personnel incapable (ou si peu) de parler français, alors que des cours de français, il s’en donne?
  • de ces gens qui, bien que vivant au Québec (où ils sont les bienvenus), n’ont toujours pas appris à parler français?
  • de ces francophones qui, au lieu de parler français en tout temps et en tout lieu au Québec, préfèrent s’adresser en anglais aux anglophones et aux allophones?
  • du gouvernement du Québec qui, en Outaouais, ne fait rien pour que cesse la fraude fiscale des Ontariens qui « résident » au Québec, mais trafiquent leur identité pour ne pas avoir à payer leurs impôts au Québec?
  • des élus « provinciaux ou municipaux » québécois qui, bien qu’étant des représentants officiels du Québec, font des interventions publiques « bilingues »?
  • de la disparition de la Commission de protection de la langue française (CPLF), remplacée par  l’Office québécois de la langue française (OQLF) qui, depuis sa création, s’est écrasé et a affaibli le mécanisme démocratique citoyen de plaintes lorsque nos droits linguistiques fondamentaux ne sont pas respectés?
  • que huit millions de personnes se laissent imposer l’anglais par 450 000 québécois.es qui disent ne pas parler français? Comment se fait-il qu’elles ne réussissent pas à franciser la diversité culturelle québécoise?
  • etc.

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