La franglicisation et l’anglicisation des titres de livres en France

Nous demandons l’aide des bibliothèques, libraires, maisons d’édition et des lecteurs et lectrices

Association des libraires du Québec
483, boulevard St-Joseph Est
Montréal (Québec) H2J 1J8
(514) 526-3349
info@alq.qc.ca

Association des bibliothèques publiques du Québec
1453, rue Beaubien Est, bureau 215
Montréal (Québec) H2G 3C6
514 279-0550
info@abpq.ca

Madame,
Monsieur,

Objet : Titres en anglais de certains livres de France

La pensée uniqueDepuis un certain temps, j’ai constaté que de plus en plus d’éditeurs de France publient des livres d’auteurs états-uniens traduits en français mais qui portent un titre en anglais.

Je m’élève contre cette attitude et c’est pour cette raison que j’ai adressé une missive à certains éditeurs français pour leur signifier mon étonnement pour ne pas dire plus. Devant l’anglicisation galopante qui nous menace, j’estime qu’il convient de protester contre cette attitude.

À ce sujet, je conseille de prendre connaissance du livre fort éloquent de Régis Debray qui vient d’être publié :
Civilisation. Comment nous sommes devenus américains, NRF Éditions Gallimard, 2017, 233 pages.

Je joins à la présente une liste des titres et des éditeurs visés. De plus, je me suis permis d’ajouter votre organisme en copie conforme à chacun de mes envois.  À noter que j’ai expédié les deux premiers titres par courriel alors que tous les autres ont été expédiés par la poste.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, mes meilleures salutations.

Raymond GAGNIER
Anjou (Québec

Titres en franglais :

Deliciously Ella au quotidien. Parce que manger healthy doit vous simplifier la vie!
par Ella Mills
Éditions Marabout

Titres en anglais

The Whites par Richard Price
Éditions 10/18 → Éditis

Daddy Love par Joyce Carol Oates
Éditions Points → Éditions de La Martinière

I love Dick par Chris Kraus
Éditions Flammarion

City on Fire par Garth Risk Hallberg
Éditions Le livre de poche → Librairie générale française

Breaking News par Frank Schätzing
Éditions Piranha

Miss You par Kate Eberlen
Éditions du Nil → Éditions Robert Laffont

Exemple de lettre expédiée à une maison d’édition :

Éditions Robert Laffont
30, place d’Italie
75013 Paris France

Objet : Votre livre intitulé Miss You  par Kate Eberlen, Éditions Nil

Je m’étonne que le livre ci-dessus porte un titre en anglais. Alors que nous sommes déjà submergés par la culture anglo-saxonne, non seulement vous offrez à vos lecteurs de langue française un livre d’un auteur des États-Unis, mais vous le coiffez d’un titre en anglais!

Cette façon de faire contribue hélas! à appauvrir notre langue alors que comme éditeur, vous devriez vous faire une fierté de favoriser le rayonnement de la langue française. Ces traductions se font au détriment des auteurs de langue française et de la francophonie.

Afin de lutter contre l’anglomanie, nous recommandons aux libraires et aux bibliothécaires québécois d’encourager les auteurs qui écrivent en français. Au nom du respect de notre patrimoine linguistique commun, nous insistons pour que la page couverture et le titre du livre respectent intégralement la langue française.

Je vous remercie de l’attention que vous porterez à la présente et vous prie d’agréer, Madame, Monsieur,  mes salutations distinguées.

Raymond GAGNIER
Anjou (Québec)

c.c. Association des libraires du Québec
Association des bibliothèques publiques du Québec

2 commentaires

  1. La loi Toubon n’est que du vent. Une des meilleures preuves est L’aéroport de Lorraine qui bafoue cette loi et dont la justice refuse d’intervenir. Mais ce n’est qu’un exemple récent parmi des milliers d’autres.

    Ici au Québec, on a créé la loi 101 non pas à cause de cas isolés mais parce que le fait de se faire servir et de travailler en français devenait un réel problème. Nous vivions dans un contexte où le 8% de la population imposait sa langue au 80%.

    La France a le même problème mais ils ne s’en rendent pas compte. Vous devriez abroger cette loi Toubon et créer une loi comme notre loi 101 avec L’Office Français de la Langue Français (OFLF), à l’instar de nous qui avons l’Office Québécois de la Langue Française (OQLF). C’est la seule façon de contrer l’envahissement de l’anglais.

    Comme ça, des commerces qui affichent en anglais, qui sont rendu la norme en France, cesseraient de faire ça. C’est la seule manière malheureusement dans l’état actuel des choses

  2. Boycottons-nous les livres anglais traduit en France ?

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